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"Avec Carrefour, Je positive" "dans un cadre où chacun agit solidairement pour l'intérêt de l'ensemble"


Politique
Mardi 14 Mai 2013

C'était hier matin dans le hall du rez de chaussée de l'administration de la grande surface commerciale. Le représentant du groupe a reçu une délégation des associations venues soutenir les salariés grévistes de Carrefour Sainte-Suzanne. L'entretien a duré une vingtaine de minutes. Et rares sont ceux qui ont fait attention au panneau affiché dans l'escalier qui mène au premier étage". Insolite.


"Avec Carrefour, Je positive" "dans un cadre où chacun agit solidairement pour l'intérêt de l'ensemble"
Ce n'était qu'une coïncidence (puisque pour beaucoup il n'y a pas de hasard). Ce panneau bien visible expose le "dessein" de Carrefour. Le commerce y décline d'abord sa "mission" : satisfaire le client. L'intitulé suivant est : "Les hommes : notre première force est constituée par la motivation des Hommes. L'initiative et la délégation des responsabilités s'exercent dans un cadre où chacun agit solidairement dans l'intérêt de l'ensemble".

Carrefour a aussi une éthique. "La recherche de synergie avec nos partenaires doit nous renforce mutuellement. Nous devons nous intégrer au mieux dans notre environnement. Nous voulons servir de référence". A tort ou à raison, pour la référence en matière de dialogue social, là c'est un peu loupé. Et l'éthique tique aussi un peu. L'intégration "au mieux dans "notre environnement", c'est également mal barré. Non pas à cause de ce mouvement qui perdure, mais à cause du traitement inégal entre la galerie de Sainte-Clotilde et celle de Sainte-Suzanne.

C'est vrai, une entreprise commerciale n'est pas une boutique sociale. C'est vrai aussi que nous n'avons pas tous les éléments pour comprendre la position de Carrefour. C'est vrai enfin que tous les salariés ne concourent pas au mieux, tous les jours, à la réussite de leur gagne-pain. Toutefois, aucun de ces éléments ne justifie, dans la durée, que l'on "joue la montre" contre des salariés qui au lieu de gagner 900 euros/mois, n'auront plus que la moitié. Peut-être un tiers seulement. C'est indécent !

L'image de Carrefour Sainte-Suzanne en a pris un coup. La population dans sa très grande majorité, a choisi son camp. Et soutient les "plus faibles" qui résistent encore et toujours, à un groupe commercial qui chaque année réalise de confortables bénéfices. C'est ainsi ! Sur le fond, Carrefour a sans doute des arguments à faire valoir. Sur la forme, le contexte n'est pas en sa faveur : crise économique, augmentation sans discontinuée des prix, baisse importante du pouvoir d'achat… Avec 900 euros/mois, c'est proche du seuil de pauvreté.

Là, ça fait un peu tâche lorsqu'on a eu pour slogan : "Avec Carrefour, je positive !" Et dans un cadre bien précis "où chacun agit solidairement pour l'intérêt de l'ensemble". Dans cet ensemble, il y a d'abord les employés. Le lien essentiel entre l'entreprise commerciale et la population. Cette population apprend depuis une quinzaine de jours à vivre sans Carrefour. Et ça, c'est positif ou pas ?




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