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Mercredi 4 Octobre 2017

Ce petit musée à Tana offre une richesse patrimoniale rempli d’émotions et de curiosités. Un petit musée vivant.


Les nombreux objets exposés nous transportent dans l'univers de nos Grands Parents.
C'est grâce à des endroits comme celui-là que nous pouvons avoir des rendez-vous avec notre histoire…

Aline Murin Hoarau


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Les peintures d'Henri CASTELNAU crient la vie avec ses couleurs. Les portraits racontent des moments forts de notre Vivre Ensemble.


Henri CASTELNAU, artiste peintre fait étinceler dans ses œuvres notre monde créole réunionnais.

Ses tableaux ne nous laissent pas indifférents. Le passage dans son atelier laisse un souvenir inoubliable, une telle profusion d'images… C'est un atelier bien vivant.
Un voyage dans notre "réyonité", dans cet enchevêtrement de tableaux de tous les formats qui racontent notre Vivre Ensemble.

Henri CASTELNAU traduit à sa façon et avec ses pinceaux cette terre de Talents qu'est La Réunion.
Rien ne lui échappe, les personnalités politiques, les stars, nos ambassadeurs, la musique, le séga,  le maloya, nos traditions. Tout y est !

Henri CASTELNAU un artiste qui raconte tout simplement La Réunion, la sienne, avec des couleurs.

Aline Murin Hoarau


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Je suis fière de vivre sur cette terre de talents qu’est La Réunion.
Sur cette terre de talents où ma culture, une culture forte s’est développée.


Si c'est par une volonté de profit qu’un peuplement s’est fait, nous n’avons eu d’autre choix, pendant ces quelques trois siècles, que de tisser une culture à l’épreuve de tout ce qui avait tendance à nous isoler les uns des autres.

Les communautarismes ethniques et politiques n’ont jamais réussi à faire front à notre savoir vivre ensemble réunionnais.
Et pour écrire les pages de notre histoire si singulière en même temps que multiple, nous avons dû inventer des langages susceptibles de fédérer tous ces peuples réunis dans la souffrance sur ce lieu que certains qualifiaient pourtant à l’époque déjà de paradis.

Le Maloya est une des composantes de ces langages qui ont été nécessaires à la survie de nos âmes.
Le Maloya est sorti du fénoir, il y a seulement quelques années par un travail de militants, que nous pouvons saluer aujourd’hui.

La reconnaissance du Maloya par son inscription au Patrimoine Mondial permet à cette musique de résonner sous toutes ses formes dans nos espaces réunionnais. Qu’il soit cultuel, festif, c'est la musique du quotidien réunionnais.

C’est la continuité de ce travail sur la reconnaissance et la transmission de notre patrimoine culturel qui en ce premier octobre 2017 est aujourd'hui  à la fête. Ce 8e anniversaire de l'inscription de notre Maloya au patrimoine mondial à l'Unesco sera chanté, dansé et fêté dans toute l'île
.

Un autre chantier a été entrepris aujourd’hui, pour une autre composante de notre langage culturel en direction cette fois du Séga qui est indissociable du Maloya.
Prenons garde de ne pas les remettre en opposition.
Les Artistes qui ouvrent les voies de demain nous entraînent dans La Ré-Union de ces expressions qui ont réussi à tenir ce grand livre de notre histoire réunionnaise.


Le SégaMaloya va dans quelques jours faire briller notre savoir faire culturel à l’Olympia…
Une consécration pour chaque Réunionnais que nous sommes…

Aline Murin Hoarau


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Artistes 974



Mardi 19 Septembre 2017

La muzik, lambians nout gayar


Les passeurs de notre mémoire sont à coup sûr parmi ces groupes qui ont fait tourner les Karousel d’antan. Ils ont  accompagné les mariages et toutes les fêtes de notre histoire.

Présents à tous les moments importants de la vie réunionnaise, ces musiciens sont les témoins de notre quotidien d’hier.

Le séga s'invite alors dans le journal des moments forts de notre créolité.

 


Aline Murin Hoarau


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En exil Jean-Paul VOLNAY est un artiste Réunionnais qui passe le plus clair de son temps sur le continent.


