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L'autonomie fait débat : "Pourquoi on n'entend pas plus la voix des départementalistes"


Dans la presse
Vendredi 22 Mars 2013

Alors que de nombreux politiques réfléchissent à la possibilité d’une évolution du statut de la Réunion dans le cadre l’acte III de la décentralisation, la voix des départementalistes semble inaudible…


L'autonomie fait débat : "Pourquoi on n'entend pas plus la voix des départementalistes"
Plus de soixante-sept ans après la départementalisation des quatre colonies historiques, le débat sur l’évolution de leur statut n’a jamais réellement pris fin. Si en 2009 Mayotte a fait le choix de la départementalisation, celle-ci est remise en question dans les départements d’outre-mer.

En 2010, après avoir refusé une autonomie à proprement parler, les électeurs de Guyane et de Martinique se sont prononcés pour la création d’une collectivité unique qui exercera à compter de 2015 les compétences dévolues aux départements et aux régions.

A la Réunion, nous assistons au retour d’un discours autonomiste, qui semble dépasser les clivages d’autrefois. Il semblerait que certains aient oublié que l’histoire politique de l’île s’est structurée autour de ce débat.

Michel Debré  disait en 1974 : "Il y a entre la France et la très lointaine et très petite Réunion un pacte qui ne peut être déchiré sans tragédie pour les habitants de l'île, et sans amoindrissement du prestige français. De ce pacte le patriotisme des Réunionnais est le premier garant"

Ces mots n’ont pas vieilli et pourtant semblent avoir été oublié par certains…

Comment comprendre qu’un homme comme Alain Bénard, après avoir été premier magistrat de la commune de Saint-Paul  un maire dont le père lui-même a été maire de cette commune et même parlementaire de la République puisse se faire apôtre de l’autonomie ?

N’a-t-il pas oublié que la commune de Saint-Paul abrite la grotte des premiers Français ? Lieu hautement symbolique de notre histoire et dont le nom suffit à faire comprendre que la Réunion n’a jamais été que française.

D’autres ont compris que le destin de la Réunion ne pouvait s’écrire sans celui de la France car notre Constitution a fait de la France une République une et indivisible. La simple volonté d’autonomie demanderait alors la révision complète de la Constitution.

Il y a 10 ans, Jean-Paul Virapoullé l’avait compris ; en déposant un amendement à l’article 73 alinéa 5 de la constitution, il a permis de préciser que la création d’une assemblée unique en remplaçant la région et le département ne pourrait se faire sans la consultation préalable des électeurs des régions citées dans l’article 72 alinéa 4 de la Constitution dont fait partie Réunion.

Cet amendement a permis de  garantir la stabilité institutionnelle de l’île. Malgré cela il a soulevé la critique, Michel Vergoz (Sénateur PS) l’a récemment qualifié "d’amendement de mépris" ; mais qu’y a-t-il de méprisant à vouloir assurer  à la Réunion une destinée commune avec la France ?

Ces volontés de repli sur soi m’inquiètent d’autant que pour l’instant personne ne se lève pour dénoncer ces prises de position. Il n’y a pourtant rien de vertueux, rien de vrai et rien de constructif à entreprendre ces démarches si ce n’est d’aller au-devant de problèmes encore plus graves.

Il est révoltant que personne n’ai le courage de dire qu’être Réunionnais c’est être Français tout en affirmant que La Réunion et les Doms sont une chance pour la France. Une chance pour que la France conserve son rôle de puissance diplomatique et politique. Rompre ces liens seraient dangereux car ils garantissent la présence mondiale de la France dans le monde mais rompre ces liens mettraient également en danger le développement économique de nos territoires.

Quelles perspectives politiques si un territoire ne peut être viable économiquement ? Quels pays de la zone des Mascareignes peuvent aujourd’hui s’inscrire  dans une perspective de développement commun avec la Réunion ? La différence de pouvoir d’achat et du coût de la vie résout d’emblée cette question….Cette perspective n’est actuellement pas viable, dire le contraire relève du mensonge.

Ne serait-il pas plus louable de se battre pour réduire les inégalités sociales, reconstruire le tissu économie local, chercher des solutions pour faire baisser le chômage ? Faire en sorte que la jeunesse des Doms ait la possibilité de se former, et de travailler.

Au lieu de cela on cherche à détourner les populations des vrais problèmes en créant un débat qui n’a pas lieu d’être mais ça, personne ne le dit….

