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Max Galbois : Monsieur le Recteur revenez sur votre arrêté


Politique
Dimanche 13 Octobre 2013

NOUVEAUX CALENDRIERS SCOLAIRES
LETTRE OUVERTE AU RECTEUR


Après avoir été consulté sur le PEDT (activités périscolaires pouvant se greffer à l’initiative des communes et selon leurs propres modalités, après les cours et dans la continuité des exigences éducatives), l’Education Prioritaire, les programmes scolaires de 2008,…, je pensais que l’avis de la communauté scolaire aurait été naturellement aussi sollicité à propos des propositions de nouveaux calendriers scolaires.
 
Quelle a été ma consternation de recevoir votre arrêté fixant le calendrier scolaire de l’académie de la Réunion pour les années scolaires 2014-2015, 2015-2016, 2016-2017, le vendredi 6 octobre à 10h et modifié le jour même, à ….14h ! (http://www.ac-reunion.fr/outils/infos-pratiques/calendrier-scolaire.html)
Et pourtant, l’application de la loi sur la refondation de l’école et en particulier la mise en œuvre de  la réforme du rythme scolaire ne pourront être effectivement fructueuses dans l’académie, que si nous y ajoutons à nos projets, la réorganisation de notre calendrier scolaire. 
 
Les problématiques des rythmes étant ainsi intégrées dans la nouvelle organisation du temps d’école, il est par conséquent logique et souhaitable, que le déroulement de la vie scolaire à la Réunion se retrouve modifié. 
 
Souvent évoqué lors des intempéries ou de grosses chaleurs, parfois débattu lors des évaluations mais souvent imposé par « mimétisme métropolitain » notre calendrier scolaire ne tient compte ni des spécificités climatiques de l’île, ni du biorythme de nos marmailles. Et pourtant, c’est un enjeu de société. Plus d’un tiers de la population réunionnaise est à l’école. Notre académie accumule les mauvais résultats en matière d’évaluation en CE1 et CM2 en français et en mathématiques sur ces dernières années. 40% des élèves ont des acquis insuffisants ou fragiles. Et, paradoxalement, l’académie a un taux de réussite de 80 % environ au brevet des collèges et au baccalauréat. Malheureusement, parmi les 36% de ces bacheliers entrant à l’université, 65% d’entre eux sont en échec dès leur première année universitaire. 
 
Le nombre de jeunes qui quittent le système avec des difficultés de lecture est passé de 22% à 28% (recensement lors des Journées Citoyennes). 
 
Au regard de ce constat, il est plus que nécessaire aujourd’hui d’adapter de manière cohérente le temps scolaire à nos particularités. A quoi bon respecter les rythmes naturels des apprentissages et de repos de l’enfant si nous ne prenons pas en compte son environnement naturel qui l’influence ? Alors que les compétences et connaissances du 1er trimestre sont à peine consolidées, nos élèves partent 4 à 5 semaines en vacances, de décembre à janvier, et parfois plus, si un cyclone se met de la partie. Après cette longue et pénalisante coupure (aucun pays n’a de vacances aussi longues au milieu de son calendrier scolaire), ils reprennent l’année scolaire dans des conditions peu favorables aux apprentissages : chaleur, fatigue, irritabilité, ….(nos élèves rentreront le 19 janvier en 2015, soit avant le personnel du BTP qui lui reprend fin janvier à cause des fortes chaleurs). Et pour les vacances d’hiver austral, de nombreuses  familles quittent le département parfois 15 jours avant la fin des classes pour bénéficier des billets d’avion moins chers. 
 
Ce rythme scolaire décousu affecte naturellement davantage les élèves les plus fragiles. Cette organisation en l’état entretient les inégalités et me semble loin d’être efficiente. 
L’aménagement du calendrier scolaire de l’académie devient donc un impératif et un débat sur ce sujet est indispensable. 
 
Pour ma part, un calendrier scolaire qui démarrerait en février pour se terminer avant Noël serait à mon sens plus cohérent et certainement plus efficace sur le plan des apprentissages. Notre période scolaire serait ainsi en cohérence, avec celle les pays de la zone, de l’Afrique du Sud à l’Australie.
Pour les étudiants qui partiraient faire leurs études en métropole, soit moins de 3% (1500 étudiants environ  - université/prépa) de la population scolaire (un nombre marginal au regard de la population scolaire concernée : 230.000), ils pourront mieux se préparer avant la rentrée universitaire métropolitaine dans des projets éducatifs et coopératifs voire humanitaires sur l’île ou dans la zone.
Des difficultés surgiront sans doute à l’Université lors des recrutements des professeurs venant de la métropole, ou pour les élèves quittant les classes préparatoires pour intégrer les grandes écoles. Pour ceux aussi désirant passer des concours de la fonction publique (mai/juin). Des adaptations devront être trouvées.
 
L’Elève étant notre seule et unique priorité, il nous faut trouver aujourd’hui, une meilleure « cohabitation » entre son rythme biologique et son environnement. 
C’est de la responsabilité de l’ensemble de la communauté éducative et de nos élus  sous votre initiative,  de porter ce débat. 
 
Aussi, je vous demande Monsieur le Recteur, de revenir sur votre arrêté et de bien vouloir ouvrir cet important chantier pour tous les acteurs éducatifs de notre île.
 
 
Cordialement.
 

Max GALBOIS - Saint-Leu


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