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Tout le mal politique dont nous souffrons à l’Île Maurice : communalisme, communautarisme, autoritarisme !


Politique
Lundi 28 Avril 2014

Des Mangoustes et des Poules
Par Joseph TSANG MANG KIN


J’avoue être parfois envahi par un sentiment de lassitude et de tristesse à constater le silence  quasi général de mes compatriotes sur ce qui se passe chez nous en ce moment sur la question de réforme électorale.  On n’entend pas la voix du peuple, la voix des femmes, la voix des jeunes, la voix des universitaires. Ce que l’on entend hélas ! C’est surtout le chœur des approbations, par des encenseurs patentés, fort vocaux, partisans dont l’avenir politique repose sur le maintien du statu quo que nous impose la partocratie.Sans oublier les faux gardiens de la démocratie auto-proclamés et les rodère-boutte.
Je crois qu’au lieu de désespérer il faudrait faire l’effort de comprendre ce qui se passe.  Je l’ai déjà écrit : tout le mal politique dont nous souffrons : communalisme, communautarisme, autoritarisme,  nous vient de  Banwell, responsable de la cassure de notre société non seulement en vainqueurs  et vaincus, mais surtout entre dirigeants et dirigés.  Ou mieux, entre mangoustes et poules.
Pourtant, il avait trouvé une parade aux  60-0 qui aurait pu empêcher la destruction des « entrenched clauses », mais il ne l‘a pas inscrite dans la constitution.  J’affirme que c’est cette faute professionnelle de Banwell qui est à la base de la démissiondes citoyens mauriciens, qui a effectivement commencé en 1982 avec la chasse aux sorcières  produisant la peur et le silence, qui sont restés une habitude, pour ne pas dire seconde nature.
Le mal est si profond que l’on ne semble pas s’en rendre compte.  Notre cancer politique n’est que le bout de l’iceberg.  Jetons un coup d’oeil sur notre société.  On ne peut pas cacher le fait qu’elle est malade: Un bref coup d’œil sur la presse quotidienne nous interpelle chaque jour sur notre maladie : agressions,vols, viols, meurtres, et maintenant,violences faite aux cadavres sans défense?
Notre société est comme sans direction, sans gouvernail, sans boussole, En réalité, comme Mauriciens, nous n’avons pas le sentiment d’appartenance à une nation.  Nous n’avons pas un projet qui fédère les Mauriciens, nous n’avons pas une vision commune, nous ne partageons pas un idéal national.  Où allons nous comme peuple mauricien?
Or, ce sont ceux qui crient le plus fort qui ont raison.  Ce sont ceux-là qui détiennent le pouvoir qui ont raison. Pas étonnant si la majeure partie de la population mauricienne avec ses jeunes, ses pauvres, ses laissés pour compte, se détourent de toute la propagande politique que ne cessent de nous imposer les medias.
Que faire? Comme se posait la question Lénine?  Effectivement je ne suis pas de ceux qui se complaisent dans la critique ou l’inaction  Or, il faut analyser, comprendre et agir !
Je ne finirai jamais de rappeler que tout le mal fait à notre société dont on constate aujourd’hui les blessures, les malaises, viennent de notre Constitution.  La circonscription à trois sièges a dépossédé l’électeur de son libre choix au profit des partis politiques.  Elle a déresponsabilisé à la fois l’électeur et le député.  Mais le mal ne s’arrête pas là.  Il faut le dire, l'identifier, le reconnaitre et le neutraliser.  Il y a surtout beaucoup de frustrations. Osons le dire, une circonscription avec un électorat, celle du député et ministre Hervé Aimée avec 55.000 électeurs, sur une superficie immense, n’a droit qu’à 3 députés, alors que dans un partage équitable avec le même nombre de votant dans toutes les circonscriptions de l’ile, cette circonscription aurait droit à 5 députés.  Prenons Rodrigues. Si on nousdit qu’elle a plus de 40.000 électeurs, elle devrait avoir droit à trois députésélus.   Il y a donc ici une injustice faite à ces communautés qui a duré assez longtemps, trop longtemps, et c’est ce qui produit les sentiments de frustrations longtemps cachés  mais qui se révèlent par des comportements antisociaux.  Nous passons par une phase d’auto–destruction.
Et en dehors des scandales politiques et financiers, le dernier évènement qui a choqué toute la population mauricienne, respectueuse dans son ensemble de la culture des autres communautés, c’est la désécration des tombes de la communauté chinoise à Bois Marchand.  Bien sûr, ces actes sont abominables et condamnables. Suffirait-il d’envoyer les coupables en prison et d’entourer le cimetière de muraille ?  Aura-t-on réglé le problème définitivement ? Mais je voudrais aller plus loin dans l’analyse.  Est-ce un problème de la misère ou de la drogue ? Qui sont-ils ces gens qui trouvent la nécessité d’aller ouvrir les caveaux le soir, en cachette, dans des conditions fort malsaines et dégoutantes, chercher du plomb pour les vendre et gagner de sous.  Que peuvent donc gagner ces misérables au prix de tant risques?Ce qui est certain, ce n'est pas le plus sur moyen de s'enrichir!  
Ce qui me pousse à penser à ces dizaines de milliers de travailleurs, servantes et autres petits employés qui gagnent à a peine 6.000 roupies par mois.  Alors que les plus habiles, touchent  200,000 ou même 1,000,000 roupies comme dans certains secteurs.  N’est-ce pas notre sociétéinjuste et inégalitaire qui pousse les plus démunis aux actes que nous condamnons.  
