L’association des commerçants du centre ville a, comme l’y autorise la loi, engagé un recours auprès de la Commission Nationale d’Aménagement Commercial. Maintenant que la décision de celle-ci est connue, tout en respectant sa souveraineté et sans préjuger de la suite de la procédure, je veux faire valoir mon analyse de la situation.
Il y a lieu, tout d’abord, de s’indigner quant aux méthodes visant à faire abandonner son recours par l’association de commerçants contre une somme d’argent et une promesse d’implantation d’une surface alimentaire en centre ville. Il y a là toute l’expression exécrable de la suprématie de l’argent.
Il y a lieu, également, de dénoncer l’attitude de la Municipalité du Port qui, sans concertation avec les acteurs concernés, a donné un blanc-seing à la grande distribution pour développer son activité en périphérie au détriment du commerce de proximité en coeur de ville. Même si en contrepartie, la proposition d’installer des box dans le marché couvert (fermé depuis 15 ans) respecte l’esprit de la loi, elle ne répond ni à la réalité de l’appareil commercial, ni à l’attente des commerçants. Nous ne pouvons que nous opposer à l’obstination de la Mairie à défendre ce projet jusqu’à la Commission Nationale à Paris le 15 janvier dernier, alors qu’elle avait affirmé avoir revu sa position sur le sujet. Il y a là toute l’expression affligeante de la soumission à l’argent.
Il s’agit bien, pour l’équipe sortante et son candidat de s’inscrire dans un mouvement ultra libéral qui favorise les grands groupes impersonnels en quête de toujours plus de profit, et destructeurs de dialogue social. Le pire, est d’apprendre qu’elle a attaqué le projet du groupe concurrent sur la commune voisine avec les arguments de nos commerçants du Port…Quel sentiment d’abandon pour ceux qui de génération en génération ont contribué à la prospérité de la ville ; pour ceux qui ont toujours façonné la cohésion sociale, qui par leur gestion familiale, de proximité, ont affirmé l’image d’un commerce traditionnel et tissé l’attachement de la population à ses acteurs !
Il est indispensable de refuser le diktat du libéralisme en menant, en priorité, la redynamisation du centre ville pour le préparer à résister aux nouveaux concurrents, susceptibles de s’installer en périphérie ; de considérer cette redynamisation sous de multiples aspects, tant commerciaux que d’accessibilité, de circulation, de parking, de sécurité (faut-il rappeler qu’il n’y a pas de police municipale au Port ?), d’animation et de qualité environnementale ; il faut surtout se faire un devoir d’examiner les projets dans la transparence et la concertation , car ce ne sont pas des décisions que l’on prend à quelques uns dans la confidentialité d’un bureau. Le centre ville est un centre commercial plus fragile que les autres, il faut engager des programmes forts pour le rendre attractif et concurrentiel.