sak ifé nout jordu ék nout demin

"Emploi : la perte de nos savoir-faire, a précipité le changement de nos savoir-être"


Invité(e)
Lundi 25 Mars 2013

Qu'est-ce qui faisait que ça marchait bien, d'un point de vue économique et social, il trois ou quatre décennies ? On avait encore faim. Et pour manger, il fallait travailler et non pas compter sur l'Etat providence. Entre deux "pieds" brèdes "dan la cour ou dan champ canne", un cochon qui recyclait les eaux grasses puis finissait en boudin, saucisses ou rôti, et un cari "cabot" ou "ti-lapia", "i fallait aller roder ou travailler pour manger". Le prix du "manger" c'était de l'effort et de la sueur. Sans salaire, ni charges sociales…


Il serait honnête de reconnaître que les six années écoulées n’ont pas apporté le changement tant attendu. Les espoirs ont été beaucoup déçus. La crise a surtout montré les limites des diverses stratégies politiques et économiques.

Depuis 20 ans, nous avons changé notre modèle de vie. Tout s'achète, tout à un prix. Et rien n'est gratuit. Seulement depuis le passage à l'euro, tout est devenu 6,5 fois plus cher. Ce coût s'est répercuté sur les prix des produits, le coût du travail, et le pouvoir d'achat. La crise conjoncturelle est désormais structurelle. Le marché du travail continue à se restreindre. La forte baisse de la commande publique s'accélère. Dans l'autre sens, le chômage aussi. Dans la même proportion, l'aide sociale a explosé. Et pire, la société a perdu le sens de l'initiative.

C'est un fait. Où sont nos tailleurs de "kabaye ou short kaki ?" "Où sont nos cordonniers ? "où sont nos boutiques chinois ? "Où sont nos vendeurs ambulants de légumes et de vêtements ?" "Que sont devenus nos tailleurs de bardeaux ?" "Où sont nos coupeurs de cannes ?""Où sont nos vendeurs (les vrais) de fondants, de bonbons de miel ou de pistaches grillées qui hantaient nos bus ?" "Où sont nos vendeurs qui passaient de case en case, panier sur la tête ?"

Qui nous ont tant apporté les moments paisibles de notre enfance et de notre adolescence. Et surtout qui donnait du travail à tout le monde. Qui permettait à tout le monde de manger. Et de vivre dans la dignité. Mais tout a été fait pour casser notre mode de vie.

Ainsi à Saint-André, il a été décidé l'arrêt de l'irrigation des terrains canniers et maraîchers de Champ-Borne. C'est vrai aussi qu'aujourd'hui on s'accommode de l'ail de Chine ou de l'Espagne, des "ptits" piments de Madagascar ou de Maurice, des carottes de Nouvelle-Zélande et des oranges d'Israël ou d'Afrique du Sud. C'est vrai enfin que nos enfants, depuis trois générations, sont nourris de pub, d'internet de soda et de hamburger. C'est fun ! C'est cool quand c'est kitsch ou trash… Mais, qu'avons-nous fait de l'héritage de nos ancêtres et nos aïeux ?

Insensiblement, nous avons rompu le lien avec notre savoir-faire. Et notre savoir-être. Il y a eu un changement de comportement. La "modernité" se résume à deux éléments : la surconsommation et le besoin de travailler le moins possible et ce pour croire qu'on existe mieux. Télévison, télécommunications, GSM, Ipod, Ipad, Iphone… "Tout ça c'est lo CAF (Caisse d'allocations familiales) qui paye la plupart du temps". Le budget des ménages est dans le rouge, et le surendettement. Il n'y a plus d'emplois, et c'est là qu'on le dépense plus.

Et moins il y a d'emplois, et plus les familles ont des besoins. L'achat compulsif. La seule solution : mendier un contrat aidé. La référence. L'emploi précaire. Est-ce vraiment la seule solution aujourd'hui ?



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