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Les quinze propositions du PCR "pour un véritable changement"


Dans la presse
Mercredi 14 Novembre 2012

Le parti communiste réunionnais apporte sa contribution à la Conférence économique et sociale de La Réunion. Tous les observateurs conviennent que le modèle actuel, prévalant à La Réunion, issu de l’intégration exclusive et mécanique à la métropole et à l’Europe, a atteint ses limites.


Les quinze propositions du PCR "pour un véritable changement"
La combinaison de la crise structurelle et de la crise conjoncturelle marque un saut qualitatif dans l’aggravation de la crise. Si rien ne change fondamentalement, le point de non retour sera atteint dans les prochaines années.

Le constat lucide de la situation et de son évolution prévisible dicte l’obligation du changement. C’est ce rendez-vous qui est fixé à la conférence économique et sociale.

Il s’agit de rompre avec la société post-coloniale actuelle découlant du régime de l’intégration pour ouvrir la voie à la nouvelle étape du développement durable.

C’est cette vision qui, à nos yeux,  doit être partagée par les différents acteurs - Etat, élus, acteurs économiques, acteurs sociaux, monde culturel - si nous assignons à la conférence économique et sociale l’ambition d’amorcer un véritable changement, par  des mesures novatrices et audacieuses, s’inscrivant dans un cadre global et cohérent, et  dans une perspective d’avenir tout en prenant en compte l’urgence de la situation.

Le changement devra se réaliser à tous les niveaux :

- la construction d’un nouveau modèle de développement, véritablement durable, fondé sur l’autonomie énergétique, c’est-à-dire tournant le dos aux énergies fossiles ; c’est ce que certains appellent "l’économie verte", qui est le défi posé à l’humanité à l’aube du nouveau siècle ;  cette perspective doit également se traduire par une révolution dans les modes de déplacements avec la priorité au transport ferroviaire. Ce nouveau modèle de développement prend aussi en compte l’objectif de l’autonomie sur le plan alimentaire. La Réunion dispose de tous les atouts pour atteindre ces objectifs ;

- une nouvelle stratégie de développement rompant avec "l’économie de comptoir" et la dépendance exclusive avec la métropole, et ouvrant La Réunion sur son environnement géographique de l’océan indien,  en plein essor démographique et économique ; La Réunion doit relever le défi de sa double intégration à l’ensemble européen et à son environnement régional ;

- un nouveau contrat social afin de bâtir une société plus juste, de définir une nouvelle politique des revenus, et de mieux orienter les flux financiers vers le développement économique et la cohésion sociale ;

- une nouvelle gouvernance avec des responsabilités accrues par la création  de nouveaux outils juridiques et de nouveaux moyens financiers, au service du développement ;

- Une nouvelle priorité au développement humain, par l’investissement massif en faveur de la formation et de la jeunesse, la priorité d’accès des Réunionnaises et Réunionnais à l’emploi,  et la valorisation de l’identité et de la personnalité réunionnaises sur tous les plans.

Afin de réaliser ces objectifs, nous proposons 15 mesures prioritaires et significatives, marquant la rupture avec la situation actuelle et ouvrant la voie, dès maintenant,  à un  changement radical.

Ces mesures prioritaires sont les suivantes :

Mesure n°1 : décréter un "moratoire" concernant les postes à pourvoir dans la fonction publique : pendant une période de 15 ans, aucun poste à pourvoir dans la fonction publique à La Réunion ne doit être mis au "mouvement national" dès lors qu’il existe un Réunionnais ayant réussi le concours, ou un fonctionnaire originaire de La Réunion,  qui  est candidat pour occuper le poste.

Mesure n°2 : tout employeur ne pourra recourir à un recrutement extérieur que s’il dispose d’une  attestation de carence de compétence locale établie par Pôle Emploi.

Mesure n°3 : créer un établissement public regroupant l’ensemble des acteurs concernés – associations, syndicats, organismes qualifiés, collectivités, Etat - chargé d’opérer les recrutements, la formation  et la gestion des emplois aidés intervenant dans les secteurs des services à la personne et de l’environnement ; les emplois d’avenir doivent également être gérés par ce nouvel établissement public local.

Mesure n°4 : créer un statut d’"acteurs de co-développement" pour les jeunes diplômé-e-s réunionnais-e-s, dans l’esprit du dispositif des "volontaires du progrès" de l’Alliance française, afin d’offrir des opportunités nouvelles d’emplois pour nos jeunes, de favoriser la coopération régionale et l’ouverture de La Réunion sur son environnement.

