Critique de l'aménagement de Saint-Paul
Saint-Paul concentre ses équipements structurants sur 2 endroits du littoral communal : ville historique et Savanna, Saint-Gilles et la Saline les Bains. C'est le résultat de choix politiques de toutes les municipalités qui se sont succédées depuis un demi siècle dans une parfaite continuité idéologique.
Ce modèle de développement repose sur l'usage de la voiture individuelle, encombrante, polluante, coûteuse et sans avenir. La réalité commande une économie de proximité capable de satisfaire les besoins essentiels des résidents et pourvoyeuse d'emplois massifs. Plus on agira dans la proximité moins on aura besoin de prendre la voiture.
L'accueil du million d'habitants entre 2027 et 2030 est mal barré. Nous votons en 2014. Le renouvellement aura lieu en 2020 et 2026. C'est effrayant comme délai. Mais, c'est un sujet de satisfaction pour le PCR qui a toujours intégré l'étude de la démographie et ses conséquences comme l'un des 4 piliers de son analyse politique.
Solidarité-Partage milite en faveur d'un rééquilibrage de la carte communale à Saint-Paul. La création de nouvelles communes est une alternative à la concentration du pouvoir dans un seul lieu de décision. C'est le seul remède pour guérir la pensée unique.
Tout d'abord, la Ville et Savanna
La ville était asphyxiée par les embouteillages. Elle a été sauvée par la route digue qui lui a servi de protection et de déviation du trafic de voitures qui n'avaient rien à faire en ville. Les élus ont pensé avoir trouvé leur salut par l'extension vers Savanna. Hélas, ils vont construire un pont qui va aggraver encore plus les déplacements. En effet, l'urbanisation de Cambaie va accentuer la pression sur un espace situé entre 2 ronds points : La Rivière des Galets et Savanna, qui deviendra, de facto, le centre dynamique d'une zone comprenant la Possession, le Port et la portion basse de Saint-Paul (Cambaie-Savanna-Ville). A l'allure actuelle, cet endroit deviendra très vite invivable.
La ville actuelle va connaître de graves inondations avec la montée du niveau de la mer et l'Étang asséché, qui ne peut plus jouer son rôle d'exutoire. Savanna connaîtra le même sort.
Saint-Gilles et la Saline
Au sud, il y a Saint-Gilles et la Saline les Bains qui s'interrogent sur leur avenir après avoir été sauvés de l'asphyxie une première fois par la déviation de Saint-Gilles, une deuxième fois par la déviation de la Saline et enfin, par la route des Tamarins. Dans les 3 cas, ce sont des investissements lourds que les contribuables de la commune n'ont pas eu à supporter. C'est la Région qui a payé. Mais, alors pourquoi s'entêter à continuer au Nord avec un modèle de développement qui a échoué au Sud ? La Région et le Département n'ont pas à payer la bêtise des Maires. Pendant ce temps, le reste de cette immense commune est abandonnée. La population doit faire de longs kilomètres en véhicule pour satisfaire ses besoins élémentaires.
Ca n'a pas toujours été le cas
Pourtant, la zone des Hauts avait connu ses heures de gloire avec l'ouverture de la route Hubert de Lisle en 1855. Nommé gouverneur de 1852 à 1858, ce dernier a ouvert au développement économique les Hauts de Saint-Benoît, Saint-Joseph, Saint-Pierre et Saint-Paul, en réalisant cette route exceptionnelle. Tout juste après la libération des esclaves, ce natif de Saint-Benoît, a fait en 6 ans, sur 4 communes, ce qu'une Députée-Maire a été incapable de faire, sur sa seule commune, avec un budget de 500 millions d'euros, à sa disposition sur 6 années de mandat.
Pour mémoire, cette route de développement des Hauts a précédé de 30 ans le début des travaux du train Saint-Benoît-Saint-Pierre et du creusement du Port, vers 1882. La réalisation de ces ouvrages a eu lieu alors qu'on avait 8 fois moins de population.
Permettre aux Citoyens de gérer leurs affaires, eux-mêmes
La construction de la route des Tamarins par Paul Vergès redistribue les cartes de l'aménagement équilibré de Saint-Paul. L'idée de cette route a été proposée au Conseil Municipal de Saint-Paul quand il siégeait dans l'opposition municipale pour contrer le tracé littoral voulu par l'Etat. Aujourd'hui, tout le monde reconnaît qu'il était un visionnaire. Cette route à mi-hauteur est devenue un «marqueur géographique » qui accentue définitivement la notion des Hauts et des Bas. C'est pourquoi, lors de l'enquête publique dans les années 90, une délégation de la section communiste que je dirigeais est allée à la Mairie de Saint-Paul pour demander le prolongement du Plateau Cailloux vers Bois de Nèfles. La mairie n'a pas voulu nous entendre. Avons-nous d'autres choix ?
Désormais, nous sommes à la veille d'un coma circulatoire à Savanna-Cambaie. Et, l'arrière pays, Bois de Nèfles est plein comme un œuf. Vous pouvez imaginer 1 000 voitures supplémentaires sur cette zone avec la concentration de nouveaux équipements ? Sur un mandat de 6 ans, La Réunion entière importe 120 000 voitures individuelles !
Trois nouvelles communes.
Aujourd'hui, la situation exige le courage politique de créer de nouveaux centres de décisions politiques, avec à la tête, des jeunes et des femmes, si possible.
