A la maison de l’UNESCO, à l'occasion du 60ème Congrès de l’Union Nationale des Directeurs de Conservatoires, au nom de la Région, j'ai présenté la culture créole et l’influence des politiques culturelles sur la construction du paysage artistique.


A l'Unesco avec le président Daniel Janicot
A l'Unesco avec le président Daniel Janicot
Extrait de mon discours

Madame la Présidente de l'Union Nationale des Directeurs de

Conservatoires,

Chers Intervenants,

Mesdames, Messieurs,

 

Je suis particulièrement heureuse d’être parmi vous, aujourd'hui, à

l’occasion du 60ème congrès de l'Union Nationale des Directeurs de Conservatoires. Monsieur Didier ROBERT, Président du Conseil Régional, vous prie de bien vouloir excuser son absence et me charge de vous transmettre ses chaleureuses salutations.

 

Je voudrais adresser mes plus vifs remerciements à Martine ANDRE, Présidente de l'UNDC pour l’organisation de cet événement.

Je salue, également, la qualité et la pluralité des intervenants, tous émérites.

Il est indéniable que ces échanges seront un enrichissement mutuel.

 

Depuis 60 ans, nos régions bénéficient dans ses initiatives de l’appui de l'UNDC.

Aussi, nous devons poursuivre notre partenariat et associer nos actions autour de priorités stratégiques afin de renforcer la dynamique d’enseignement et de développement artistique de nos territoires en sachant que chaque territoire a sa spécificité et c'est une richesse.

 

Mesdames, messieurs

Permettez moi tout d'abord d'avoir une pensée émue pour Jean Pierre La Selve qui vient de nous quitter pour danser sur du ternaire quelque part, de l'autre côté du cercle de notre vie terrestre.

 

L'héritage qu'il nous a laissé avec son ouvrage Musiques Traditionnelles de La Réunion, fruit de longues recherches est immense et sa disparition laisse un vide dans le champ de l'ethnomusicologie.

Mésyé La Selve, in ti kabar pou akonpagn out lam anparmi

nout bann zansèt an lèr la o.

Monsieur La Selve, une petite cérémonie pour accompagner votre âme parmi nos ancêtres là bas, là haut.

Mwin lé sir ou lé antrinn zwé sanm.

Je suis sûre que vous jouez avec Gra Moun Baba, Gra Moun Lélé, Luc Donat, Narmine du Cap, Georges Fourcade, Lo Rwa Kaf, Alain Peters, Claude Vinh San... pour ne citer que quelques uns de nos zarboutan, de nos piliers.

 

Je ne vais pas pour ma part disserter sur la diversité des approches et des répertoires savants et traditionnels en Europe et en Outre Mer mais axer mon intervention sur l'angle des politiques culturelles et de leur influence sur la construction du paysage artistique.

 

*Comment la musique traditionnelle réunionnaise plurielle - qui est née d'un processus de créolisation à l'image de la culture de La Réunion, petit caillou de France dans l'Océan Indien, se conjugue maintenant au présent ?

 

Comment continue-t-elle à évoluer tout en gardant profondément ses racines ?

Comment les différentes politiques culturelles ont amené à “met an lèr” (valoriser) ces formes d'expression ?

 

Si d'un point de vue ethnomusical, il est évident qu'il existe un continuum entre les formes musicales et chorégraphiques traditionnelles que sont le Séga et le Maloya tant le synchrétisme est une des caractéristiques de notre culture réunionnaise, force est de constater que dans les représentations mentales, ces deux expressions ont été opposées, la première étant considérée comme celle des “blancs” -voire des gros blancs - tandis que la seconde est catégorisée comme celle des “noirs”- voire des esclaves.

 

Et force est également de constater que les représentations politiques ont largement contribué à renforcer l'antinomie entre les deux arts.

Ainsi, dans notre département français encore post colonial, il y a un temps – pas si lointain que cela – on refusait au Maloya sa légitimité, en l'interdisant tout simplement, comme on l'a fait pour l'usage du créole Réunionnais sur la seule chaîne publique de l'époque.

 

Les années 80 amènent, avec la loi de décentralisation, une légitimité et une place importante à l'identité de chaque région.

