La méthode Bello. La députée maire a toujours fonctionné dans les oppositions. Elle est adepte des campagnes éclair et fait en 2014 ce qu'elle sait faire et qu'elle a toujours fait: quelques semaines de campagne à grand renfort de capeline et de visibilité. C'est effectivement suffisant quand on est dans l'opposition et qu'il s'agit de dénoncer et de donner un drapeau à brandir aux mécontents.
Mais elle est désormais la sortante et elle aurait dû, depuis au moins un an, organiser une campagne de proximité pour faire oublier ses erreurs, corriger quelques décisions malheureuses, prendre quelques engagements… convaincre les gens de voter encore pour elle. Ce travail fastidieux, mais indispensable n'a pas été fait.
Le manque d'attache, la méconnaissance de l'âme St Pauloise, la rancoeur ont trop souvent porté Bello et son équipe à maltraiter les employés de la commune. Désormais, ceux-ci sont acharnés à sa perte.
Une mauvaise image de maire. Paradoxalement, Bello va payer cash son image. Elle n'a pas d'attache à St Paul et continue à vivre à La Possession. Or dans la capitale historique de La Réunion, c'est un détail qui compte. En réalité la députée maire n'a pas d'ancrage et d'attache territoriales, ni dans la commune dont elle est la maire, ni ailleurs. Elle s'est imposée sur la base des idées qui la structurent depuis longtemps, à savoir : un féminisme exacerbé et son corollaire: une certaine détestation des hommes. Un anticolonialisme militant qui peut être parfois interprété comme anti zoreil. Un gauchisme radical qui entraine une certaine aversion pour les patrons et les chefs d'entreprise. À ces trois piliers s'ajoutent son goût du scandale et un certain savoir-faire médiatique.
C'est sur ce socle qu'elle a pu se faire élire et réélire députée contre la droite et prendre la mairie de St Paul. Mais tout ce fatras dogmatique n'est d'aucune utilité à un maire qui veut faire avancer sa commune et il est nuisible à un maire sortant qui doit rendre des comptes sur son bilan. Lequel bilan est atone.
Un mauvais contexte. Aujourd'hui, ce qui s'entend le plus à St Paul, c'est la voix des mécontents, celui vote pour régler ses comptes. Pas une voix ne manquera à ce camp-là et on va se bousculer devant les bureaux de vote dès le premier tour.
D’autre part, il y a l’électorat qui n’a pas à se plaindre de la mairie parce qu’il n’en a ni l’usage ni le besoin. Il est traditionnellement peu mobilisé au premier tour. De plus il n’a pas majoritairement envie de voter à gauche et d’encourager le gouvernement. Les raisons nous les connaissons bien, augmentation des impôts et incapacité à gouverner.
Enfin et ce n'est pas le moindre élément : l'opposition est unie derrière Sinimalé, la gauche au pouvoir est profondément divisée.
Moralité : Belo a déjà perdu. Tout compte fait, la messe est dite à St Paul. Le débat va être vite tranché entre ceux qui estiment que l'on peut gagner la mairie de St Paul avec son "image" et trois semaines de molle campagne et ceux qui disent qu'à St Paul, un maire sortant n'a aucune chance à moins d'un an de campagne et d'un quadrillage serré du terrain.
Bello va perdre la mairie et les résultats seront sans appel.
Elle ne manquera pas de vivre cette rebuffade comme une humiliation personnelle.