Mesure n°5 : réaliser la construction de 30.000 logements sociaux sur la durée du quinquennat en mobilisant les moyens existant et à venir : programmation pluriannuelle de la LBU, défiscalisation, déclinaison et de la loi Duflot outre-mer, crédits d’impôt, solutions innovantes pour favoriser l’auto-construction… etc

Mesure n° 6 : rétablir la priorité au transport ferroviaire, seule solution pour éviter le coma circulatoire,  en renégociant les "Accords de Matignon" dans l’esprit de sa version initiale.

Mesure n° 7 : rétablissement des tarifs d’achats des énergies renouvelables par EDF, à un niveau suffisamment  attractif.

Mesure n° 8 : introduire dans les marchés publics une clause générale permettant de donner un accès prioritaire aux producteurs locaux sur la base de dérogations juridiquement fondées sur l’article 73 de la Constitution et de l’article 349 du Traité de l’Union européenne.

Mesure n°9 : prolongation durant une période de 3 ans reconductible,  du RSTA et des exonérations de charges sur le bonus salarial "COSPAR", compte tenu de la persistance et de l’aggravation de la crise, et de la détérioration du pouvoir d’achat de la majorité des ménages.

Mesure n°10 : ouvrir d’urgence le chantier de l’harmonisation des revenus, car la politique des revenus en vigueur depuis 65 ans crée un véritable apartheid social avec des salaires bénéficiant d’une indemnité de vie chère et d’autres revenus qui n’en bénéficient pas alors que le coût de la vie est le même pour tous. Ce chantier doit s’ouvrir sur la base des principes suivants :
- concertation la plus large avec tous les acteurs concernés
- pas de bouc émissaire et respect des droits acquis des personnes en poste
- neutralité budgétaire : les épargnes et économies réalisées doivent être versées dans un fonds réunionnais de développement
- étaler la  réforme sur une période de 20 ans permettant d’éviter des effets non maitrisés afin de garantir et concilier efficacité économique et justice sociale.

Cette nouvelle politique des revenus doit notamment permettre de réaliser l’unité réelle de la fonction publique d’Etat, territoriale et hospitalière, et créer les conditions favorisant l’intégration dans la fonction publique de tous les agents permanents contractuels, en particulier des employés communaux, avant la fin du quinquennat présidentiel ainsi que l’accès des Réunionnais(e)s aux emplois de la fonction publique.

Mesure n°11 : Créer un fonds réunionnais de développement, articulé avec la future banque publique locale d’investissement, ouvert à l’épargne de tout contribuable et alimenté par des recettes nouvelles (prélèvement  sur les recettes de la françaises des jeux et du PMU réalisée à La Réunion, prélèvement sur les bénéfices réalisées à La Réunion par des entreprises dont les sièges sont à l’extérieur de La Réunion, taxe sur la plus value foncière, détermination d’une fiscalité verte, etc)

Mesure n° 12 : créer, sur la base de l’article 72 de la Constitution, une nouvelle Assemblée territoriale, se substituant à la Région et au Département,  dotée de compétences élargies au service de la nouvelle étape du développement (nouvelles compétences dans les domaines de la coopération régionale et internationale, l’économie, la pêche,  la fiscalité), élue au scrutin de liste à la proportionnelle intégrale et respectant les principes de la parité et du non cumul des mandats

Mesure n°13 : créer d’une compagnie maritime régionale, de nature à favoriser la diversification des sources d’approvisionnement de La Réunion et son insertion dans son environnement géo-économique

Mesure n° 14 : exiger la maitrise de la langue créole par tous les enseignants, notamment dans les écoles primaires, et enseignement obligatoire de l’histoire et de la géographie de La Réunion dans tous les programmes scolaires

Mesure n°15 : valoriser l’identité et l’unité réunionnaises par la réappropriation de l’Histoire, la réhabilitation des lieux de mémoire, la défense de la langue créole  et la  relance du projet de maison des Civilisations et de l’Unité réunionnaise.

L’alternative est aujourd’hui clairement posée : le statu quo ou le véritable changement ; c’est-à-dire, ou des mesures se limitant à  aménager le cadre actuel, ou des mesures rompant réellement avec la société post coloniale.

Le choix des mesures qui seront prises en compte éclairera sur la portée de cette conférence économique et sociale.

Le Secrétariat du PCR



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