sak ifé nout jordu ék nout demin

Yvette Duchemann (EELVR) : "Penser le changement plutôt que de changer le pansement"


Invité(e)
Mardi 20 Mars 2012

"La phrase est de Francis Blanche. Pour moi, celle-ci signifie "œuvrer dans le bon sens, lucidité et vigilance y compris, pour les habitants de La Réunion et d’ailleurs".


Yvette Duchemann (EELVR) : "Penser le changement plutôt que de changer le pansement"
"Pour réactiver l’activité économique en relançant les grands travaux, la préfecture fait le choix, suite à la demande   du Conseil Régional, de déclarer d’utilité publique le projet de nouvelle route du littoral.

Or, personne n’ignore que nos routes même les plus  belles (n’est ce pas madame la route des Tamarins ?) mènent à des  impasses. Impasse du coma circulatoire de l’île, impasse de l’augmentation des prix et de l'épuisement inévitable des carburants, impasse aussi de l’addiction à ces fameux 3 V que certaines mauvaises langues nous ont attribués "Réunionnais  : viande, vidéo, voiture". Pauvres voiturivores qu’on nous sommes d’être !

Et pourtant le bon sens voudrait qu’on tire le frein à main du tout automobile. Nous ne sommes pas favorables au projet de la Nouvelle route du littoral d’autant qu’il ne s’inscrit pas dans le long terme, se moque des exigences de développement durable et jette  à la poubelle  l’Agenda 21.

Nous pensons qu’il y aurait  eu lieu  à s’engager dans un projet  régional, moins pyramidal et impliquant l’ensemble les acteurs pour qu’enfin se dessine un réseau des déplacements optimal et efficient pour tous les usagers aussi bien des Hauts que des Bas de l’île.  

L’île n’offrant que peu de possibilités d’espace de part sa superficie, sa densification, sa topographie et l’ardente obligation de protéger   la faune et de la flore, dès lors, il importerait de  s’attacher à  modéliser l’évolution démographique, la transition énergétique ainsi que la transition du tout automobile au « très peu » automobile  en privilégiant le transport collectif sur rail associé à d’autres types de transports doux, en souterrain et en aérien par exemple sur des rails perchés.

Et si  notre île devenait pionnière en matière d’utilisation des énergies renouvelables dans les transports doux ?

 Force est de constater qu’aujourd’hui, les pouvoirs publiques font le  choix  d’une société individualiste, consumériste, au détriment du  choix d’une société « altruiste », solidaire et écologiste respectueuse de ce qui la nourrit.

C’est pour cette raison que le politique doit s’engager sur un choix constructif et pérenne pour les Réunionnais(es) et leur île. Dans ce champ, les experts ingénieurs férus d’écologie sont des ressources incontournables car cela relève d’un savoir scientifique.

 Voir que certains élus fanent sur leur cari carié du persil pour tenter  de le maquiller avec un couche de corona vert-écolo me fait dire qu’ils utilisent à toutes les sauces le concept de développement durable  dans une version purement instrumentalisée frisant un populisme éhonté.

Et, parce que comme comme tous les Réunionnais et comme M. Admette, notre Prince du séga, "moin la per, m’i di aou, moin la per, m’i di aou, pass la route an cornais…", la solution validée par la déclaration d’utilité publique ne règle ni notre peur, ni le problème mondial de l’épuisement du pétrole, ni le problème local de la vie chère, et ce qui est encore faux : elle ne règlera qu’à très court terme, le problème de la relance de l’activité économique.

En effet, les grands travaux oui, pour combien de temps ? Pour qui ? Et après ? Et l’avenir des fonds européens ? Beaucoup de questions qui rejoignent le questionnement de ces derniers jours d’émeute dans l’île et qui ont révélé que c’est le fondement de la société libérale dans une île à identité « ravagée » qui a été remis en cause et souhaitons que notre conscientisation se développe et s’enrichisse non seulement pour une meilleure appréhension quotidienne et aussi pour une réactivité commune réfléchie et constructive.

Pourtant, les écologistes (EÉLV) ont formulé des propositions et je les reformule :   
- En matière d’emploi : nous avons ici une richesse : nos jeunes formés ou à former. Il faut donc arrêter de freiner l’autonomie, l’imagination et l’innovation et développer des générateurs d’entreprenariat et notamment dans un secteur porteur et dans lequel La Réunion a montré ses compétences : l’Économie Sociale et Solidaire : elle doit être le facteur de véritables entreprises d’insertion pérenne notamment dans les quartiers populaires urbains déjà hélas trop stigmatisés,  surtout que l’Économie Sociale et Solidaire  touche à tous les champs d’activité y compris l’accompagnement du citoyen à la transition énergétique !

Pourquoi les décideurs ne s’y intéressent pas, de quoi ont-ils peur ? Hum… : "ceux-là » ne seront pas leur prochain vivier de voix…"
En matière de priorités :
- La création d’emplois : autre champs possibles :     développement de l’emploi et de l’économie verte, rénovation écologique des habitats collectifs et individuels, industrie agro-alimentaire…

- La mise en place réelle de l'école de l'égalité et de la réussite pour tous et mettre un arrêt définitif à  la première exclusion sociale : l’autorité rectorale a la possibilité d’une flexibilité locale certaine.

Voilà quelques grands défis que nous avons à relever ensemble.

Nos enfants méritent qu’on leur laisse une Terre où ils pourront, comme nous l’avons fait, travailler, vivre presque heureux, écouter les oiseaux, regarder pousser les arbres, s’amuser dans les rivières, jouer sur la plage, respirer un air sain.

Quel sens voulons nous donner à leur vie de demain ?



Candidate EÉLVR 6e circonscription



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