sak ifé nout jordu ék nout demin

Journée femme cheffe d’entreprise


Économie
Mardi 26 Novembre 2013

Près de 400 femmes cheffes d’entreprises ont répondu présentes au rendez-vous donné par Ibrahim Patel, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion, et par Bernard Picardo, président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Les conditions climatiques compliquées de ce lundi 25 novembre ne les ont pas empêché de se rendre en masse à cette demi-journée qui leur était consacrée, pour débattre de leur statut de femmes et de cheffes d’entreprise.


En 2013, La Réunion compte 5 700 femmes cheffes d’entreprises inscrites au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Parmi elles, 50% œuvrent dans le secteur du commerce, 36 % dans les services et 12 % dans l’industrie. La majorité de ces entreprises, soit 36 %, sont basées dans le secteur Sud.

«Créer son entreprise est un moyen de créer son emploi », souligne Ibrahim PATEL. C’est aussi un moyen de créer de l’emploi tout court puisque ces entreprises au féminin gèrent à elles seules 8 000 emplois. Dans l’artisanat, Bernard PICARDO précise que les femmes cheffes d’entreprise sont passées de 17% en 2004 à 20 % en 2012. « La marge de manœuvre est encore importante », souligne-t-il. Tout secteur confondu, un quart seulement des chefs d’entreprise à La Réunion sont des femmes.

Pour Nadine Caroupanin, Déléguée Régionale aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, l’enjeu est de taille puisque l’objectif du gouvernement, exprimé par sa ministre de tutelle Najat Vallaud-Belkacem, est d’atteindre 40 % de femmes cheffes d’entreprise d’ici 2017.

« En cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, vous êtes une image de femmes battantes et victorieuses données aux femmes blessées », souligne-t-elle également.


Les défis à relever
Accès plus difficiles aux postes à responsabilité, précarité plus grande, difficulté à obtenir les prêts bancaires nécessaires à la création d’entreprise, isolement et difficulté d’articuler vie familiale et professionnelle : les freins sont multiples pour les candidates à la création d’entreprise et les 400 femmes présentes dans la salle étaient là pour en témoigner. Mais un  mot d’ordre revient sans cesse sur toutes les lèvres, Osez !
Pour Danièle Le Normand, présidente de Initiatives Réunion Entreprendre (plateforme de financement et d’accompagnement de la création/reprise d’entreprise avec notamment des prêts d’honneur à taux zéro qui permettent un levier financier et ainsi, l’obtention de prêts bancaires plus facilement), « il faut oser plus et plus grand ! Les chiffres montrent qu’une fois qu’elles ont osé, les femmes réussissent aussi bien, voire mieux que les hommes. Le problème, c’est qu’elles sont trop prudentes. »


La question du financement
C’est le problème numéro un des femmes cheffes d’entreprise. Les questions de la salle sur ce thème sont nombreuses et vives. Pour Patrick GEIGLE, président du Comité Local des Banques de La Réunion, « huit entreprises sur dix obtiennent leur financement : c’est la qualité de votre projet et votre conviction qui convaincra votre banquier », précise-t-il, en ajoutant que sur les trois dernières années, les prêts bancaires aux entreprises n’ont pas baissé.

Dans l’assistance, les questions portent essentiellement sur le temps d’instruction des dossiers, véritable casse-tête des candidates à la création, ainsi que sur le manque de confiance des établissements bancaires dans leur projet. « On me demande un apport personnel de 25 %, on me dit même de trouver un petit copain pour assurer mes arrières », s’insurge une jeune femme. Une autre, taxiteuse, ne trouve pas de financement pour racheter un véhicule. Enfin, une cheffe d’entreprise pourtant aguerrie puisqu’elle crée sa troisième affaire, attend depuis quatre mois le déblocage de son financement alors qu’elle a déjà un loyer à payer et qu’elle a engagé des travaux.

Face à ses interrogations, les chambres consulaires ont des outils déjà en place pour venir en aide aux créateurs d’entreprise. L’un des enjeux consiste donc à les rendre plus visibles, notamment par le biais d’autres journées comme celle-ci, destinée à être reconduite.

Le dispositif NACRE de la CCI Réunion, propose ainsi un accompagnement individualisé qui peut aller jusqu’à trois ans : business plan, montage financier, recherche de financement, PTZ et suivi personnalisé au long cours.
De même, le dispositif SIAGI de la CMAR permet de faciliter l’accès au financement des TPE et PE artisanales en création, développement ou transmission, notamment par la prise en charge de la commission de garantie due par l’entreprise. « Faites appel à cet outil ! » martèle Bernard Picardo, président de la CMAR.



L’innovation au service des petites entreprises
Comme le souligne la conseillère Régionale Patricia Robert, on trouve plus de 400 aides sur le site de l’ISM (Institut Supérieur des Métiers). L’innovation, qu’elle soit dans le domaine de l’environnement, des solutions managériales, des outils organisationnels, ou des technologies de l’information et de la communication, fait l’objet d’une attention particulière.

C’est le cas du Transfo, espace de coworking porté par la CCI et notamment par Jaëla Devakarne, présidente de la commission TIC et RDI de la CCI Réunion et cheffe d’entreprise. Cet espace de travail collaboratif ouvert dans le Sud 24h/24h et 7j/7 mutualise les ressources et permet à chacun de travailler en open space ou en bureau individuel, de rencontrer des professionnels et de bénéficier d’un feedback continue sur les besoins et les attentes du marché. L’objectif est de créer d’autres espaces de ce type à La Réunion.


La formation : condition du développement de l’entreprise
Souvent plus diplômées que leurs homologues masculins, les femmes cheffes d’entreprise peuvent poursuivre, par le biais de formations diplômantes ou de modules de perfectionnement (CCI Réunion) et acquérir les compétences qui leur manquent pour gérer leur entreprise (informatique, comptabilité, paye, gestion de la trésorerie…). Les cours sont dispensés le soir, par module de 3h et pour 100 euros d’inscription.
Par ailleurs, 4 500 apprentis sont en formation à La Réunion avec un taux de réussite aux examens de 85% et un taux d’insertion des jeunes de 70% dans les 7 mois. La transmission du savoir, un domaine où les femmes cheffes d’entreprise excellent.
 
Didier Robert, président du Conseil régional, Nassimah Dindar, présidente du Conseil Général et Erika Bareigt, député de la 1ere circonscription de la Réunion, ont également témoigné au cours de la matinée de leur soutien et de leur engagement auprès des femmes cheffes d’entreprise. Chacun, par le biais de son mandat, entend œuvrer pour développer l’entreprenariat au féminin.

CCIR



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Les commentaires

1.Posté par regards le 27/11/2013 05:52
c qui celle là sur la photo sans légende? encore certainement une proche du super cumularD Ridicule ?

je veux voir la photo d'actrices métiers, tels que de la déléguée Caroupanin ou de la Présidente IRE

article intéressant au demeurant, encore une occasion pour le superculard de cumuler, j'espère que les cheffes d'entreprises n'ont pas été dupes et lui ont dit ses 4 vérités sur les échec de la politique de non dévpmt éco de la Region : saupoudrages éco, clientélisme et familliocratisme, errement de son cousin à nexa, d'inéfficacité éco.

2.Posté par Noëlle Robert le 27/11/2013 13:27
Rassure toi post 1 ,

(…)

NR

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