La Réunion a alors la politique publique qui lui permet de prendre conscience de sa richesse culturelle, de son zarlor et nou détak la langue (et nous nous exprimons enfin librement).

 

C'est en suivant ce fil d'Ariane que la Région Réunion, présidée alors par Paul Vergès, dont je me permets de saluer ici la mémoire, propose que le Maloya soit inscrit au patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO.

 

Le 1er octobre 2009 fut un grand moment pour nous, avec l'immense reconnaissance de cette forme d'art traditionnel, musique et danse de transe – ki rouv la port si lespri nout zansèt (qui nous permet le dialogue avec nos morts).

 

Nou lé dmoun anfin ! Nous sommes enfin reconnus sur le plan mondial !

 

La réappropriation de cet art traditionnel est aussi la preuve d'une expression artistique forte, étonnamment vivante et résiliente.

 

Dans le cadre des orientations de sa politique culturelle et de ses actions en faveur de la promotion de la diversité culturelle, la Région Réunion commémore cet événement à travers plusieurs initiatives :

* l'organisation annuelle d'un grand « Village Maloya », proposant de nombreux concerts de maloya, de conférences, d'expositions, de films documentaires

* l'étude et la pratique accrue du moringue,

* des recherches et des études sur le marronnage et le maloya,

 

De nombreuses interventions sont aussi menées au niveau de l'Éducation Patrimoniale sur l'histoire de La Réunion, du maloya, du moringue, avec la participation d’artistes, d’acteurs culturels et d’historiens dans le cadre d’un partenariat entre La Région Réunion et le Rectorat.

L’objectif est de transmettre aux jeunes une meilleure connaissance de cette page marquante de notre histoire, de leur permettre de s'approprier cet héritage fécond afin que celui-ci puisse être transmis à son tour aux générations futures.*

 

*La tradition fait aussi écho à la modernité avec les formes contemporaines que sont le slam, le fonnkèr ou d'autres formes telles que le jazz, le blues, le raggae qui ouvrent les portes au métissage, au mayaz (maillage), à la “batarsité” pour reprendre le terme d'un grand chanteur de maloya, Danyèl Waro.

 

Aujourd'hui, la Région Réunion prône la valorisation de la culture réunionnaise dans ce qu'elle a de plus diversifié, dans cette richesse métissée .

Ainsi, elle souhaite apporter un réel soutien à l'art traditionnel, mais n'en oublie pour autant son expression contemporaine.

 

 

En effet, la Région développe des programmes de formation artistique en accompagnant les différents acteurs culturels son Conservatoire a un département musique et danse traditionnelles qui tient compte à la fois des apports africains mais aussi indiens de notre composante identitaire.

 

Par ailleurs, et c'est assez remarquable pour être souligné, notre président Didier Robert souhaite aussi mettre en avant le savoir-vivre ensemble réunionnais où les différentes composantes de la population se côtoient en se respectant pour faire de notre île une terre de France et d'Europe dans l'océan Indien qui affiche la singularité de son métissage avec fierté.

 

Ainsi, il nous semblerait légitime que le séga traditionnel Réunionnais qui fait s'entremêler les rythmes venus dans les cales des bateaux et les instruments qui ont voyagé en cabine et sur lequel dansent aujourd'hui tout un peuple, soit lui aussi reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel.

 

Un dernier point et j'en terminerai là, il serait légitime qu'à l'instar de ce qui se fait pour l'enseignement des musiques traditionnelles, les danses traditionnelles soient elles aussi reconnues dans un parcours diplômant qui permette non seulement de garantir la qualité de la transmission mais aussi la valorisation des enseignants et des enseignés.Sati Pikèr Roulèr

 

Kayanm Bobre Triang

I rézone dan mon tèt

Lakordéon, vyolon ansanm

Larkodéon la bous

Gitar, Kalbas an sous

I tronpèt dan mon zorèy

Lo son tout koulèr

I karapat dan mon kèr.

 

Notre savoir vivre ensemble se nourrit du respect de toutes les formes d’expressions culturelles surtout celles ayant des racines au plus profond des actes de notre existence. 

Et que vivent toutes les formes d'art !

