sak ifé nout jordu ék nout demin

Les Régions au cœur du nouvel acte de décentralisation : Politique linguistique / Langues et cultures régionales


Dans la presse
Mercredi 10 Octobre 2012


Les Régions au cœur du nouvel acte de décentralisation : Politique linguistique / Langues et cultures régionales
Contexte
En 2008, un article 75-1 a été introduit dans la Constitution, aux termes duquel « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Cependant en 2011, le Conseil constitutionnel a estimé que cet article n'accorde aucun droit aux langues régionales puisqu’il "n'institue pas un droit ou une liberté que la Constitution garantit ".

La politique en faveur des langues régionales doit faire l'objet d'un débat dans la préparation de l’acte III de la décentralisation. Il s'agit à la fois de donner un statut à ces langues, mais aussi de clarifier la question des compétences des divers niveaux de collectivités publiques, et particulièrement de dire qui a en charge la question des langues.

Si la Région (ou l'interrégionalité pour certaines langues) est le cadre qui doit permettre le développement d'une politique linguistique publique, l'État ne saurait éluder ses responsabilités dans ce domaine, même s’il ne peut répondre seul de façon efficace et satisfaisante aux exigences d'une politique qui nécessite la prise en compte de la diversité des situations et des demandes.

La Région doit être au centre de la mise en place des politiques linguistiques qui seront d'autant plus efficaces que l'État aura affirmé sa volonté de les soutenir en ratifiant notamment la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Principe général
Dans le champ de la politique linguistique et culturelle en faveur des langues "régionales", les Régions qui comportent une ou deux langues régionales ont pris des initiatives majeures, devenant de fait, une sorte de "chef de file". Dans ce domaine, une politique menée régionalement ou interrégionalement sur ces langues est plus pertinente qu’une politique uniforme qui serait mise en place par l’État. Mais dans les champs de l’éducation ou de l’audiovisuel, le fait que l’État ne semble pas déterminé à avancer dans certaines régions, rend impossible une politique volontariste.

Compétences
Gouvernance et compétences partagées

Les Régions pourraient donc bénéficier d'un transfert de compétence de la politique en faveur des langues régionales. Le rôle de chef de file des Régions serait confirmé et elles joueraient un rôle de coordination entre les services de l’État, les Départements, les Communes et les Intercommunalités.

La responsabilité de l'État doit être précisée dans un texte législatif (loi cadre) reconnaissant aux langues régionales un statut. L'État y affirmerait son engagement à préserver et développer les langues régionales. Cette loi cadre permettrait de prendre en compte la diversité des situations et des expériences (statut corse, situation particulière de telle ou telle langue).

Les Régions pilotent un schéma de développement de la langue régionale dans leur territoire, sorte de projet de territoire pour la langue et la culture régionales. Le pilotage se fait au sein de conférences entre les exécutifs locaux, entre élus en charge de cette question.

Transmission de la langue (éducation / formation)
Il s’agit d’élargir les dispositions de la loi Fillon1 sur les conventions Région – Rectorat. Afin de développer significativement l’enseignement bilingue au sein des trois filières (public, privé associatif, privé confessionnel), la responsabilité doit être partagée entre l’État et les collectivités pour implanter l’enseignement de la langue sur un territoire (carte des sections bilingues et des sections avec enseignement optionnel). Il s’agit également d’adapter les programmes d’histoire aux réalités régionales.

Les moyens et les postes nécessaires sont négociés entre l’Etat et la Région, avec une prise en compte effective des besoins qui s’expriment sur le terrain. On pourrait imaginer par exemple que l’État prenne en charge la formation et le recrutement des professeurs, la région s’occupant des matériels pédagogiques et co-gérant l’affectation des ressources en fonction des cartes d’implantations de l’enseignement.

En termes d’outils, la création d'offices publics pour chacune des langues régionales semble être une bonne solution (cf. rapport des inspecteurs généraux sur l'office public de la langue basque). Elle fonctionne de façon satisfaisante pour la langue basque. Il existe un office public de la langue bretonne, un office pour la langue et culture alsacienne et un office public de la langue occitane est en gestation entre trois régions, les autres régions concernées par la langue occitane étant invitées à s'y associer.