Julien Hoarau



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Les commentaires

1.Posté par Jako le 22/03/2013 06:21
Se battre pour "réduire les inégalités sociales, reconstruire le tissu économie local, chercher des solutions pour faire baisser le chômage…", c'est justement chercher un autre chemin que celui qui a été emprunté ou confisqué par les Virapoullé et Verges depuis 60ans !
Rouv ton zyé, au lieu de colporter les mêmes bêtises…
Julien Hoarau c'est qui ? Un proche du FN qui ne voit pas d'évolution de La Réunion sans la mère patrie ? Si c'est cela, nous avons déjà Otto-Bruc…

2.Posté par l'autonomie, facteur de développement le 22/03/2013 06:39
Monsieur Julien , vous n'avez rien compris
d'abord je vous conseille de vous inscrire dans une case à lire
ensuite l'autonomie prônée par notamment Alain Bénard n'est pas une autonomie séparatiste
Bien sur que la Réunion est une terre qui a été conquise et surtout exploitée par les Français
bien sur que la Réunion est une RUP
Aujourd’hui tous les pays ouverts sur la mondialisation optent pour une politique qui tiennent compte de leurs spécificités à la fois géographique, culturelle, démographique ...
je vous invite à revoir et revoir le vocabulaire du mot autonomie
La Réunion est une île avec ses richesses
Que ces richesses se capitalisent s'ajoutent à celles des autres pays
que ces richesses soient exploitées pour faire avancer la Réunion et non ces pays lointains
Que les Réunionnais valorisent leur secteur touristique, culturelle, agricole,...
que nous nous tournons vers une auto suffisance alimentaire
bref à l'exemple de Maurice que la Réunion commence sérieusement à prendre ses responsabilités dans les décisions économiques politiques culturelles, sociales ... qu'elle soit présente dans le système Monde non pas comme un pays assisté, vide d'idées mais un pays qui exprime ses spécificités., un pays qui met en valeur ses nombreuses richesses qui sont source de développement et de rentrée de devises ....
en autre autonome comme un timarmay qui marche sans l'aide de ses parents
Afaka

3.Posté par YANIS PAYET le 22/03/2013 17:00
L'amendement VIRAPOULÉ : un verrou de sécurité contre la dérive institutionnelle.

Certains élus manœuvrent en coulisses pour supprimer certains alinéas de l'article 73 de notre Constitution. Que veulent-ils réellement ?

Une Assemblée unique sans référendum alors que justement l'amendement Virapoulé garantit cette consultation ? Nos politiques auraient-ils peur de l'avis du peuple?

Des lois "péi" pour consolider le pouvoir de nos politiques, confisquer encore plus la démocratie et par-là même fabriquer des pauvres en masse, ou se protéger des procédures pénales quand l'on sait le degré de corruption dans cette sphère, ou encore supprimer la sur-rémunération des fonctionnaires ?

Ou les deux pour conduire la Réunion dans l'abîme social et économique via l'autonomie ?

A-t-on besoin d'un changement institutionnel pour remettre la Réunion sur les rails ou est-ce l'aveu de nos politiques de leur incapacité d'avoir une vision pour la Réunion ?

Une Assemblée unique n'a d'intérêt que si nous avons la volonté de rompre définitivement avec notre modèle féodal facteur de misères et d'insultes à la démocratie, de sortir de notre économie de comptoir, et d'appartenir et à la France, et à l'Europe.

Tant que ces conditions ne sont pas réunies, ne laissez pas des irresponsables obsédés par le pouvoir et leurs intérêts personnels décider à votre place !

4.Posté par jean-Claude OTTO-BRUC le 23/03/2013 21:51
Félicitations monsieur Yanis PAYET, vous faites partie de ceux qui savent ouvrir leurs yeux. Ceci étant dit, je pense que ceux qui approuvent l'autonomie dans ces colonnes font partie de ce complot de plus ou moins prés....effectivement, seul un référendum populaire doit pouvoir en décider. Jean-Claude

