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Risque requin : le débat dérape, les attaques d'une autre "espèce" de requin se multiplient sur le net


Politique
Jeudi 30 Aout 2012

Lundi matin, nous avons mis en ligne l'article du Cercle de réflexion pour la protection de l'environnement marin : "La Réserve marine, garde-manger d'une autre espèce" de requin" qui a été très lu et très commenté. Critiqué. Et les échanges ont été vifs. Et l'argumentation a laissé place au dénigrement. Au point que tous oublient l'essentiel : comment protéger les surfeurs des requins ?


Une certitude : nul ne empêcher les surfeurs de vivre leur passion. C'est vrai, la mer appartient d'abord aux requins. Il appartient aussi aux hommes, aux passionnés de la mer, de la flore et de la faune marines. A leur façon, les surfeurs communient avec la nature, entretiennent avec elle des liens parfois très intimes. Et très intenses. C'est naturel que ses "enfants" de la mer revendiquent cet espace de vie qu'ils ont défini au fil des vagues. Au fil du temps.

Nul ne peut leur retirer une partie d'eux-mêmes et ce sans remettre en cause, leur schéma de vie et l'équilibre qu'ils ont construit. L'équilibre que veut préserver la Réserve naturelle marine depuis sa création, est différent : protection de la flore et de la faune. Aujourd'hui, l'équilibre rétabli par la Réserve naturelle marine menace celui des surfeurs. La Réserve naturelle marine n'est pas responsable de l'augmentation du nombre de requins dans les eaux réunionnaises.

La Réserve n'est ni responsable, ni coupable. Ce n'est pas pour autant qu'elle doit ignorer le désarroi des surfeurs. Car, c'est un espace de vie que l'on supprime aux humains. Si les pécheurs ont fini par accepter le cadre contraint par la règlementation et la brigade marine, les surfeurs eux, n'ont plus de spot ou de site, car les requins ne respectent aucune règle. Seul leur instinct commande. Et comment une mère ou un père va-t-il constamment surveiller son enfant passionné du surf et de la mer ?

Nous protégeons notre environnement, car nous voulons laisser un héritage à nos enfants. Quel intérêt de constituer un héritage pour eux, si c'est au détriment de leur vie d'enfant et d'adolescent ? Si ce patrimoine naturel n'est plus que l'élément essentiel de leur frustration. Et de leur mal-être ? Plus que jamais, il faut trouver un nouvel équilibre, sécuriser au moins un spot ou un site, partager déjà avec eux l'héritage qu'on leur prépare. Et leur montrer comment ils devront à leur tour, protéger l'équilibre fragile de notre île. Et ce en vivant en harmonie dans ce monde de requins...

Jismy Ramoudou


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