Jean Paul VOLNAY: Le Séga est un lien fort pour les Réunionnais.
Mais comme il le dit lui même , « il n’y a pas un seul instant où je ne pense pas à mon île et aux amis et familles que j’ai dû laisser ici pour aller gagner mon didine là bas. ».

La musique a toujours été sa passion et le séga est le trait d’union entre la France où il a travaillé et La Réunion où il vibre.
 

 


Aline Murin Hoarau


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Mercredi 12 Juillet 2017

Sudel, en ce 12 juillet Sudel, ou rapèl, avan la mèr i apèl out lam an ravaz…
Ou té i ékri si lesklavaz…


Sudel, l’homme au sourire trans papay qui illuminait bien souvent ton visage, l’homme aux yeux rieurs qui croquait la vie à pleine dents, le pêcheur qui aimait la mer et que la mer a englouti un mauvais matin.
Sudel, l’homme au sourire trans papay qui illuminait bien souvent ton visage, l’homme aux yeux rieurs qui croquait la vie à pleine dents, le pêcheur qui aimait la mer et que la mer a englouti un mauvais matin.
Tu as généreusement contribué à faire avancer notre histoire, cette histoire meurtrie par l'esclavage. Parmi les nombreux travaux que tu as réalisés pour ton pays, je retiendrai les 7 sites sur la route de l'esclavage et de l'engagé.
Notamment la stèle de Saint-Paul, ces hommes et femmes sculptés qui regardent vers la mer et signent cette liaison entre les principaux lieux de départs et d'arrivées des travailleurs esclaves et engagés transportés d'Afrique, de Madagascar, d'Inde, de Chine pour les besoins de cette économie de profit.


Un vibrant et émouvant hommage a été rendu à Sudel à Sainte-Suzanne.
Des fleurs jetés à la mer
Maloya, moringue
Poésies ...

Te voilà sujet de discours
Toi qui as tant écrit
Sudel, si tel est l'écho de ton nom
C'est que même mort
O combien il est difficile de prononcé ce mot
Tu seras toujours parmi nous.

Aline Murin Hoarau


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A la maison de l’UNESCO, à l'occasion du 60ème Congrès de l’Union Nationale des Directeurs de Conservatoires, au nom de la Région, j'ai présenté la culture créole et l’influence des politiques culturelles sur la construction du paysage artistique.


A l'Unesco avec le président Daniel Janicot
A l'Unesco avec le président Daniel Janicot
Extrait de mon discours

Madame la Présidente de l'Union Nationale des Directeurs de

Conservatoires,

Chers Intervenants,

Mesdames, Messieurs,

 

Je suis particulièrement heureuse d’être parmi vous, aujourd'hui, à

l’occasion du 60ème congrès de l'Union Nationale des Directeurs de Conservatoires. Monsieur Didier ROBERT, Président du Conseil Régional, vous prie de bien vouloir excuser son absence et me charge de vous transmettre ses chaleureuses salutations.

 

Je voudrais adresser mes plus vifs remerciements à Martine ANDRE, Présidente de l'UNDC pour l’organisation de cet événement.

Je salue, également, la qualité et la pluralité des intervenants, tous émérites.

Il est indéniable que ces échanges seront un enrichissement mutuel.

 

Depuis 60 ans, nos régions bénéficient dans ses initiatives de l’appui de l'UNDC.

Aussi, nous devons poursuivre notre partenariat et associer nos actions autour de priorités stratégiques afin de renforcer la dynamique d’enseignement et de développement artistique de nos territoires en sachant que chaque territoire a sa spécificité et c'est une richesse.

 

Mesdames, messieurs

Permettez moi tout d'abord d'avoir une pensée émue pour Jean Pierre La Selve qui vient de nous quitter pour danser sur du ternaire quelque part, de l'autre côté du cercle de notre vie terrestre.

 

L'héritage qu'il nous a laissé avec son ouvrage Musiques Traditionnelles de La Réunion, fruit de longues recherches est immense et sa disparition laisse un vide dans le champ de l'ethnomusicologie.

Mésyé La Selve, in ti kabar pou akonpagn out lam anparmi

nout bann zansèt an lèr la o.

Monsieur La Selve, une petite cérémonie pour accompagner votre âme parmi nos ancêtres là bas, là haut.

Mwin lé sir ou lé antrinn zwé sanm.