5.Posté par Baswa le 24/03/2013 10:00
L'Histoire de La Réunion est marquée par des luttes en faveur des libertés, des égalités et des applications des mêmes droits. Ces luttes et ces droits ont toujours étaient combattus par les forces conservatrices, les féodaux, proche des monarques. Il a fallu attendre 59 ans pour que la loi sur l'abolition de l'esclavage, votée en 1789 à la révolution, soit finalement reconnue à La Réunion en 1848. Le pouvoir économique et politique de l'époque s'accrochait à ses privilèges.
La départementalisation en 1946, a été, elle aussi contestait par ce même pouvoir. Celui-ci voyait en elle une réduction de ses privilèges.
En 1959, le PCR revendique l'Autonomie Démocratique et Populaire. La raison de ce nouveau statut: malgré la départementalisation La Réunion est toujours en retard, les droits ne sont pas octroyés aux Réunionnais. A qui la faute ?
Ce statut effrayait la bourgeoisie locale, étant donné que nous étions en pleine guerre froide, en pleine période de décoloniation, la crainte de voir, (peut-être ?), les communistes réquisitionner les terres, les usines et les biens, si ils obtenaient l'autonomie.
Le monde soviétique s'étant écroulé, il n'y a plus ces risques. Rêvons donc à un statut qui nous donnerait plein pouvoir, de faire ou défaire des lois en faveur de profits et privilèges, de gérer des dotations de l'état et de l'Europe, sans contrôle, sans avoir à rendre compte à un Préfet, représentant de l'état, et, d'avoir une justice aux ordres, bien qu'actuellement, celle-ci apparait parfois inégale selon l'origine ou la fortune des élus coupables.
La crise que connait La Réunion, ne réside pas dans son statut mais dans son mécanisme économique en faveur de l'importation, de la garnde distribution et de l'octroi de mer, taxe coloniale datant de la Compagnie des Indes.
Si il existe une volonté politique d'utiliser les outils que nous offrent la France et l'Europe, nous pouvons inverser la situation précaire que connaissent 52% de Réunionnais qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, une jeunesse contrainte à l'exile, pendant qu'un aflux de personnes arrivent pour occuper les postes. Cela suppose de remettre en cause les privilèges de l-oligarchie économique et politique. La colère du peuple et des jeunes va permettre à une nouvelle classe politique de naître à l'image de notre compatriote Yanis Payet. Cela suppose aussi que nous soyons véritablement un Département Français dans son organisation administrative et dans son fonctionnement.
Qui sont les meilleurs alliés des séparatistes?

6.Posté par jean-Claude OTTO-BRUC le 24/03/2013 10:41
Oui Baswa, Yanis Payet a une vision claire et réelle de notre situation, mais là ou je ne vous suis plus, c'est lorsque vous dites "un statut qui donnerait pleins pouvoirs" à nos élus! Croyez vous que nos dirigeants soient suffisamment sages, sérieux, pour ne pas en abuser ? Ne voyez -vous pas qu'ils ont déjà dépassé toutes les limites des abus en tous genres? Un exemple: pourquoi la Région ne ferait-elle pas un référendum concernant cette dépense de plus de 3 milliards d'euros que nous devrons payer pendant plus de 20 ans, concernant la route en mer? Vous pensez qu'il est normal que l'on nous IMPOSE ce projet délirant sans que le peuple ait son mot à dire? Quand vous savez que TOUS les chantiers publics, sans exception, sont assortis d'un "pot de vin", vous imaginez ce qu'un chantier à cette hauteur va dégager comme "faveurs".....voilà pourquoi le choix d'un tel projet (qui verra s'envoler tous les bénéfices vers un paradis fiscal). Alors qu'il eût été bien plus sage d'opter pour le projet proposé par le Front National, bien moins onéreux, qui permettrait de réactiver toutes les entreprises Réunionnaises: tailler la falaise en escalier...créer beaucoup plus d'emplois et garder à la Réunion tous les bénéfices générés par nos entrepreneurs. Bon dimanche à vous. Jean-Claude

7.Posté par Baswa le 24/03/2013 20:28
Mr Otto-Bruc,
Il y a certainement confusion lorsque j'utilisais la 1ere personne du pluriel, NOUS. Je voulais simplement désigner des élus qui rêvent d'autonomie pour ne plus avoir des comptes à rendre et utiliser mieux encore, les deniers de l'état à leur profit. Il faut surtout pas un statut, peu importe son nom, qui donnerait des pouvoirs élargis à nos roitelets et seigneurs féodaux.

8.Posté par jean-Claude OTTO-BRUC le 25/03/2013 13:40
Merci pour la précision....là je vous suis. Salutations. Jean-Claude

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