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Le gouvernement travaille "pour la réinstauration des cours d’éducation à la sexualité"


Édito
Jeudi 1 Novembre 2012

Huguette Bello, députée de La Réunion, a interrogé la ministre de la femme, Najat Varraud-Belkacem.


Le gouvernement travaille "pour la réinstauration des cours d’éducation à la sexualité"
Huguette Bello : "Ma question porte sur la contraception chez les jeunes et l’interruption volontaire de grossesse qui viennent de connaître, l’une et l’autre, des évolutions législatives importantes.

Alors qu’à la Réunion, le taux de fécondité a évolué de manière spectaculairement rapide puisqu’il est passé, en l’espace de cinquante ans, de 6 à 2 enfants, le nombre d’IVG chez les mineures et celui des grossesses précoces demeurent à un niveau élevé depuis une dizaine d’années.

Les IVG concernent pour moitié des très jeunes femmes âgées de moins de 25 ans parmi lesquelles de trop nombreuses mineures: Six cents jeunes filles recourent à cette solution ultime chaque année.

En outre, environ six cents bébés naissent chaque année de mères mineures dont certaines ont parfois moins de 14 ans. Ils représentent environ 4 % du total de naissances. Ces grossesses précoces, nous le savons, ont des conséquences parfois lourdes en termes d’équilibre psychologique, de santé, d’insertion professionnelle et sociale des jeunes mineures. Elles entraînent souvent l’abandon du système scolaire. Elles ne sont pas non plus sans conséquence pour l’enfant.

Ces chiffres révèlent que les dispositifs et les campagnes d’information sur la contraception ont atteint leurs limites. Tout comme en France continentale d’ailleurs. Ils font aussi craindre une plus grande banalisation de l’IVG chez les très jeunes femmes

Ma question concerne donc l’information et la prévention : est-ce que les nouvelles mesures sur le remboursement de l’IVG et l’accès des plus jeunes à la contraception s’accompagneront de campagnes d’information sur la sexualité et la contraception?

La loi du 4 juillet 2001 qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la santé et à la sexualité à l’école sera-t-elle renforcée ?"


Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre : "Comme vous l’avez souligné, le remboursement à 100 % des contraceptifs est déjà un pas important. Mais l’essentiel est à venir. Le travail se poursuit pour assurer la garantie de l’anonymat de ce remboursement, qui est un élément fondamental pour son efficacité.

Pour envisager plus globalement notre politique en la matière, je rappelle que nous sommes confrontés à un défi très particulier, marqué par un recul rapide de l’accès des mineures à la contraception et un recours toujours trop important à l’avortement.

Par ailleurs, les deux tiers des IVG pratiquées aujourd’hui le sont sur des femmes qui étaient sous contraceptifs. Là encore, cette donnée doit nous interpeller. Les échecs contraceptifs renvoient à l’adaptation des modes qui ont été choisis et utilisés par chaque femme. La question financière se pose, car tous ces modes de contraception n’ont pas le même prix, mais il y a aussi plus largement la question de l’éducation des jeunes filles, et de leur connaissance de ces différents modes.

C’est pourquoi nous avons voulu lancer une réflexion avec les conseils régionaux qui ont mis en œuvre le dispositif du "pas contraception" et qui ont une certaine expertise de cette question. Ils sont prêts à renforcer le lien avec le ministère de l’éducation nationale, avec lequel nous travaillons pour réinstaurer les cours d’éducation à la sexualité.

Ces cours sont censés être monnaie courante depuis 2001, mais nous savons qu’ils n’ont pas été mis en œuvre, ou alors dans le cadre des cours de sciences de la vie et de la terre, ce qui n’était pas la logique de cette éducation à la sexualité. Nous serons en mesure de vous proposer des évolutions concrètes dès le début de l’année 2013.

Enfin, j’ai souhaité que l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé lance une campagne nationale d’information sur les méthodes contraceptives. L’INPES a déjà conduit une campagne sur la contraception d’urgence au mois de juin dernier. Elle nous a permis de prendre conscience qu’en 2010,  chez les femmes âgées de 18 à 24 ans, la dernière grossesse n’était pas planifiée dans plus de 48 % des cas. Là encore, il va falloir travailler, informer et prévenir davantage. C’est une condition essentielle si l’on veut que la contraception trouve son efficacité.

J’ai également évoqué le travail demandé à la Haute autorité de santé pour qu’elle formule des recommandations aux professionnels de santé sur les différents modes de contraception".

Assemblée nationale



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