 

 

 

 

 


Aline Murin Hoarau


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La musique réunionnaise est en deuil.


Photo P.Lauret
Photo P.Lauret
Jean-Pierre La Selve est un des fondateurs du groupe "Compères grat fils "et du groupe Vavangue.
Ce passionné de la musique et de danses traditionnelles laisse derrière lui une richesse musicale avec son titre instrumental "râlé poussé " et la réadaptation d'une chanson traditionnelle qui va faire connaître Compères grat fils " mon coco ".

Il a nous fait découvrir "les pépé des 400", originaires du Tampon, tous ces musiciens qui malheureusement aujourd'hui nous ont quittés et n'ont pu transmettre tous ces titres traditionnels, ces histoires.
Cet artiste précurseur inscrit à son palmarès musical plus de quarante années de collectages de terrain sur les pratiques musicales des Mascareignes et des autres îles du sud-ouest de l’Océan Indien.

Dans son livre sur les musiques traditionnelles de La Réunion, Jean Pierre La Selve présente la musique comme une valeur de l'humanité à défendre, à aimer, à protéger.
Jean Pierre La Selve, cet ambassadeur d'honneur de La Réunion a partagé, valorisé notre culture et nos valeurs.
Il rejoint ainsi d'autres piliers de la culture réunionnaise avec qui il peut chanter et jouer son morso « Zananas victoria ».

 

Aline Murin Hoarau


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Mercredi 21 Décembre 2016

En ce 20 décembre 2016, hommage aux Maron, les défenseurs de l'émancipation réunionnaise


Discours prononcé devant la stèle d'Anchaing à Grand Ilet.

Bonjour,
Aline Murin Hoarau  je suis élue en charge de la Culture et de l’IR,
Je représente le Président Didier Robert.

Aujourd'hui, nous posons officiellement un regard respectueux et rempli d’admiration pour des hommes et des femmes qui ont participé activement à la construction du Réunionnais libre.
Un pan de notre histoire restée jusqu’alors cachée.

Cette stèle, qui représente  Anchaing, ce Grand Maron qui a laissé son nom au plus haut sommet de ce territoire. C’est une sculpture réalisée par Gilbert Clain dans le basalte de La Réunion.

Nous continuons à éclairer cette partie de notre histoire marquée par la présence de ces héros de la liberté, les Marons.
Anchaing raconté dans les poèmes de Lacaussade, enfant du pays, est une figure légendaire des combats de la liberté.

Anchaing avec d'autres Marons, des hommes et des femmes dont l’histoire a réussi à retenir certains noms,
Dimitile, Sarlave, Dianamoise, Rahariane, Cimendef, Mafate, Laverdure, Eva, Rahariane…

ont été de ceux qui ont préféré la fuite vers ces lieux inhospitaliers pour conquérir leur liberté perdue.

Fuir la condition inhumaine de l’esclave pour retrouver une dignité dans le maronage

La  montagne devient le théâtre d’une expression culturelle, celle des Marons.
Les marons forment le groupe des Grands Hommes de l’émancipation réunionnaise.

Pendant ce temps, en Europe, dans les salons les Voltaire, Montesquieu, Rousseau… échangent sur les grands principes de la citoyenneté en laissant l’esclavage perdurer au service d’une économie qui leur procure le confort.
La réponse aux demandes de liberté des habitants de notre pays est traité à coups de fusil par les chasseurs de Marons.

L’histoire retiendra les noms des plus vaillants d’entre eux, allant même offrir leurs services dans l’Océan Indien, Mussard, Hoarau, Payet, Dalleau…

Les Marons en quête de liberté, considérés en leur temps par le pouvoir comme des bandits, peuvent aujourd’hui retrouver leur place dans l’action héroïque qu’ils ont mené.
 
Car il a fallu bien du courage à Dimitile, Cimendef, Eva… pour gravir ces hauteurs, ces pentes, braver le froid et s’installer dans les îlets.
Cette stèle est le symbole de la réconciliation avec notre histoire.
Une reconnaissance du courage et la bravoure du Maron, ce pionnier de l’émancipation réunionnaise.