Ces outils répondent à des besoins spécifiques et prennent en compte des réalités comme l'interrégionalité (concernant l'occitan par exemple) ou la réalité d'autres langues comme le basque qui est dans une situation infrarégionale et transfrontalière.

Le soutien de l'État à ces offices (existants ou à naitre) doit être affirmé (participation aux conseils d'administration, participation financière, acceptation de ces offices comme lieu de concertation).

Médias et Audiovisuel
Il faut favoriser l’émergence de véritables médias en langue régionale. La création d'un service public de l'audiovisuel en charge des langues régionales est un élément fondamental.
Cette création peut se faire par le biais des Régions.

Il faut imaginer des moyens de financements. Pourquoi ne pas donner aux Régions une part de la redevance, comme cela était proposé dans la proposition de loi de 2010 "relative au développement des langues et cultures régionales" ?

LCR



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Les commentaires

1.Posté par Armand GUNET le 10/10/2012 20:15
Le breton, l'alsacien, le basque et l'occitan sont bel et bien des langues régionales françaises.
Le créole réunionnais, le créole antillais, le chti, le berrichon etc sont parmi les patois de France.
La langue régionale est une grosse cylindrée, le patois une petite cylindrée.
Le créole réunionnais est comme la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf.
Restons humbles !
Comme dit Michel Admette dans une de ses compositions : "Moin, mi aime mon patois".

2.Posté par Les Dames du catéchisme le 11/10/2012 07:18
Gunet mon brave tu as un beau pseudo,

Il semble que tu vis dans le même pays que moi, où personne ne t'empêche de respirer, pourquoi veux-tu absolument diminuer ce qui fait l'existence, la culture : la langue de ces habitants…

Tout cela juste parce que tu n'est pas bien dans ta peau et que tu n'as pas eu ton harmonium, instrument d'amusement pour dame de catéchisme !!!

Tu devrais quand même respecter les 800 000 êtres humains qui vivent sur cette île et qui communiquent grâce à ce que tu dénomme "patois de petite cylindrée", à l'instar d'une Margie Sudre inconséquente et oubliée.

Ce qui m'embête avec toi, c'est que la créolisation des choses et des êtres ne soit pas efficace sur toi, peut-être à cause justement de l'étroitesse de ton cerveau qui serait de petite cylindrée…

Comme dit mon voisin "mi aime pas boug i signe Armand Gunet, on dirait lu sorte l'autre côté !"

3.Posté par Chloé le 11/10/2012 11:34
Pas du tout d'accord avec le commentaire d'Armand Gunet. Le kreol réunionnais a toute sa place comme langue régionale. C'est encore la langue maternelle de nos marmayes, un formidable atout pour devenir bilingues. Encore faut-il toute une mise en place à l'école, au collège, au lycée. Je ne reviens pas sur l'article qui fait le tour de la question. Mais parler du kréol comme un patois est une insulte : c'est le terme employé pour le rabaisser comme on l'a fait à une époque pour le corse, l'occitan ou le breton. C'est l'odeur du mépris qu'a eu la France pour toutes ses langues régionales. Malgré tout elles ont su survivre, malgré tout elles vivent. C'est un joli cadeau offert aux jeunes générations ! Une langue, ce n'est pas rien. C'est l'Histoire, c'est la culture, c'est le pilier de notre vie. On attend avec impatience le nom des rues en kreol, comme à Toulouse on les trouve en Occitan ou en Corse en corse. En Bretagne, les magasins eux-mêmes ont leur enseigne en breton. Il ne faut pas se laisser emporter par des réactions malsaines qui n'apportent rien : nou lé pas plu, nou lé pa moin" , continuons d'avancer.

