sak ifé nout jordu ék nout demin

Mouvements au Conseil régional / conseil général... comprenne qui pourra !


Courrier des Lecteurs
Samedi 8 Octobre 2011


Etranges, tous ces mouvements qui se dessinent aujourd’hui dans les deux collectivités que sont la Région et le Département.
 
Etranges, parce que ne correspondant pas à ce que l’on pourrait attendre d’une logique politique. Et de ce fait, pose non seulement la question de la pertinence de ces mouvements, mais, dans un deuxième temps – et de façon plus formelle – la question de la relation de confiance entre élus et administrés.

 Au conseil régional, par exemple, dirigé – mais est-il besoin de le rappeler – par un UMP siégeant dans les instances nationales de ce parti, « on » embauche énormément. Cela peut se comprendre.
 
Après la vague « sudiste », c’est une vague ... rose. Rose comme le parti de la fleur. Il y a eu Pascal Murat, ex attaché du groupe socialiste à la Région,  ex directeur de campagne de Michel Vergoz,  lors des élections régionales, ex collaborateur du maire de la Plaine des Palmistes

 Il y a eu ensuite Marie-Andrée Jaubert, elle aussi socialiste, ancienne conseillère régionale. Elle est venue « donner un coup de main » à l’équipe actuelle sur un sujet qu’elle semble connaître : la formation professionnelle.

 Aujourd’hui, et ce n’est plus un secret pour personne, la Région de Didier Robert s’adjoint les services de Eric Magamootoo. Celui-ci va émarger non dans un bureau de la pyramide inversée ; mais à Paris. A 10.000 km de « sa base ».

Avec une mission que l’on annonce comme étant du lobbying auprès de Bruxelles. Une voie de reconversion pour celui qui, en quelque sorte, s’était auto-désigné comme président de la nouvelle société chargée de la gestion de l'aéroport, la SASU, profitant des derniers moments de son mandat à la tête de la CCIR pour atteindre cet objectif.

 Renvoi d’ascenseur de Didier Robert ? Très probablement dans le dernier cas. D’autant plus que Eric Magamootoo n’avait pas caché ses ambitions, trois mois après les régionales : être le représentant de La Réunion en France et en Europe et « porter la voix des entreprises réunionnaises au niveau national d’une autre manière ».

 Et pour les deux autres embauches ? Un renvoi d’ascenseur également ? Plus subtil, probablement.

 Au conseil général, même phénomène. Depuis quelques semaines, on voit fleurir des décisions et s’effectuer des embauches dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles ne correspondent pas à la philosophie politique déployée par la présidente, lors de sa réélection à la tête du Département.

Rappelons seulement cette phrase prononcée par la présidente : « A l’issue des élections cantonales, notre majorité sortante a été renforcée. Dans l’esprit du travail commun mené et en inscrivant cette collaboration dans la continuité, je tiens à rendre hommage à la loyauté dans l’union que nous avons su préserver ».

Avec cette phrase on ne peut plus claire : « Oui, cette majorité de progrès préfigure une nouvelle gouvernance, de nouvelles aires d’influence : nous sommes en quelque sorte sur la même cordée car notre objectif est commun : notre objectif est La Réunion ».

 Alors, comment ne pas s’étonner de l’intention de  la présidente de vouloir s’adjoindre les services de l’ex attaché parlementaire de Jean-Paul Virapoullé, un certain Groven, fidèle des fidèles de l’ancien sénateur. C’est lui que la présidente du Conseil Général choisirait pour la représenter à Paris. Cherchez la cohérence politique de ce recrutement…

Et pourquoi faire également les yeux doux à un certain Xavier Jaglin ? Sur son blog, (http://www.xavierjaglin.fr), l’homme affirme ses orientations politiques : « République solidaire », le club fondé par ... Dominique de Villepin. Il milite d’ailleurs « publiquement pour la création d'une alternative en 2012 » autour de celui-ci. Il a aussi été fervent adepte de Jacques Chirac (le contenu de l’un de ses billets d’humeur est à ce titre, révélateur). Très volubile, Xavier Jaglin a laissé entendre à des proches qu’il allait assez rapidement intégrer... le cabinet de Nassimah Dindar ! Va-t-il coiffer Groven sur le poteau ? Ses bonnes relations avec Simonetti, l’ami de Didier Robert mais ennemi de Virapoullé seront-elles un handicap ?
 
Mais dans tout ces recrutements envisagés, où est la cohérence avec l’orientation soit disante progressiste du Conseil général et avec aussi avec le principe de priorité à l’embauche locale ?
 
Tout cela amène quelques questions :

 La Région et le Département à leur tête sont-ils en train de devenir le terrain de jeu de la droite nationale : d’un côté, Didier Robert avec Simonetti, sbires de Sarkozy, pour « border » tous les chiraquiens de l’île ; de l’autre, des arrivées annoncées de représentants du courant Virapoullé  pour faire une sorte de contre-poids ?
 
Les majorités respectives de ces deux collectivités partagent-elles les orientations prises par les présidences ?
 
Cette présidente et ce président peuvent-ils encore être en phase avec ceux qui les ont élu(e)s ? N’y aurait-il pas comme un « divorce » entre ces responsables et leur électorat ? Et de manière encore plus générale, l’ensemble de la population réunionnaise ?
 
Et si  chacune et chacun, à sa façon, a pour maître mot  « démocratie », ces phénomènes d’embauches ne sont-ils pas de nature à fortement modifier le sens du mot ?
 
Le deuxième mot d’ordre de ces deux élus est « responsabilité ». Mais est-ce bien être responsable que de tourner le dos aux convictions de celles et ceux qui vous ont fait confiance : l’un de droite, phagocytant le PS ; l’autre, progressiste, répondant aux sirènes d’une droite néo libérale ?

Enfin, Didier Robert a aussi expliqué que son mouvement devait «  prendre part à l'évolution institutionnelle et obtenir la majorité dans la future collectivité territoriale ».

 L’une et l’autre ne sont-ils pas en train de faire le berceau d’une ...  assemblée unique ?

 Kora-Ly Payet




      Partager Partager

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 17 Mars 2014 - 09:48 "L’arrogant mépris de Gilbert Annette !"