Je salue aussi le travail remarquable de la commune de Salazie qui a démarré depuis quelques années un programme d’installation d’œuvres culturelles visant à valoriser et faire connaître les figures emblématiques de notre patrimoine.

Aujourd’hui, Anchaing retrouve Eva dans le Cirque de Salazie.

Aujourd’hui, 20 décembre 2016, jour de la FÉTKAF, c’est une date symbolique et forte pour rendre un hommage à Anchaing et à tous ses frères de la liberté.


Mais quel est ce piton dont le front sourcilleux
Se dresse, monte et va se perdre dans les cieux ?
Ce mont pyramidal, c'est le piton d'Anchaine.
De l'esclave indompté brisant la lourde chaîne,
C'est à ce mont inculte, inaccessible, affreux,
Que dans son désespoir un Nègre malheureux
Est venu demander sa liberté ravie.

Auguste Lacaussade

Je vous remercie pour votre attention

Aline Murin Hoarau


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Lundi 19 Décembre 2016

C'est la fête de la libération des esclaves qui étaient tous noirs ou presque.
C’est la FETKAF, la fête des Réunionnais.
De tous temps les pouvoirs successifs ont tenté de récupérer la libération des esclaves, qui rappelons-le s’est produit parce que ce système esclavagiste était arrivé à bout de souffle et n'était plus rentable.


Bon FÉTKAF
Tous les pouvoirs successifs se sont cassés les dents sur ce changement d’appellation… C’est bien parce que le terme de FÉTKAF a du sens pour la majorité des Réunionnais.

Ce terme de FÉTKAF ne doit plus être utilisé pour nous diviser.
Nous sommes une île, une terre métissée qui a accueilli plusieurs peuples venant de différents continents.

En 2016 parler de FÉTKAF, de liberté, d’abolition de l'esclavage, du 20 décembre, c'est faire avancer le Réunionnais dans l'acception de son histoire.

Assumons aussi ce passé pour voir dans le miroir que nous sommes ces zanfan batar ( métissés)  issus du blanc, du bourreau, du Noir, des frères traitres… que nous sommes et formons une identité plurielle.

Nous sommes le fruit de ces unions des contraires et portons en nous le sang de l’esclave et du maitre.
 
L’heure n’est plus à la culpabilisation, à la division à l'utilisation de notre histoire. 

A notre génération de démêler le vrai du faux, pour faire jaillir la vérité, cette vérité qui propose la paix des mémoires et nous permet d’avancer toujours un peu plus dans l’émancipation humaine. 

Aline Murin Hoarau


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Conseil municipal à Sainte-Suzanne.
Beaucoup d’élus sont déjà dans la fête et ne s’interressent plus vraiment à la chose politique, c’est la fin de l’année !


​Attendre 2018 pour avoir de l’eau potable à Sainte-Suzanne
Pourtant la gestion de cette ressource importante qu’est l’eau est un enjeu capital pour notre territoire.
Aujourd’hui nous avons la chance de devoir changer l’orientation de la gestion de notre bien commun qui est l’eau. L’eau potable est promise pour 2018 ! Et nous, les contribuables devons continuer à attendre…

Dans notre cas, l’eau n’est pas assez respéctée.
Nous avons la chance d’avoir de l’eau qui coule toute l’année et en quantité abondante. Très peu de structures économiques ont été réalisées pour utiliser cette ressource gratuite et abondante.

Avec la quantité d’eau qui coule à la mer traversant notre territoire tous les jours… Nous devrions être autonomes en énergie et pour les besoins de nos familles et de notre collectivité.

Changer de fermier ou changer de système de gestion de l’eau, c’est à dire garder le prestataire actuel, donner à un autre prestataire, passer en régie municipale ou autre… n’est pas vraiment le problème.

Le véritable enjeu pour notre commune est : Quel projet pour utiliser au mieux cette ressouce naturelle ?
Comment faire en sorte que l’eau soit potable aux robinets de nos familles ?
Quels développements économiques pouvons nous imaginer pour Sainte-Suzanne à partir de cette ressource naturelle gratuite et abondante ?

Autour de la table du Conseil municipal personne n’a la solution à lui tout seul. C’est un véritable enjeu de société qui mérite l’éclairage de divers spécialistes.

