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"Nicolas Sarkozy doit être jugé sur son bilan outre-mer"


Politique
Vendredi 17 Février 2012

Le candidat Sarkozy doit répondre de son bilan outre-mer avant de faire toute nouvelle promesse. Nicolas Sarkozy porte en effet la responsabilité de toute la politique de la droite dans les outre-mer depuis 2002, année de sa nomination comme ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer, puis davantage encore à partir de 2007, date de son élection à la présidence de la République.


Désormais officiellement candidat à la présidentielle, il doit en effet rendre des comptes, estime Victorin Lurel, responsable du pôle outre-mer de la campagne de François Hollande.

Le "développement endogène", qui se voulait un marqueur idéologique et qui n’était en réalité qu’un slogan, se résume en effet à un "démerdez-vous" généralisé aux résultats évidemment catastrophiques : augmentation du taux de chômage des moins de 25 ans de 49% outre-mer, augmentation du niveau des prix bien supérieur à l’Hexagone, désengagement budgétaire sans précédent de l’Etat outre-mer (baisse de 3 %, soit 390 millions d’euros, de l’effort total de l’Etat envers les outre-mer depuis l’arrivée de Sarkozy, diminution de 513 millions d’euros de la dépense fiscale d’investissement outre-mer), une politique du logement sinistrée, une explosion de l’illettrisme dans nos régions, une cohorte de jeunes sortant du système scolaire sans diplôme ou qualification chaque année, une "clochardisation" de la police nationale alors que l’insécurité explose…

Nicolas Sarkozy n’a pas plus été le « candidat du pouvoir d’achat » outre-mer qu’il ne l’a été au niveau national. Malgré toutes les promesses faites après les 44 jours de mouvement contre la vie chère en Guadeloupe, et plus généralement aux Antilles, en Guyane et à la Réunion, les 45 jours de grève qu’a connus Mayotte sur les mêmes problématiques fin 2011 illustrent le bilan en forme de triple zéro du sarkozysme en la matière.

Le transport maritime entre l’Hexagone et les Antilles reste toujours deux fois plus cher que le transport entre l’Hexagone et la Réunion en raison de la persistance de monopoles d’exploitation contre lesquels rien de concret n’a été engagé. La flambée des prix des carburants provoque aujourd’hui à La Réunion les mêmes conflits qu’en 2009 aux Antilles-Guyane.

En guise de politique, le sarkozysme s’en est remis à des gadgets coûteux comme la création de « Hauts Commissaires au développement endogène » dont le  traitement mensuel net (15.000 euros) équivaut à l’effort global annuel de l’Etat pour 5 Mahorais !

Face à ce bilan aussi lourd que médiocre, qui a de plus conduit à une stigmatisation des outre-mer et ne les a en rien remis sur les rails de la croissance et du développement, François Hollande fera mieux, davantage et autrement pour relancer une politique de développement solidaire tournée avant tout vers la lutte contre la vie chère.


Victorin Lurel


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