sak ifé nout jordu ék nout demin

I'm a baby black


Courrier des Lecteurs
Mardi 17 Décembre 2013

Soucieux de lutter contre le racisme, vous vous dites qu'une poupée noire ce serait une bonne idée comme cadeau de Noël, et vous faites le tour des grandes surfaces et des magasins spécialisés.


 En cherchant bien vous allez trouver, mais c'est une denrée très rare : dans la plupart des magasins il n'y a pas de poupée noire! Pourquoi?

L'oeuf et la poule : on n'en propose pas parce que les clients n'en veulent pas ou les clients n'en achètent pas parce qu'il n'y en a pas?! Aux Etats Unis il est arrivée que la même poupée soit proposée moins chère en noir qu'en blanc!

Des études on été menées auprès des enfants noirs et on a constaté qu'ils préféraient les poupées blanches aux poupées noires. Pourquoi? Parce que, disaient-il, les poupées noires étaient laides, vilaines, méchantes. Cela rejoint ce que le black panther Eldridge Cleaver raconte dans "Un noir à l'ombre" : il s'est un jour rendu compte avec une certaine stupéfaction que son idéal féminin c'était la blonde pulpeuse mise au pinacle par Hollywood!

Cela vient de loin, sans doute de l'esclavage, de la colonisation et même au-delà. Comme pour l'holocauste, on entend ça et là qu'il ne faut pas se complaire dans la délectation morose, qu'il faut aller de l'avant.

On l'a tellement bien fait que le maloya a été interdit d'antenne jusque dans les années 70, que la droite dionysienne a créé la fête des mirabelles pour cacher le 20 décembre...

Non ce combat n'est pas achevé.

Comme la lutte contre le sexisme, ce combat doit être mené encore et encore, et une stèle ici ou là dépare moins le paysage qu'une grande enseigne commerciale, et n'est qu'un petit jalon dans la longue marche vers l'égalité.

jean-pierre espéret



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