L’enjeu de l’eau mérite une véritable réflexion qui prenne en compte toutes les composantes humaine, économique et culturelle de ce territoire.

Aline Murin Hoarau


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Jeudi 8 Décembre 2016

Kisa la di 20 décembre, Sarda Garriga," ou la roule à nou".
La compagnie de Véli dirigée par Eric Antoine Boyer nous fait voyager dans une fresque historique et poétique sur les abolitions de l'esclavage.


Véli raconte la liberté
20 décembre 1848, Sarda Garriga annonce la fin de l'esclavage.
Vive la liberté pour les plus de 62 000 esclaves à La Réunion.
La Réunion met fin à un système politique qui depuis 1723 avait appliqué le Code Noir.

Mais combien de pays après 1848 demeurent encore dans le régime esclavagiste ?

Eric Antoine avec ses comédiens ont sélectionné plusieurs textes, poésies d'Alain Lorraine, de Gilbert Aubry, de Jean François
Samlong... mais aussi de Socrate, Platon,  Montesquieu, Voltaire pour nous montrer  " que la construction des sociétés s'est faite dans les luttes sans merci pour retrouver le sens de liberté".

L'histoire de l'humanité est encore bafouée quand les comédiens nous racontent que l'abolition de l'esclavage en Afghanistan est annoncée en 1992.

Un beau spectacle associant les différents arts de la scène, danseurs de hip hop ...

Après plusieurs représentations dans le Sud, .....
A découvrir bientôt le 19 décembre à 19 h à la médiathèque de Sainte-Suzanne.

" ... Mes amis, Les décrets de la République française sont exécutés : vous êtes libres. Tous égaux devant la loi, vous n’avez autour de vous que des frères...."
Sarda Garriga

Aline Murin Hoarau


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Et oui," la saison zélection, tout lé en transe", disait souvent Paul Vergès dans ces discours.
Et toute cette poésie électoraliste, on le sait, est ensuite très loin de la prose de l'exercice du pouvoir.
Alors toutes les dérives oratoires sont permises.
"La lang la point lozo."


N’enfermons pas la colonisation dans un discours victimaire.

Dans chaque élection, les sujets sur l'esclavage et sur la colonisation animent des débats passionnels.
Que ces débats se fassent alors dans un esprit de sagesse, éclairés par une vérité qui construit le futur vide de vengeance, de haine ...
Il est trop facile de réécrire l’histoire avec le drapeau d’un parti politique.
Il est trop facile d’utiliser ces périodes sombres pour attaquer son adversaire qui perd pied dans ses réponses. 
 

Nous portons en nous Réunionnais, peuples issus de l'immigration le sang du colon Blanc, le sang du Noir vendu par ses propres frères et réduit à l'état de l'esclave pour servir à l'époque un gouvernement colonialiste basé sur le profit.

Nous portons en nous ces souvenirs d'hommes, femmes, enfants, marons, esclaves qui ont perdu un pied, une main ... leur vie.
Nous portons en nous l'image de ces êtres humains déracinés et privés de sépultures.
 

Et aujourd'hui alors, quel discours sur l'esclavage ?
 

Continuer à poursuivre les coupables, accuser l'autre pour lui réclamer le butin de la vengeance, utiliser ce passé sombre dans un discours électoral pour discréditer son adversaire se sentant obligé de justifier ses propos.
 

L'histoire ne doit pas être enfermée dans un discours victimaire.

A l'heure où on prône plus que jamais les valeurs de paix, du vivre ensemble, la connaissance de notre passé nous apprend à connaitre et à assumer notre héritage. 

Nous sommes ceux qui n'ont pas voulu ce drame humain.
L'esclavage est désormais reconnu comme crime contre l'humanité.

Et ce vaste chantier de "réparation " ne peut se faire que dans le calme.
Un chantier qui construit et reconnait l’homme dans toute sa dignité.

Assumons tous ce passé non glorieux pour d'abord saluer la mémoire des ancêtres. 

Assumons aussi ce passé pour voir dans le miroir que nous sommes ces enfants métisses issus du blanc, du bourreau, du Noir, des frères traitres …
C'est ainsi.

