sak ifé nout jordu ék nout demin

La classe politique est obsédée par les élections et les mandats, mais où est le projet pour La Réunion ?


Dans la presse
Mardi 19 Mars 2013

La Droite impose "l'union absolue" dans les 24 communes pour les Municipales 2014. Le Progrès (PS) préfère les Primaires citoyennes (comme pour la Présidentielle) pour désigner la tête de liste dans chaque ville. Le PCR continue de se reconstruire pour peser sur le scrutin municipal. Le PLR d'Huguette Bello et le LPA de Thierry Robert se structurent également… Qui a déjà son projet de développement pour les communes ?


La classe politique est obsédée par les élections et les mandats, mais où est le projet pour La Réunion ?
Arrêtons de geindre sur la pauvreté intellectuelle de notre classe politique, sur la nullité du niveau des débats politiques, et à fortiori de l'absence d'une vision lucide, pratique, réaliste et efficace, d'un projet de développement politique, économique, social et environnemental pour La Réunion. C'est un fait. Nos politiques sont plus enclins à négocier la baisse du prix du carburant, de la bouteille de gaz, du bouclier qualité prix et du volume de contrats aidés (et de leur durée), que d'imaginer notre île après 2030.

Et l'entrée dans l'année pré-électorale des Municipales 2014, offre une opportunité supplémentaire à nos dirigeants de montrer combien ils sont déjà dans ce scrutin et également dans ceux des Cantonales et des Régionales 2015. Et c'est vrai au sein de tous les partis et mouvements. La semaine dernière, la Droite s'est fixé une feuille de route. "Neuf sages" (trois de l'UDI, trois de l'UMP et trois de La Réunion en confiance" vont travailler à proposer un candidat de l'Union dans les 24 communes.

Si l'objectif, à prime à bord, peut paraître louable, il est clair que certains ont déjà l'esprit aux Régionales 2015. Entre ceux qui veulent garder leur(s) mandat(s) et les autres qui tentent d'en retrouver ou d'en obtenir un, l'union de la Droite se prépare dans un contexte de rancœur, de vengeance (2010) et de règlements de comptes. Il ne s'agit pas ici seulement de Jean-Paul Virapoullé et d'André Thien-Ah-Koon. Didier Robert sera sans doute surpris lorsque l'UMP et l'UDI lui demanderont ce que pèse réellement La Réunion en confiance sur l'échiquier local.

C'est exactement ce que veut savoir Patrick Lebreton, président du Progrès à propos de Gilbert Annette, l'actuel homme fort du PS. La proposition de d'organiser des Primaires citoyennes pour les Municipales 2014 et les Cantonales et les Municipales 2015, va permettre de jauger qui des socialistes du Sud ou du Nord, sont les plus représentatifs de leur parti, mouvement et population. Le PCR n'a pas à répondre à cette interrogation. Le principal souci des communistes, c'est de retrouver une crédibilité, une légitimité et un électorat. Alors que Thierry Robert (LPA) et Huguette Bello (PLR) veulent installer durablement leur mouvement dans l'espace local.

Les Municipales 2014, et les Cantonales et les Régionales 2015, sont des opportunités pratiques et efficaces pour y parvenir. C'est logique. Le verdict des urnes étant la première reconnaissance populaire et politique. Et malheureusement, c'est la seule, la plupart du temps, qu'utilise notre classe politique pour alimenter et animer le débat politique. Et cela à l'extrême. Car, obtenir ou garder un ou plusieurs mandats, a pris le pas depuis bien longtemps sur la mission du ou de la politique : gérer la cité et proposer un projet de développement à long terme pour La Réunion.

Chaque stratégie développée n'est définie qu'à l'approche d'une ou plusieurs échéances électorales. C'est à nouveau le cas pour les Municipales 2014 et les Cantonales et les Régionales 2015. A Droite et à Gauche, c'est désormais le branle-bas de combat. La feuille de route est simpie : "Il faut gagner les Municipales 2014, pour gagner les Cantonales et les Régionales 2015". Il s'agit soit de "municipaliser les Régionales", soit de "régionaliser les Municipales". C'est selon. Et c'est une autre ineptie.

Encore une fois, la politique politicienne, la boulimie des mandats, les ambitions personnelles, ont pris le pas sur l'essentiel : le développement de La Réunion. Et son devenir...




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Les commentaires

1.Posté par ludovic leste le 19/03/2013 08:07
C'est la bonne question!!

2.Posté par Electeur974 le 19/03/2013 11:26
Oui la campagne semble bien lancée ! Mais pour qui...? Mais pour quoi...?
Entre un PS pourtant aux manettes qui plonge dans la dissidence, une UMP divisée qui n'a toujours pas fait le bilan de ses défaites et de ses querelles intestines, un PCR dont la vieille garde ne veut pas partir et qui nous fait croire en son changement, une UDI qui rassemble tous les déçus et les égarés, un PLR qui tente de donner une chance à tous les ambitieux, un LPA qui n'a pour projet que les délires de son "Chef Vénéré", une EELVR qui apparaît focalisée sur la nouvelle route du littoral et un FNR déjà amputé par son inéligibilité...!
Alors quel choix politique et quel programme économique, social et environnemental les électeurs réunionnais vont-ils avoir réellement ?
Les petites réunions vont bon train, les ententes de circonstance sont déjà dans les cartons, les accords se paufinent, le partage des postes est en cours...! Mais pour qui...? Mais pour quoi...? En tout cas, pas pour les citoyens, pas pour les contribuables, pas pour les électeurs...
Encore des campagnes électorales pour des intérêts particuliers ou pour l'intérêt général ?
A suivre...

3.Posté par YANIS PAYET le 21/03/2013 09:04
Que la presse locale sorte des sentiers battus sans issue, qu'elle s'intéresse un peu plus aux partis émergents et démocratiques ! Elle sera surprise par la qualité des projets que portent ces oubliés de l'espace médiatique, pour le pays, pour l'intérêt général. Après tout, c'est une question point de vue...


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