Que faisons nous pour ces catégories de nos concitoyens ?Que faisons nous pour réduire l’écart entre le riche et le  pauvre de notre société? Le candidat F Hollande lors de sa campagne avait annoncé un ratio de 1x20.  Et dans l’ile de la Réunion Il y a le smic qui assure plus de 1000 euros  aux plus petits.  Comment se fait il que nos partis politiques et nos homes politiques ne s’adressent pas à ces questions qui  sont en train de détruire notre société.
Il y a comme un tabou qui nous interdit d’aborder certaines questions. Pourquoi aucun parti politique ne pose ces questions fondamentales ni ne cherche à trouver des solutions aux problèmes d'injustice tellement évidentes dans ce pays ?  Pourquoi n’avons nous pas encore débattu de la question d’un salaire minimum pour tous les employés ? Surprenant n’est-ce pas que les syndicats et autres responsables de notre société qui, s’ils y ont pensé, n’ont rien fait pour le réaliser.  On se demande à quoi servent les partis politiques si ce n’est justement que pour se maintenir au pouvoir !
On méprise les pauvres.  On méprise, les faibles. On méprise les sans-voix.  Et quand on a le pouvoir, on fait ce que l’on veut, au mépris du droit des autres.   Est il admissible, en régime démocratique, que ce soit deux hommes, deux chefs de partis qui décident de la réforme électorale qui concerne tous les habitants de ce pays, d’aujourd’hui et de demain ?Oui ! Les deux partis, s’entendent sur une reforme qui les arrange, et vous vous n’avez rien à dire dessus...On croit entendre : Content pas content, c’est ca qui nous oulé! Ou le ou pas le nous va ajoute 16 ou 28 députes dans Parlement couma nous lé. Guettez ki ou capave faire? A-t-on jamais vu une conversation entre mangoustes et poules ?
Bien sur le peuple ne peut rien faire. On reste donc prisonnier des abus ! Encore des injustices, encore plus de frustrations !  Et c’est ainsi que Maurice est conduit à la morte lente, c’est ainsi qu’elle consent à son suicide dans le silence…
Bien sur, valeur du jour, comme on le dit chez nous, personne ne stopper les deux partis politiques tout-puissants. Et rappelons, encore une fois, en passant, que leur toute puissance est l’œuvre bancalede Banwell ! En alliance, les deux partis feront ce qu’ils voudront, et nous le peuple admirable ne pourra qu’assister, impuissant, au spectacle du viol de notre souveraineté nationale !Oui ! Ils peuvent faire et vont faire ce qu’ils veulent.  
Les mangoustes ont le droit de bouffer des poules  et les poules doivent se laisser faire !
Mais disons très haut pour que tous l’entendent :
D’abord, ce sera un abus de pouvoir.  On ne respecte pas l’autre. C’est donc dire que la raison du plus fort est toujours la meilleure.  Mais cet abus de pouvoir demeurera à jamais un acte déshonorant dont aucun homme politique ne pourra jamais s’en glorifier. Déjà les nouvelles générations ne pensent pas grand chose de la chose politique ni des politiciens.Ce qui est certain,c’est que cet acte de prédationsera immédiatement condamné par toute la population, quoique silencieuse.  Et surtout par les faibles, les moins de 10%, les sans voix. D’ailleurs la réforme électorale ne fait pas partie du Manifeste pré-électoral des partis politiques, ce qui veut dire qu’ils n’ont pas le mandat pur aborder la question.
Ensuite, ce sera une erreur historique, qui ne manquera pas d’être condamnée par les générations à venir.  On  pourrait rétorquer : Fout pas mal, nous pas pou là. C’est vrai !Mais ceux qui en sont responsables ne pourront jamais être reconnus dans nos livres d’histoire de demain qu’ils auront  été de leur vivant, de véritables tribuns, défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme.  Loin de là !  Ce sera une occasion manquée de faire une vraie réforme pour nous préparer pour l’avenir !
Et surtout, ce sera un acte immoral.  Comme le viol des caveaux. Ce qui nous ramène aux faits divers de notre quotidien devols, de viols et de meurtres.   Nous sommes dans le même registre.Car lesdécisions prises au mépris des autres,de façon arrogante, c’est peut-être légal, mais toujours immoral !
Face à ce spectacle d’immoralité politique, les jeunes sont désorientés, perdent leurs valeurs, se détachent de notre conscient collectif.Quel modèle suivre si l’exemple ne vient pas d’en haut ?
Que faire ?  Mettons en place une Commission pour la Réforme  Electorale ! Prenons le temps qu’il faut, plusieurs annéess’il le faut, à l’exemple de l’Inde pour rédiger une nouvelle constitution, dont nous serions tous fiers d'avoir construit ensemble, et qui servira àbâtir une véritable nation mauricienne.
La Primature demande à la population de lui envoyer ses commentaires sur  sa proposition de réforme électorale, qui veut dire que c’est elle qui va trancher : la primature s’érige en juge et partie, à la fois ! Comment peut-on accepter cela ?  
Prenons le temps qu’il faut : Il y va certes de la survie de notre démocratie, mais il y va surtout de notre santé morale nationale !

Joseph Tsang Mang Kin


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