Mon programme prévoit d'engager la procédure de création de 3 Conseils Municipaux dans les Hauts : la Saline, Saint-Gilles-les-Hauts et Guillaume. Dès maintenant, je demande à Raïssa Noël, Frédérique Técher de prendre la tête du projet pour concrétiser ces avancées démocratiques. J'appelle la population de ces futures collectivités à travailler avec ces dirigeantes, pour préparer le plan de Développement Durable que vous attendez tous, en particulier, les chômeurs et les investisseurs. La procédure est simple. Il faut s'engouffrer dans la démarche gouvernementale pour La Rivière.
Au-delà de cet aménagement des Hauts, un espace littoral cohérent apparaît en dessous de la route des Tamarins : Saint-Gilles-les-Bains/La Saline-les-Bains. Les contradictions soulevées par le modèle de développement de cet espace sont de plus en plus complexes à résoudre. Il est juste de demander aux Citoyens concernés de s'organiser pour trouver les consensus nécessaires. Comme ils devront les assumer par la suite, rien de mieux de se confronter à l'exercice du pouvoir réel. Cette zone a aussi vocation à accueillir un Conseil Municipal.
Nous nous interrogeons sur l'avenir de la partie haute de Bois de Nèfles avec le Ruisseau et Bel Air.
A Sans Souci, la colère gronde. Compte tenu de ses atouts, cette région doit être sanctuarisée. Son développement doit être spécifique à la richesse naturelle de cette zone. Nous nous opposons au modèle d'urbanisation importée actuelle qui va accélérer la catastrophe écologique et environnementale de site magnifique. La mairie préempte les propriétaires, et pousse à la spéculation foncière atteint déjà le prix de 350 euros le m2 ! Il faut stopper cette folle idée.
La ville historique actuelle et Savanna devront s'appuyer sur les hauteurs de Plateau Cailloux et la Plaine afin d'organiser l'installation des habitations et activités menacées par les inondations inévitables et la montée de la mer. ■
Intervention de Raïssa Noël
Je vais piloter le collectif pour la création de la commune de la Saline et j’invite les jeunes et moins jeunes, les femmes et tous ceux qui le souhaitent, à se réunir pour rendre ce projet ambitieux réalisable.
La Saline a connu sa période faste lorsque, pour relier le Sud et le l'Ouest, il fallait passer les « hauts ». Nos aînés connaissent bien cette période.
L'ouverture de la route, passant par la Saline-les-Bains et Saint-Gilles-les-Bains, a correspondu avec la fermeture de l'usine de Vue Belle et la faillite du géranium.
Une population très travailleuse, où le mot chômage n'existait pas, a basculé dans la précarité et le chômage. Le désespoir touche également la vie politique car la population se sent à l'écart. Nous voulons lui redonner une place centrale : un lieu de décisions politiques réelles. Par et pour ses habitants.
La route des Tamarins crée une nouvelle réalité, un point d'appui supplémentaire pour sortir de l'enfermement « par les hauts ».
Cette nouvelle cartographie précise la nouvelle entité géographique qu'on appelle « La Saline ».
Nous ne voulons pas laisser échapper cette occasion d'appeler la population à la réflexion sur la transformation du lieu en Commune de plus de 10 000 habitants.
Nous voulons le renouveau de la Saline, sur la base des principes du Conseil Municipal des Pauvres.
Il faut rendre à la Saline son lustre d’il y a 40 ans : c’était un centre économique industrielle, un centre économique financier, un centre culturel et sportif. C’était aussi un centre d’activité cultuel avec la plus grande marche sur le feu.
La population se sent abandonnée.
Il faut tirer des leçons de ce que Ary vient de dire concernant la concentration des activités sur le littoral. Il faut donc une politique économique et sociale de proximité qui va donc des emplois de proximité.
Et pour mettre un tel programme en place, il faut des élus de proximité.
A ce moment, on peut imaginer le début du redressement du déséquilibre qui en notre sens prendra au moins un demi siècle. ■
Intervention de Frédérique Técher
Saint-Gilles-les-Hauts est une entité aux contours un peu flous. Il est connu car c’est un croisement constitué par la route départementale et la route d’accès à Saint-Gilles-les-Bains. Il subit une pression urbaine hors norme et un trafic de circulation croissant. A certaines heures et certains endroits, l’embouteillage est invivable.
La réalisation de la route des Tamarins est un atout qu’il faut s’en saisir. En particulier, pour redéfinir les ambitions pour le siècle en cours. Il ne faut pas subir la pression des éléments.
Pour cela, un conseil municipal est un espace démocratique moderne à la disposition des habitants qui doivent décider de leur avenir.
Je suis née et habite à Saint-Gilles-les-Hauts depuis quarante ans. Il faut réorganiser Saint-Gilles-les-Hauts en une véritable ville. Nous sommes des personnes de St Gilles les Hauts et nous voulons décider pour Saint-Gilles-les-Hauts. Nous ! Nous en avons marre de subir des décisions qui viennent d’ailleurs.
Ces personnes décident et les habitants de Saint-Gilles-les-Hauts subissent les conséquences. Nous n’avons jamais demandé cela. Qui a décidé de cette politique ?
Je suis persuadée que si les décideurs habitaient à Saint-Gilles-les-Hauts, ils n’auraient pas décidé de telles bêtises.
L’urgence est de dévier les gens qui ne font que passer, pour alléger la circulation. Le plus important c’est que la ville de Saint-Gilles-les-Hauts fasse partie du projet global d’aménagement. Je souhaite pour mes enfants ne voient plus jamais !
Je suis sur la liste municipale d’Ary et je prends la responsabilité d’organiser un collectif qui va conduire à la création d’une commune à Saint-Gilles-les-Hauts.
Cette initiative sera pour moi une base d’application de réflexion que nous menons par ailleurs dans l’Appel de l’Ermitage. ■