Je suis sûre que vous jouez avec Gra Moun Baba, Gra Moun Lélé, Luc Donat, Narmine du Cap, Georges Fourcade, Lo Rwa Kaf, Alain Peters, Claude Vinh San... pour ne citer que quelques uns de nos zarboutan, de nos piliers.

 

Je ne vais pas pour ma part disserter sur la diversité des approches et des répertoires savants et traditionnels en Europe et en Outre Mer mais axer mon intervention sur l'angle des politiques culturelles et de leur influence sur la construction du paysage artistique.

 

*Comment la musique traditionnelle réunionnaise plurielle - qui est née d'un processus de créolisation à l'image de la culture de La Réunion, petit caillou de France dans l'Océan Indien, se conjugue maintenant au présent ?

 

Comment continue-t-elle à évoluer tout en gardant profondément ses racines ?

Comment les différentes politiques culturelles ont amené à “met an lèr” (valoriser) ces formes d'expression ?

 

Si d'un point de vue ethnomusical, il est évident qu'il existe un continuum entre les formes musicales et chorégraphiques traditionnelles que sont le Séga et le Maloya tant le synchrétisme est une des caractéristiques de notre culture réunionnaise, force est de constater que dans les représentations mentales, ces deux expressions ont été opposées, la première étant considérée comme celle des “blancs” -voire des gros blancs - tandis que la seconde est catégorisée comme celle des “noirs”- voire des esclaves.

 

Et force est également de constater que les représentations politiques ont largement contribué à renforcer l'antinomie entre les deux arts.

Ainsi, dans notre département français encore post colonial, il y a un temps – pas si lointain que cela – on refusait au Maloya sa légitimité, en l'interdisant tout simplement, comme on l'a fait pour l'usage du créole Réunionnais sur la seule chaîne publique de l'époque.

 

Les années 80 amènent, avec la loi de décentralisation, une légitimité et une place importante à l'identité de chaque région.

La Réunion a alors la politique publique qui lui permet de prendre conscience de sa richesse culturelle, de son zarlor et nou détak la langue (et nous nous exprimons enfin librement).

 

C'est en suivant ce fil d'Ariane que la Région Réunion, présidée alors par Paul Vergès, dont je me permets de saluer ici la mémoire, propose que le Maloya soit inscrit au patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO.

 

Le 1er octobre 2009 fut un grand moment pour nous, avec l'immense reconnaissance de cette forme d'art traditionnel, musique et danse de transe – ki rouv la port si lespri nout zansèt (qui nous permet le dialogue avec nos morts).

 

Nou lé dmoun anfin ! Nous sommes enfin reconnus sur le plan mondial !

 

La réappropriation de cet art traditionnel est aussi la preuve d'une expression artistique forte, étonnamment vivante et résiliente.

 

Dans le cadre des orientations de sa politique culturelle et de ses actions en faveur de la promotion de la diversité culturelle, la Région Réunion commémore cet événement à travers plusieurs initiatives :

* l'organisation annuelle d'un grand « Village Maloya », proposant de nombreux concerts de maloya, de conférences, d'expositions, de films documentaires

* l'étude et la pratique accrue du moringue,

* des recherches et des études sur le marronnage et le maloya,

 

De nombreuses interventions sont aussi menées au niveau de l'Éducation Patrimoniale sur l'histoire de La Réunion, du maloya, du moringue, avec la participation d’artistes, d’acteurs culturels et d’historiens dans le cadre d’un partenariat entre La Région Réunion et le Rectorat.

L’objectif est de transmettre aux jeunes une meilleure connaissance de cette page marquante de notre histoire, de leur permettre de s'approprier cet héritage fécond afin que celui-ci puisse être transmis à son tour aux générations futures.*

 

*La tradition fait aussi écho à la modernité avec les formes contemporaines que sont le slam, le fonnkèr ou d'autres formes telles que le jazz, le blues, le raggae qui ouvrent les portes au métissage, au mayaz (maillage), à la “batarsité” pour reprendre le terme d'un grand chanteur de maloya, Danyèl Waro.

 

Aujourd'hui, la Région Réunion prône la valorisation de la culture réunionnaise dans ce qu'elle a de plus diversifié, dans cette richesse métissée .

