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Neuf manières de faire décroître notre démographie


Dans la presse
Samedi 3 Novembre 2012

"Une population future moins nombreuse exercera moins de pression sur l’environnement, le climat et les ressources naturelles. Nous pouvons faire en sorte que le pic démographique mondial soit inférieur aux 9 milliards d’habitants attendus en 2050. Il s’agit d’un scénario de bien-être mondial sans inconvénient majeur".


Neuf manières de faire décroître notre démographie
"Il n’est pas adaptable de manière ubiquitaire, car on ne peut décemment penser démographie à l’échelle mondiale, les disparités régionales sont flagrantes, et l’on doit mesurer les nécessités démographiques à l’aune de deux autres grandeurs : la capacité de la planète à nourrir tout le monde, soit mieux répartir la nourriture, et l’empreinte écologique : 9 milliards d’habitants ne peuvent vivre comme les Etasuniens.

Voici donc 9 stratégies que l’on peut préconiser, selon le World Watch Institute (Biosphère-Infos n° 296), et que l’on doit adapter aux contextes locaux (hiver démographique dans les pays du Nord, transition démographique dans les pays asiatiques et sud-américains, croissance démographique exponentielle malgré le SIDA en Afrique, singulièrement subsaharienne) :

- Garantir l’accès de tous à de larges options contraceptives. On estime que 40 % de toutes les naissances sont non désirées. Si toutes les femmes du monde pouvaient décider de leur grossesse, le taux de fécondité passerait sous l’indice de renouvellement des générations. Quand les hommes dépensent 42 milliards de dollars par an pour leurs animaux domestiques, il suffirait de 24,6 milliards pour financer les services de planning familial.

- Garantir l’éducation de tous avec une attention particulière pour les filles. Les femmes n’ayant pas été scolarisées ont en moyenne 4,5 enfants, 3 après quelques années à l’école primaire, 1,9 avec une ou deux années de cycle secondaire. L’éducation permet aux filles d’envisager d’autres aspects de la vie que celui de la maternité.

- Eradiquer le sexisme dans tous les aspects de l’existence. Les femmes qui sont en mesure de gérer leurs biens, de divorcer et de participer à la vie sociale sont davantage susceptibles de retarder leur maternité. Car les hommes, dans la plupart des pays, tendent à souhaiter plus d’enfants que leur partenaire.

- Proposer l’éducation sexuelle. L’ignorance des jeunes fait obstacle à la prévention des grossesses. Ils ignorent comment fonctionne leur corps, comment refuser la relation non souhaitée, comment éviter de concevoir.

- Mettre fin aux politiques natalistes, qui subventionnent la fécondité de « surremplacement » (des taux au-delà de deux enfants par femme), contribuant à engendrer des populations plus nombreuses.

- Enseigner les relations entre population et environnement. Peu de systèmes scolaires dans le monde comportent un enseignement qui explique aux jeunes les interactions entre la taille de la population, l’environnement naturel et le développement humain. Une formation sur l’influence du nombre d’hommes pourrait constituer une bonne incitation à hâter la fin de la croissance démographique.

- Chiffrer les impacts sur l’environnement. Une taxe carbone permettrait aux parents de mesurer l’impact de chaque être humain, donc chaque naissance sur l’environnement. Ceci pousse à réduire les taux de fécondité puisque les couples comprennent le coût environnemental d’un enfant supplémentaire.

- S’adapter au vieillissement de la population plutôt que le retarder. Sinon les décideurs futurs seraient contraints de prendre en charge le vieillissement différé à un moment où la densité de population et les problèmes qui lui sont associés rendraient encore moins réalisable une incitation à la décroissance démographique.

- Convaincre les dirigeants à mettre un terme à la croissance démographique. La population est devenue taboue en politique, dans les affaires internationales, et même dans les médias et l’opinion publique. Or un ensemble de politiques visant à améliorer la vie des femmes, des hommes et des enfants aurait pour retombée le ralentissement démographique. Plus les gouvernements retardent les politiques préconisées, plus le monde devra gérer des populations plus denses et des augmentations du taux de mortalité.

Rajoutons que l’amélioration du niveau de vie, l’élimination de la pauvreté, de la précarité, sont des leviers majeurs pour contenir l’explosion démographique, ce qui reste tout à fait adapté au contexte réunionnais. Si l’avenir inéluctable de notre planète, après la société de croissance, est à la décroissance économique, l’un des moyens les plus sûrs d’atteindre cet objectif sans douleur est bien la décroissance démographique. Et, dans ce but, ces neuf stratégies se doivent d’être utilisées".

Dr Bruno Bourgeon, Alain Busser, membres EELVR



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