sak ifé nout jordu ék nout demin

Elle tourne !


Culture - Kiltir
Vendredi 16 Août 2013

Elle, c'est ISS, la station spatiale internationale, avec six cosmonautes à son bord, dont notre ami Pavel Vinogradov, commandant de la mission en cours.


Photographie de La Réunion prise par Pavel Vinogradov depuis la Station Spatiale Internationale le mardi 9 avril 2013 à 15h56
Photographie de La Réunion prise par Pavel Vinogradov depuis la Station Spatiale Internationale le mardi 9 avril 2013 à 15h56
A quatre cents kilomètres au-dessus du plancher des vaches et du plafond des baleines, elle tourne sur un cercle qui flotte comme une auréole de gloire autour de la planète et qui lui sert de sillon. Poussé par la Lune, tiré par le Soleil, ce cerceau invisible fait tous les quatre mois une lente pirouette sur lui-même dans le champ des étoiles tandis que seize fois par jour l'ISS en parcourt la circonférence.
        
Et pendant ce temps là, sous l'orbite magique de l'ISS, notre Terre elle aussi, elle tourne, comme l'avait remarqué Galilée, à raison d'un tour toutes les vingt-quatre heures, avec son plancher des vaches et son plafond des dauphins, ses continents et ses îles, et nous, et nous... Nous, que les cosmonautes de la station regardent, quand trois ou quatre fois par jour ils passent au-dessus de nos têtes. Quand il fait jour sur notre péï, ils voient nos côtes et nos montagnes, notre volcan et nos nuages et la nuit ils voient les lumières de nos villes. Dans la journée, de notre côté, nous ne les voyons pas, car ils sont masqués par la luminosité de notre atmosphère, quand ce n'est pas par les nuages, et au milieu de la nuit nous ne les voyons pas non plus, car ils sont cachés dans le fénoir de l'ombre de la Terre. Mais quand la lente ronde du cerceau orbital veut qu'ils passent un peu avant l'aube ou un peu après le coucher du soleil, et que au sol nous sommes déjà dans la nuit tandis qu'à l'altitude où elle vole le Soleil éclaire encore l'ISS du feu de ses rayons, si nous voulons bien lever la tête, elle nous offre le spectacle émouvant de la plus grosse étoile de notre ciel, une étoile habitée qui en quelques minutes passe d'un horizon à l'autre, depuis le moment où elle émerge du cône d'ombre de la Terre si c'est le matin, ou jusqu'à l'instant où elle s'y enfonce si nous sommes le soir.
 
Ce prochain week-end, par exemple, nous aurons des passages de jour et de nuit, samedi midi, très haut dans notre ciel, et puis dans la nuit de samedi à dimanche, une fois au nord-est sur le coup de une heure et demie du matin, et un peu plus tard au sud-ouest vers les trois heures du matin. Dans la journée de dimanche, il y aura deux passages, au sud-est vers les onze heures et demies du matin et au nord-ouest autour de treize heures. Dans la nuit de dimanche à lundi, il y aura un seul passage, vers les deux heures et demies du matin, et puis à nouveau, lundi, deux passages de jour, un peu avant onze heures du matin et un peu avant midi et demi. Et dans la nuit du lundi 19 au mardi 20, encore un passage de nuit, au nord-est très haut dans le ciel, autour des une heure et demie du matin. Etc, etc. Tous ces passages sont invisibles à nos yeux humains, des yeux faits pour voir ce que le Soleil ou d'autres sources lumineuses veulent bien éclairer, mais ils sont visibles pour les appareils d'émission et de réception des fréquences radio, qui peuvent établir des contacts à toute heure du jour et de la nuit, dès le passage au-dessus de l'horizon, dans un rayon de plus de deux mille kilomètres...
 
Pour voir passer les cosmonautes de nos propres yeux, il faudra attendre le début du mois de septembre, et pour un prochain passage quasiment à la verticale, visible à l'oeil nu, ce sera le lundi 30 septembre, avec une arrivée dans le sud-ouest à 18h51 et une traversée du ciel jusqu'à la disparition dans le nord-est à 18h57, en notant toutefois que ces prévisions correspondent aux données de vol actuelles de l'ISS, mais qu'elles peuvent être légèrement modifiées si entre temps il y a des manoeuvres de remontée d'orbite pour compenser les pertes d'altitude dues au freinage par l'atmosphère résiduelle que l'on trouve encore à quatre cents kilomètres au-dessus de nos cocos...

Guy Pignolet de Sainte-Rose



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