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Pierre Vergès coupe le cordon ombilical avec Paul Vergès, et commence sa "cavale politique"


Politique
Mardi 2 Juillet 2013

Le fils est fier de son parcours au PCR. Le père s'enorgueillit des combats livrés et gagnés aux côtés des Réunionnais. Le grand-père ne veut pas rater le tram-train du développement. Et de l'avenir de La Réunion. Les trois portent les valeurs, les émotions et les motions de Pierre Vergès. Les trois sont Pierre Vergès, un homme "libre". Avec de la tristesse retenue dans la voix, et l'âme meurtrie par un départ nécessaire. Pierre Vergès et le PCR, c'est fini. Pierre Vergès sans le PCR et Paul Vergès, c'est maintenant.


Pierre Vergès a l'orgueil chevillé au corps. S'il aime parler de la politique, avec érudition et des démonstrations construites avec des phrases et des mots "savants", ses émotions, il préfère les écrire. C'est ce qu'il a fait hier dans sa tribune publiée par les médias locaux. Il a ouvert l'album de son enfance baignée de politique, de solidarité, de fraternité et de combats où sa vie a été menacée. En danger. Le gamin de St-André a évoqué son grand-père Raymond, sa mère Laurence, son frère Laurent, et son père Paul. Avec affection.

Le dirigeant du PCR, désormais en congé de son parti, se souvient aussi de ses "frères d'armes". Les militants. Les illustres inconnus qui le sont restés, et qui ont servi le PCR. Et aussi la cause et la grandeur de Paul Vergès. Et qui ont aussi contribué à renforcer l'impression que Pierre Vergès a grandi dans un cocon. Sans doute à raison. Et aussi à tort. Car cela a fini par occulter la dimension politique de Pierre Vergès, qui pour beaucoup, n'est que le fils de Paul.

Cette sortie ou mise en retrait du PCR, Pierre Vergès tente de la transformer en opportunité(s). En désaccord sur la reconstruction du PCR, bientôt "licencié" de la mairie du Port, et absent du huitième congrès du PCR ce week-end, l'ex-maire du Port a "souhaité reprendre ma liberté d'agir. Je ne le fais pas de gaieté de cœur.C'est une décision douloureuse". Mais, pas tant que ça. Car, si la douleur et les autres émotions sont sincères, l'homme veut avant tout saisir ce concours de circonstance, pour s'émanciper.

Sacrée coïncidence. C'est à la veille du huitième Congrès du PCR, celui de la reconstruction, que Pierre Vergès tourne la page de Paul Vergès. Pour lui et pour le PCR. Ainsi, Pierre Vergès coupe le cordon ombilical avec le parti communiste réunionnais. Et surtout avec son père, Paul Vergès. Comment ? Et pourquoi ? Parce qu'à aucun moment depuis un an au moins, Pierre Vergès n'a demandé ou s'est servi de l'autorité de son père, pour imposer sa position ou ses propositions dans la reconstruction du parti, ou "sauver" sa place d'administrateur au cabinet de la mairie du Port. En tout cas, s'il l'a fait, c'est resté sans effet. Ce qui est à l'arrivée du pareil au même (pour l'émancipation).

C'est un paradoxe. Claude Hoarau a raison. "Il n'y a pas d'héritier au PCR". Pierre Vergès a tort. "Il n'y a pas de banni". Si, il y en a eu avant lui. Il y en aura après. Et, il y a Pierre Vergès qui prend un long congé sabbatique pour mener à bien sa cavale politique. Et devenir, le "marron" du PCR. Et de Paul Vergès. Son père...



Jismy Ramoudou


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