4.Posté par Gérard Jeanneau le 11/10/2012 17:26

Chloé, ne remuez pas votre bile à ce point-là ! Un patois est une langue. Les linguistes n'ont pas vocation à établir une hiérarchie entre les parlers. Ils ne voient que la syntaxe et le vocabulaire, les empreints à d'autres langues. Que vous fassiez tout pour que le créole ait l'importance qu'a eue l'attique, c'est parfaitement votre droit ! Personnellement, j'adore mon patois vendéen si proche de l'ancien français même si sa syntaxe est pauvre et le vocabulaire de même, au point qu'il n'a pas réussi à se fixer par des textes écrits. Cessez de faire un complexe d'infériorité. Cessez de suivre les pitoyables linguistes de L'Ofis la lang qui se croient linguistes alors qu'ils ignorent à peu près tout de la lexicographie et de la sémantique.

Le créole a une particularité qu'on ne trouve dans aucune autre langue régionale : il est disséminé un peu partout, surtout dans l'hémisphère sud; il y a entre eux des variantes très nombreuses. Un professeur de créole réunionnais aura de la peine à avoir un poste en Martinique, comme il aura de la peine à remplacer un professeur de français, qui, lui, a obligatoirement fait du latin ou du grec attique, les racines du français.

Que chacun s'occupe de son domaine ... et les vaches seront bien gardées.

5.Posté par Aline le 11/10/2012 22:47
Le patrimoine réunionnais est imbibé par notre langue créole. C’est la première manifestation du génie d’un peuple qui a permis les échanges entre les différents peuples venus s’installer dans notre île. Ce patrimoine linguistique a construit notre identité réunionnaise.
Notre langue a favorisé cette belle création artistique, littéraire, musicale (le maloya, le séga).
Notre langue a permis la lutte qui se dessine dans toutes nos batailles remportées comme la liberté.
Notre langue créole c'est notre histoire, notre culture matérielle et immatérielle.
Pourquoi certains soit disant intello se permettent- ils de réduire la langue kreol à un patois?
Au même titre que les autres langues, le créole a toute sa place: c'est l'histoire d'un peuple, d'une civilisation, c'est l'histoire des Hommes vivant sur une île : île de la Réunion. Nout lang nout kiltir, nout vi, nout zatboutan,

6.Posté par Les oeillères le 12/10/2012 10:01
Y en a qui répondent à mon post sans même l'avoir lu. C'est qu'ils ont mis des oeillères !!!
Normal qu'après ils (elles) racontent des âneries.
Et tous ces gens ont une différence fondamentale avec moi : ne pas être suffisamment couillu(e)s pour signer !
Armand Gunet

7.Posté par Chloé le 12/10/2012 12:47
à Gérard Janneau. Je sais lire et le commentaire auquel j'ai répondu faisait bien une hiérarchie entre patois et kreol. Cette hiérarchie n'est plus de mise. Aujourd'hui les langues régionales sont reconnues, le kreol comme le Breton ou le Corse. Au même rang. Quand à votre "chacun son métier et les vaches seront bien gardées" vous devriez vous y conformer. La Martinique est dans l'hémisphère nord et non sud. Son créole n'est pas celui de la Réunion parce que l'Histoire de la Martinique n'est pas celle de la Réunion, son peuplement n'a pas été le même. Pourquoi voudriez-vous faire remplacer un professeur de français par un professeur de créole ? Demanderiez-vous la même chose à un professeur de mathématiques ou d'anglais ? Vous étayez votre argumentation fallacieuse par les études de langues anciennes (latin, grec) qu'auraient fait les professeurs de Français, vous oubliez qu'il y a un CAPES de français lettres classiques qui prévoient effectivement un certain niveau de latin et de grec, mais il y a un CAPES de français-lettres modernes qui ne prévoit qu'une initiation en langues anciennes. Ces deux voies de Capes sont avec l'agrégation, celles qui mènent au professorat de français. Je vous rappelle aussi que bien des professeurs de langue régionale ont double licence : celle de français et celle de langue régionale. La Réunion accuse peut-être un retard là-dessus parce que le Kreol a été au départ, méprisé ainsi que le démontre votre commentaire et celui de Gunet, sauf s'il ne s'agit que d'une seule et même personne.

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