Nous sommes le fruit de ces unions des contraires, en portant en nous le sang de l’esclave, du maitre, du roi des tribus.

L’heure n’est plus à la culpalbilité … 
Cette réparation est nécessaire pour démêler le vrai du faux, pour faire jaillir la vérité, cette vérité neutre qui prône la paix des mémoires.
 

« Peu importe la couleur de la peau, nous avons tous été victimes des mêmes drames ».

 
 
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Aline Murin Hoarau


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Lundi 14 Novembre 2016

Je tiens à rendre un hommage sincère à Paul Vergès, celui qui a tenu un raisonnement politique sans régression pendant plus de 60 ans.


Paul Vergès au kabar des ancêtres
Paul Vergès a aussi su être à l’écoute et se faire écouter des plus grands de ce monde notamment avec ses prises de position sur le réchauffement climatique. 

J’ai eu beaucoup de chance de découvrir les mécanismes de la politique locale aux côtés de Paul Vergès.
Paul Vergès était un passionné de la politique  réunionnaise, il était très empreint de la culture de son île.

Il parlait souvent de ces âmes errantes, de ces hommes et de ces femmes qui n’ont pas eu de sépultures.
Ces héros qui ont dû se cacher pour faire triompher la liberté et notre savoir vivre ensemble.

Aussi quand j’ai pris la décision de rejoindre la majorité de Didier Robert, avec son sourire approbateur, il me lança «  poursuis ta route ».

 La Réunion a perdu, en ce jour du 353e anniversaire du peuplement de La Réunion, un véritable guerrier de la cause réunionnaise.

Aline Murin Hoarau


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Dimanche 30 Octobre 2016

Le concours d’écriture en langue créole réunionnais a réussi à perdurer. C’est en effet la 13e édition de remise des prix pour ce concours LanKRéol en 2016.
Grâce à la pugnacité de la CCEE, l’UDIR, la Ligue de l’Enseignement, des associations et des acteurs culturels qui croient en l’Homme Réunionnais, une nouvelle fois, c’est à KAZKABAR que se retrouvent les défenseurs d’une certaine créolité.


Comme l’a souligné et même chanté Tintin, « mon lang, li min la konsyans mon péi ». 
Nous avons su sortir de l’ornière dans laquelle nous avait souvent entrainé certaines politiques culturelles.
 
 
Aujourd’hui une nouvelle politique culturelle émerge, prenant ses racines dans la réalité populaire en donnant la parole à toutes les richesses de notre monde Réunionnais.
 
 
À Saint-Paul, berceau du peuple Réunionnais, nous apprécions les bourgeons de ce que sera la prochaine floraison de l’écrit créole.
 
Notre langue maternelle s’affirme dans les domaines de la création, « pou amont nout gayar ».
Comme pour nos modèles d’hier, les Marons, nous avons souvent dû faire sans moyen.

Aujourd’hui ce sont des esprits éclairés qui accompagnent le mouvement d’émancipation Réunionnaise.

Aline Murin Hoarau


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Vendredi 30 Septembre 2016

Maloya, maloya, tu es la musique qui nous vient de nos ancêtres.
Tu les as accompagnés dans leur quotidien.
Maloya, âme de cette terre réunionnaise.


Maloya, nout fierté, Maloya nout l'identité
Le maloya fête aujourd'hui ses 7 ans d'inscription au patrimoine immatériel de l'Humanité.

Les fils d'or enfouis dans le tissu coloré réunionnais peuvent enfin montrer leur brillant aux yeux de tous.

 Le Maloya s'est libéré, la détak la lang pou libère langaz Maloya.

"Nou lé pas plis, nou lé pas moin".

Cette inscription continue à ouvrir  la voie de l'émancipation, c'est une reconnaissance pour tous ceux qui jadis étaient obligés de se cacher pour vivre ce Maloya. 

Cette reconnaissance officielle de notre patrimoine immatériel est une façon subtile de montrer l'humanité du peuple de cette terre réunionnaise. 
Nous ne sommes plus des sous-hommes, nous ne sommes plus une sous-France.

L'ère de l'émancipation raisonne dans les rythmes du Maloya. 

Aline Murin Hoarau


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Aline Murin Hoarau
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10 mai 2014
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