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L'égalité républicaine, c'est aussi donner leur chance aux Réunionnais qui le méritent


Citoyen
Mercredi 9 Mars 2016

La nomination de M. Marimoutou aux fonctions de Recteur de la Réunion a été saluée comme il se doit comme une étape importante dans l’accession des Réunionnais aux plus hauts emplois locaux de l’Etat. Les postes de direction de l’Etat dans ce département ont historiquement été réservés à des fonctionnaires venus de métropole et cette situation a prévalu jusqu’à ces toutes dernières années, quelques rares nominations récentes venant néanmoins montrer un début « d’ouverture ». Le choix fait aujourd’hui pour un emploi pourvu au plus haut niveau, c’est-à-dire en conseil des ministres, est vécu à juste titre comme un symbole et la confirmation d’une évolution tant attendue.


Des critiques et réactions négatives se sont fait entendre, dans le droit fil d’une réticence et parfois  d’une franche opposition à toute politique même partielle de régionalisation de l’emploi, considérée comme le début d’un processus de  « préférence régionale »  contraire aux principes républicains et constitutionnels.

Il aurait « mieux valu se taire », a-t-on même pu lire à propos des réactions de tous ceux qui se sont félicités  d’une telle nomination. 

Pourquoi les Réunionnais devraient-ils se taire alors même que deux Présidents de la République successifs ont considéré comme légitime cette vocation à apporter à son territoire ses compétences et sa connaissance du contexte ?  Après des décennies d’absence sur des postes importants de leur département et le sentiment justifié d’y être écartés systématiquement, il n’y a rien d’inconvenant à ce qu’ils se réjouissent publiquement de l’avancée constituée par la nomination de M. Marimoutou. 

Ils ont d’autant plus de raisons d’être satisfaits qu’ils n’ont jamais demandé des affectations qui feraient passer au second plan les compétences professionnelles requises. Il ne s’agit pas non plus d’instaurer  une priorité de nomination en fonction de l’origine, ce qui n’est pas permis  par la Constitution, mais de prendre aussi en compte parmi les critères de choix la connaissance du contexte. Critère qui était écarté jusqu’ici, cette connaissance devenant curieusement pénalisante… Privilégier par principe les natifs serait ensuite une sorte d’enfermement,  peu compatible avec une administration efficace et dont on attend aujourd’hui qu’elle soit ouverte et innovante. Enfin personne ne l’a jamais demandé ni à la Réunion ni ailleurs outre-mer.

Ce que les Ultramarins ne pouvaient plus admettre c’est leur  exclusion de fait des postes à responsabilités dans les administrations de l’Etat, alors que le vivier de compétences existe Au nom du principe d’égalité entre autres raisons,  on a mis en œuvre une pratique en réalité inégalitaire car plus strictement appliquée outre-mer qu’en métropole, humainement plus contraignante, privant d’une part importante de leurs élites des territoires marqués par des spécificités profondes. La nomination  de notre Recteur est à cet égard un pas vers cette égalité réelle – qu’on peut traduire aussi par équité et justice -  que le Président de la République a décidé d’inscrire dans la loi. 

 

Il s’agit en définitive d’admettre un principe, celui de la reconnaissance du fait ultramarin dans ce domaine comme dans d’autres, et une pratique qui en est le corollaire, celle d’une administration locale de l’Etat plus représentative du territoire. Leur négation  ne peut qu’engendrer une accumulation de frustrations et  sera de plus en plus difficile à justifier.

Le 8.03.2016.

 

Préfet honoraire


Jean-Marc BÉDIER



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