Ainsi, elle souhaite apporter un réel soutien à l'art traditionnel, mais n'en oublie pour autant son expression contemporaine.

 

 

En effet, la Région développe des programmes de formation artistique en accompagnant les différents acteurs culturels son Conservatoire a un département musique et danse traditionnelles qui tient compte à la fois des apports africains mais aussi indiens de notre composante identitaire.

 

Par ailleurs, et c'est assez remarquable pour être souligné, notre président Didier Robert souhaite aussi mettre en avant le savoir-vivre ensemble réunionnais où les différentes composantes de la population se côtoient en se respectant pour faire de notre île une terre de France et d'Europe dans l'océan Indien qui affiche la singularité de son métissage avec fierté.

 

Ainsi, il nous semblerait légitime que le séga traditionnel Réunionnais qui fait s'entremêler les rythmes venus dans les cales des bateaux et les instruments qui ont voyagé en cabine et sur lequel dansent aujourd'hui tout un peuple, soit lui aussi reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel.

 

Un dernier point et j'en terminerai là, il serait légitime qu'à l'instar de ce qui se fait pour l'enseignement des musiques traditionnelles, les danses traditionnelles soient elles aussi reconnues dans un parcours diplômant qui permette non seulement de garantir la qualité de la transmission mais aussi la valorisation des enseignants et des enseignés.Sati Pikèr Roulèr

 

Kayanm Bobre Triang

I rézone dan mon tèt

Lakordéon, vyolon ansanm

Larkodéon la bous

Gitar, Kalbas an sous

I tronpèt dan mon zorèy

Lo son tout koulèr

I karapat dan mon kèr.

 

Notre savoir vivre ensemble se nourrit du respect de toutes les formes d’expressions culturelles surtout celles ayant des racines au plus profond des actes de notre existence. 

Et que vivent toutes les formes d'art !

 

 

 

 

 


Aline Murin Hoarau


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La musique réunionnaise est en deuil.


Photo P.Lauret
Photo P.Lauret
Jean-Pierre La Selve est un des fondateurs du groupe "Compères grat fils "et du groupe Vavangue.
Ce passionné de la musique et de danses traditionnelles laisse derrière lui une richesse musicale avec son titre instrumental "râlé poussé " et la réadaptation d'une chanson traditionnelle qui va faire connaître Compères grat fils " mon coco ".

Il a nous fait découvrir "les pépé des 400", originaires du Tampon, tous ces musiciens qui malheureusement aujourd'hui nous ont quittés et n'ont pu transmettre tous ces titres traditionnels, ces histoires.
Cet artiste précurseur inscrit à son palmarès musical plus de quarante années de collectages de terrain sur les pratiques musicales des Mascareignes et des autres îles du sud-ouest de l’Océan Indien.

Dans son livre sur les musiques traditionnelles de La Réunion, Jean Pierre La Selve présente la musique comme une valeur de l'humanité à défendre, à aimer, à protéger.
Jean Pierre La Selve, cet ambassadeur d'honneur de La Réunion a partagé, valorisé notre culture et nos valeurs.
Il rejoint ainsi d'autres piliers de la culture réunionnaise avec qui il peut chanter et jouer son morso « Zananas victoria ».

 

Aline Murin Hoarau


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Mercredi 21 Décembre 2016

En ce 20 décembre 2016, hommage aux Maron, les défenseurs de l'émancipation réunionnaise


Discours prononcé devant la stèle d'Anchaing à Grand Ilet.

Bonjour,
Aline Murin Hoarau  je suis élue en charge de la Culture et de l’IR,
Je représente le Président Didier Robert.

Aujourd'hui, nous posons officiellement un regard respectueux et rempli d’admiration pour des hommes et des femmes qui ont participé activement à la construction du Réunionnais libre.
Un pan de notre histoire restée jusqu’alors cachée.

Cette stèle, qui représente  Anchaing, ce Grand Maron qui a laissé son nom au plus haut sommet de ce territoire. C’est une sculpture réalisée par Gilbert Clain dans le basalte de La Réunion.

Nous continuons à éclairer cette partie de notre histoire marquée par la présence de ces héros de la liberté, les Marons.
Anchaing raconté dans les poèmes de Lacaussade, enfant du pays, est une figure légendaire des combats de la liberté.

