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​La Réunion face au défi de l’autonomie : Reconquête critique le bilan de la Région


Politique
Jeudi 7 Mai 2026

Dans une publication politique au ton offensif, le mouvement Reconquête Réunion dresse un réquisitoire contre la présidence de la Région menée par Huguette Bello. Le parti dénonce une dépendance persistante de l’île à l’égard des importations et des financements métropolitains, et appelle à une stratégie fondée sur la souveraineté énergétique, alimentaire et économique.


Depuis près de cinq ans, Huguette Bello préside la Région Réunion. Pourtant, selon Reconquête Réunion, les ambitions affichées en matière de développement local et d’autonomie économique ne se seraient pas traduites par des transformations concrètes.

Le mouvement politique estime que l’île demeure fortement dépendante des importations, qu’il s’agisse de l’énergie, de l’alimentation ou encore des transferts financiers venus de l’Hexagone. Une situation jugée préoccupante au regard des ressources naturelles et du potentiel économique du territoire.

Une autonomie énergétique jugée insuffisante

Reconquête Réunion pointe notamment la question énergétique. Malgré l’abondance du soleil, de la biomasse issue de la canne à sucre, du vent ou encore des ressources marines, l’organisation regrette l’absence d’une accélération massive des investissements dans les énergies locales.

Selon le mouvement, près de 88 % de l’énergie primaire consommée à La Réunion reste importée en 2024. Une dépendance qui pèserait lourdement sur l’économie locale et limiterait les perspectives d’autonomie durable.

Miser sur l’innovation et la production locale

Le parti appelle également à transformer La Réunion en véritable laboratoire d’innovations industrielles adaptées aux réalités insulaires. Il critique une politique qu’il considère trop centrée sur les aides publiques et les subventions, au détriment de la création de filières productives locales.

L’objectif avancé serait de développer une économie capable de produire davantage sur place, tant pour répondre aux besoins locaux que pour favoriser l’exportation. Reconquête Réunion évoque notamment la nécessité d’attirer des entreprises innovantes et de structurer des secteurs d’excellence.

La question alimentaire au cœur des critiques

Autre sujet soulevé : l’alimentation. Le mouvement estime que l’île importe encore une part trop importante de ce qu’elle consomme, alors même que les terres agricoles et le climat permettraient, selon lui, une agriculture et une aquaculture plus ambitieuses.

Pour Reconquête Réunion, cette situation illustre un manque de vision stratégique en matière de souveraineté alimentaire.

Une charge politique contre « l’assistanat »

Au-delà des questions économiques, le texte prend une tournure plus idéologique. Reconquête Réunion critique ce qu’il qualifie de « dépendance entretenue » envers les financements métropolitains et accuse « le gauchisme » de freiner l’émancipation économique de l’île à travers le clientélisme et une mauvaise gestion des ressources.

Le mouvement appelle ainsi à privilégier « l’innovation, le travail et la production locale », tout en affirmant son attachement à l’appartenance de La Réunion à la France.

En conclusion, Reconquête Réunion plaide pour un changement de cap et une politique tournée vers « des actes concrets » afin de construire une île « forte, fière et autonome ».

Géraldine Lauret


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