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Diabète : que fait l’ARS ?


Économie
Mardi 18 Juin 2019

En avril dernier, Cosaladi, association lanceuse d’alerte, déclarait ouvertement la guerre au système organisé qui fabrique chaque année 4600 diabétiques. Suite à la publication du plan d’actions 2019/2020 de l’ARS, les militants de COSALADI ont manifesté ce jour devant les services de santé publique. Ils demandent plus de transparence et surtout, que soit mis en place une stratégie ambitieuse de lutte contre le diabète à La Réunion.


« A la lecture du plan d’action 2019/2020 de l’ARS, je ne peux que m’offusquer de l’absence d’objectifs quantifiables et de stratégie mesurable”, explique Eric Magamootoo, vice-président délégué de COSALADI «nous restons toujours dans l’opacité, nous perdons du temps et chaque jour qui passe, c’est 12 diabétiques en plus à La Réunion». Pour s’assurer d’être entendu, c’est devant les locaux de l’ARS que les militants de l’association se sont rendus ce jour, et, afin d‘obtenir des réponses précises, ils sont venus avec des questions précises.


Dans une région ou le diabète touchent proportionnellement deux fois plus de personnes qu’en métropole, dans une région ou la barre des 5000 nouveaux malades par an est en passe d’être franchie, nous sommes en droit de penser les réunionnais ont le droit d’avoir une vraie lisibilité sur la maladie :

- Quel est le coût du diabète pour La Réunion ? Quel chiffre d’affaire est généré par le diabète à La Réunion et qui sont les professionnels qui en bénéficient ?

- Quel est, sur notre territoire, le taux d’équipement des malades en nouvelles technologies de soin et de suivi du diabète (Capteur glycémique, pompes à insuline, dialyse à domicile…) ?


Le seul indicateur existant aujourd’hui est l’HbA1c qui indique la moyenne de glycémie des réunionnais. Mais cet indicateur, qui pourrait être un très bon baromètre pour surveiller l’évolution de la maladie, est inintelligible. Les associations de patients atteints de diabète de type 1 et de type 2 ont plusieurs fois alerté l’ARS mais leurs demandes sont restées lettre morte. « Un manque de considération regrettable » déplore Eric Magamootoo ». « Nous sommes dans un pilotage à vue », ajoute le président de COSALADI, « aujourd’hui, les pouvoirs publics « administrent » le « phénomène diabète », il gère la situation mais ne font rien pour la changer ».


En parallèle d’une pétition en ligne, qui a reçue à ce jour plus de 1800 signatures, l’association avait annoncé en avril, qu’elle engagerait la responsabilité de l’Etat. La plainte devrait être enregistrée prochainement. En attendant, COSALADI demande à l’ARS de rendre des comptes sur les chiffres du diabète d’une part, et d’autre part, lui demande de présenter également aux réunionnais un plan de lutte contre le diabète ambitieux et structuré, à l’échelle du territoire et à la hauteur des enjeux de santé public. La Réunion a besoin d’une véritable stratégie pour espérer éradiquer la maladie. Cette stratégie doit se construire sur plusieurs années, avec des objectifs qu’il faut rendre public et des points d’étape réguliers avec la population. « Le diabète fait 240 morts chaque année à La Réunion, au même titre que la sécurité routière, pour lequel il existe des indicateurs et des baromètres, il est de la responsabilité de l’état de sensibiliser les réunionnais » conclut Eric Magamootoo.

Signez la pétition en ligne : ici


LT



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