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Sica Habitat, Pact Réunion et SPLA : Nassimah Dindar a-t-elle cassé un réseau de clientélisme électoral ?


Politique
Jeudi 8 Novembre 2012

Le conseiller général socialiste, Daniel Huet, a démissionné du Sica Habitat, il y a quelque temps déjà. Le vice-président Thierry Robert a quitté lui, la présidence de Pact Réunion. Ça gronde à la Sica. Ça s'interroge au Pact. Quelle mouche a piqué le Conseil général ? Pourquoi avoir créé un Système productif local d'aménagement (SPLA) comme régulateur ? A un an et demi des Municipales, plusieurs élus ont perdu un "outil de communication électorale".


Que ce soit Saint-Jean de Dieux, l'Arast, l'ADI, aujourd'hui Sica Habitat et Pact Réunion, la plupart des politiques sont incapables de tirer des leçons de leurs erreurs. Et de saisir les opportunités pour exprimer leur respect d'eux-mêmes et envers leur électorat. Et de maintenir chaque individu dans leur dignité d'homme ou de femme. C'est un fait, la politique (l'argent et le pouvoir) fait ressortir en certains élus, ce qu'il y a de pire dans l'être humain.

A Saint-Jean de Dieu ou à l'Arast, l'insertion sociale et le service à la personne, ont permis l'embauche de nombre de proches, militants ou sympathisants des conseillers généraux et maires (de tous bords politiques). A l'excès. Et, jusqu'au bord du gouffre financier. Et le suicide forcé de ces deux structures, pour en créer une nouvelle, et totalement immaculée. L'activité y sera intense en fin d'année 2013 et début 2014 (les Municipales), puis fin 2014 et début 2015 (Cantonales et Régionales). C'est tout simplement le fait du clientélisme électoral.

Ce clientélisme électoral a pris une forme différente avec la Sica Habitat et Pact Réunion. Certains conseillers généraux et maires et leurs proches, ont vite repéré le filon, à la création de ces deux structures : réhabiliter et améliorer l'habitat du plus grand nombre de familles. "L'objectif initial du Conseil général était de financer des projets de 2 à 3.000 euros, en faveur des personnes handicapées. Rapidement, le dispositif s'est élargi à tous les publics, et les montants atteignaient les 10 à 12.000 euros".

"Nous avons alors porté le plafond pour tout projet à 20.000 euros. Bizarrement, tous les projets soumis à validation s'élevaient à 19.800 euros. Et, le budget annuel du Département pour la réhabilitation de l'habitat, est passé de 10 à 20 millions d'euros". Le "succès" de ce dispositif a alerté les services du Conseil général. D'une part, les plaintes pour le retard de traitement des dossiers, ont déclenché une sorte "d'audit" interne. "Il y a avait plus de 3.500 cas en attente. Puis, une expertise nous a signalé que certains dossiers étaient surévalués".

Le Conseil général a décidé de mettre fin à ces "pratiques" et "abus". D'une part, le Département s'est recentré sur ses compétences obligatoires : le public handicapé, fragile ou dépendant. D'autre part, la collectivité a créé un filtre modérateur (SPLA) pour traiter les dossiers avant de les répartir vers le Sica Habitat, le Pact Réunion ou leurs propres artisans ou sous-traitants. Ce SPLA a du mal à passer aujourd'hui. Car, il bouscule des habitudes et limites pour certains élus, le clientélisme électoral.

Jismy Ramoudou


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