sak ifé nout jordu ék nout demin

​« Du berger à la bergère AIR AUSTRAL »


Citoyen
Lundi 3 Octobre 2016

Dans un article du JIR en date du 20 septembre 2016, Monsieur MALE semble se gargariser de la belle santé retrouvée de la compagnie AIR AUSTRAL. C’est sûr qu’avec 80 millions d’euros d’argent public pris dans la poche des contribuables, 10 à 15 millions d’euros rétrocédés par AIRBUS, une baisse de 25 à 30 millions d’euros du prix du kérosène, et la mainmise sur les parts sociales des petits actionnaires, on ne peut que se sentir mieux. Le contraire serait troublant.


Gravure de Claude BARBIN et Denis THIERRY - Domaine Public
Gravure de Claude BARBIN et Denis THIERRY - Domaine Public
Alors maintenant, fort de ces fonds providentiels, on veut faire un remake de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf.

Sauf que l’on sait comment l’histoire s’est terminée.

On veut racheter de nouveaux avions, proposer de nouvelles destinations, en proposant toujours plus de confort et de services high-tech payants bien évidemment. On ne semble pas vouloir tirer de leçons de l’histoire. Prenez le cas d’EWA, la filiale d’AIR AUSTRAL sur Mayotte. Par un jeu d’écritures et des facturations minorées, on nous vend des résultats dont je serais curieux de connaître la vraie réalité, et cela au-delà de l’intérêt et du bien-fondé de cette compagnie qui n’apporte pas grand-chose, et qui n’a en fait comme seul but que de contraindre l’essor de petits opérateurs aériens régionaux
La politique d’AIR AUSTRAL sur le régional est une véritable catastrophe. Des prix exorbitants, des retards quotidiens, des planning de vols sans cesse modifiés, un temps de déchargement des bagages plus qu’aléatoire. On se fiche des clients régionaux comme de sa première brassière, alors que ces derniers sont la poule aux œufs d’or de la compagnie. Preuve en est la réaction immédiate de la compagnie face aux nouvelles velléités de CORSAIR sur Mayotte. Une chute vertigineuse du prix des billets de 650 à 250 euros sur la liaison Mayotte-Réunion A/R, cela après avoir tondu la vigogne sur le dos des mahorais et des réunionnais pendant tant d’années. On prend vraiment les gens pour ce qu’ils ne sont pas. AIR AUSTRAL fait aujourd’hui de l’argent public son moyen pour empêcher les autres compagnies aériennes de monter en charge sur la destination et contraindre ainsi encore une fois la démocratisation de l’accès à l’aérien.
Et pourtant, qu’attend la population ? Elle attend de la sécurité, un minimum de confort, et surtout, surtout, des prix !!!, et certainement pas du plus de plus, pour encore plus cher.

Où est l’objectif initial de la compagnie de favoriser la coopération régionale en pratiquant des prix permettant aux gens de circuler ?. A quel moment le banquier d’AIR AUSTRAL, à savoir la Région REUNION, auréolé de sa casquette européenne, a pris position pour faciliter les échanges sociaux- économiques sur la zone Océan Indien ?
On fait tout le contraire en pratiquant des bases tarifaires qui devraient faire honte à ceux qui les ont entérinés. Non, on préfère fantasmer en proposant des matelas et des couettes en cabine, et un accès à Internet. Certainement que M. MALE doit avoir quelques frissons lorsqu’il prend l’avion, et qu’il doit se sentir bien seul d’où ce besoin d’envoyer des mails à ses amis en plein vol.
Mahorais et Réunionnais n’ont que faire de ces délires de petit prince.

Et la vraie-fausse ligne directe Mayotte-Paris.
Un succès nous dit-on. Un taux de remplissage quasi optimal. Sauf que l’on oublie de préciser que ce taux de remplissage est calculé sur uniquement une partie des sièges disponibles étant donné que l’avion est dans l’incapacité de décoller au complet (passagers et bagages), sauf à faire escale sur la côte-est africaine comme cela sera d’usage dorénavant. Et résultat, l’aéroport de la Réunion rencontre aujourd’hui un recul de 5% de sa fréquentation, ce qui aura pour conséquence à terme une augmentation des taxes aéroportuaires afin de combler ce déficit. Et qui va en subir les conséquences ?. Ce seront encore une fois les passagers de la ligne régionale Mayotte-Réunion, et bien évidemment les mahorais qui sont bien plus nombreux à se rendre à la Réunion qu’en métropole, et qui vont devoir payer plus pour le même service. Et cela sans compter les prochaines hausses du prix du Kérosène, qui ne sauraient tarder à venir du fait des dernières décisions prises par l’OPEP de réduire sa production de pétrole, et qui vont encore accroitre le prix des billets. On ne cesse de nous mentir. On marche sur la tête.
    
Quant à la transparence ?
La politique de la bouche fermée sur les salaires du directoire, les intéressements pharaoniques et les cadeaux, est de rigueur puisque l’omerta prévaut sur le sujet, alors même que l’on n’a pas hésité à spolier les investisseurs de la première heure, pour jouer avec l’argent des autres à son profit au détriment de la population.

La compagnie AIR AUSTRAL doit redevenir celle qu’elle était à sa naissance, et retrouver sa vocation première, à savoir être une compagnie régionale qui crée le lien dans la zone Océan Indien, et qui ouvre ses ailes à l’essor de coopération interinsulaire, et non pas s’inviter à vouloir faire le tour du monde pour répondre à l’utopisme et au narcissisme de quelques-uns, alors même que le citoyen lambda lui, mais aussi les chefs d’entreprises de la zone, ne lui ont rien demandé d’aussi pharaonique.


Pour le Développement régional

Théophane NARAYANIN



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