Anchaing avec d'autres Marons, des hommes et des femmes dont l’histoire a réussi à retenir certains noms,
Dimitile, Sarlave, Dianamoise, Rahariane, Cimendef, Mafate, Laverdure, Eva, Rahariane…

ont été de ceux qui ont préféré la fuite vers ces lieux inhospitaliers pour conquérir leur liberté perdue.

Fuir la condition inhumaine de l’esclave pour retrouver une dignité dans le maronage

La  montagne devient le théâtre d’une expression culturelle, celle des Marons.
Les marons forment le groupe des Grands Hommes de l’émancipation réunionnaise.

Pendant ce temps, en Europe, dans les salons les Voltaire, Montesquieu, Rousseau… échangent sur les grands principes de la citoyenneté en laissant l’esclavage perdurer au service d’une économie qui leur procure le confort.
La réponse aux demandes de liberté des habitants de notre pays est traité à coups de fusil par les chasseurs de Marons.

L’histoire retiendra les noms des plus vaillants d’entre eux, allant même offrir leurs services dans l’Océan Indien, Mussard, Hoarau, Payet, Dalleau…

Les Marons en quête de liberté, considérés en leur temps par le pouvoir comme des bandits, peuvent aujourd’hui retrouver leur place dans l’action héroïque qu’ils ont mené.
 
Car il a fallu bien du courage à Dimitile, Cimendef, Eva… pour gravir ces hauteurs, ces pentes, braver le froid et s’installer dans les îlets.
Cette stèle est le symbole de la réconciliation avec notre histoire.
Une reconnaissance du courage et la bravoure du Maron, ce pionnier de l’émancipation réunionnaise.

Je salue aussi le travail remarquable de la commune de Salazie qui a démarré depuis quelques années un programme d’installation d’œuvres culturelles visant à valoriser et faire connaître les figures emblématiques de notre patrimoine.

Aujourd’hui, Anchaing retrouve Eva dans le Cirque de Salazie.

Aujourd’hui, 20 décembre 2016, jour de la FÉTKAF, c’est une date symbolique et forte pour rendre un hommage à Anchaing et à tous ses frères de la liberté.


Mais quel est ce piton dont le front sourcilleux
Se dresse, monte et va se perdre dans les cieux ?
Ce mont pyramidal, c'est le piton d'Anchaine.
De l'esclave indompté brisant la lourde chaîne,
C'est à ce mont inculte, inaccessible, affreux,
Que dans son désespoir un Nègre malheureux
Est venu demander sa liberté ravie.

Auguste Lacaussade

Je vous remercie pour votre attention

Aline Murin Hoarau


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Lundi 19 Décembre 2016

C'est la fête de la libération des esclaves qui étaient tous noirs ou presque.
C’est la FETKAF, la fête des Réunionnais.
De tous temps les pouvoirs successifs ont tenté de récupérer la libération des esclaves, qui rappelons-le s’est produit parce que ce système esclavagiste était arrivé à bout de souffle et n'était plus rentable.


Bon FÉTKAF
Tous les pouvoirs successifs se sont cassés les dents sur ce changement d’appellation… C’est bien parce que le terme de FÉTKAF a du sens pour la majorité des Réunionnais.

Ce terme de FÉTKAF ne doit plus être utilisé pour nous diviser.
Nous sommes une île, une terre métissée qui a accueilli plusieurs peuples venant de différents continents.

En 2016 parler de FÉTKAF, de liberté, d’abolition de l'esclavage, du 20 décembre, c'est faire avancer le Réunionnais dans l'acception de son histoire.

Assumons aussi ce passé pour voir dans le miroir que nous sommes ces zanfan batar ( métissés)  issus du blanc, du bourreau, du Noir, des frères traitres… que nous sommes et formons une identité plurielle.

Nous sommes le fruit de ces unions des contraires et portons en nous le sang de l’esclave et du maitre.
 
L’heure n’est plus à la culpabilisation, à la division à l'utilisation de notre histoire. 

A notre génération de démêler le vrai du faux, pour faire jaillir la vérité, cette vérité qui propose la paix des mémoires et nous permet d’avancer toujours un peu plus dans l’émancipation humaine. 

Aline Murin Hoarau


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Aline Murin Hoarau
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10 mai 2014
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