"Concernant la méthodologie, nos mesures et actions font l’objet de quatre exigences fondamentales :
-1. Une exigence de globalisation de la formation professionnelle réfléchie et opérationnelle, en constante interaction avec l’emploi et le développement économique :
⁃ l’investissement dans les hommes est une condition de développement économique, car il est pour nous générateur de développement de l’existant, d’innovation technologique et économique.
⁃ Il s’agit de l’axe 1 du contrat de plan du Contrat de Plan Régional De la Formation : « La formation, moteur du développement économique » ;
- 2. une exigence de lisibilité et de cohérence :
Une organisation concertée et coordonnée de la formation et de l’enseignement ;
un réel pilotage pour traiter les inégalités sociales de notre territoire ;
- 3 une exigence de transversalité : l’objectif est de rompre la juxtaposition, les superpositions et la segmentation à travers une approche territoriale et transversale :
- 4 une exigence d’efficacité aussi bien dans l’augmentation du niveau de qualification des Réunionnais que dans l’amélioration du taux d’insertion professionnelle.
Voilà pour ce qui concerne le cadre et la méthode.
Concernant le diagnostic, la Région Réunion a identifié quatre défis majeurs.
1 -Le défi de la jeunesse est notre première préoccupation.
40 % de notre population a moins de 25 ans (31 % dans l’Hexagone). À raison de 1,5 % par an depuis plus de 10 ans, l’accroissement de notre population est soutenu et dynamique ; ce taux est deux fois plus important que dans l’Hexagone. Tous les ans, nous enregistrons 15 000 naissances (l’équivalent de deux communes). Nous affichons des ambitions majeures de développement de notre territoire, ce qui implique des actions fortes en termes de formation, de logement, de transport, etc.
2-Concernant le défi de la qualification : plus de 70 % de notre population a un niveau inférieur au CAP, BEP. Sur les 8 000 jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, 3 500 sont en décrochage scolaire, 2 500 en situation d’illettrisme (repérés dans le cadre de la journée d’appel du RSMA).
3-le défi économique : notre tissu économique est composé de très petites et moyennes entreprises. Plus de 70 % de nos entreprises n’ont aucun salarié, 90 % moins de 5 salariés.
4- le défi de l' emploi : à La Réunion, 56,2 % des jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi. La situation est alarmante. Je viens de Saint-Louis, plus particulièrement du quartier La Palissade, qui a fait malheureusement parler de lui lors des nuits d'émeutes urbaines , lors des derniers mouvement de révolte des jeunes ,car La jeunesse, en mal de travail, commence à se révolter ! Il est donc important pour nous de poursuivre et d’amplifier les actions que nous menons, car un jeune formé à 2 fois de plus de chances de trouver une solution d' insertion que celui ne possédant rien .
Le taux de chômage s’élève à 29 % à La Réunion (11 % en métropole).
Afin de relever ces défis, la région Réunion a fait le choix d’une politique volontariste, structurée et ambitieuse en matière d’insertion et de formation de sa jeunesse. Voici quelques exemples qui caractérisent nos actions.
Tous les ans, les missions locales de La Réunion bénéficient d’un financement du Conseil régional de plus de 2 millions d’euros dans le cadre de l’information, l’orientation, l’accompagnement et le suivi des jeunes (en construisant avec eux des parcours personnalisés vers l’emploi).
La Région Réunion intervient chaque année, en collaboration avec l’État, dans le cadre du décrochage scolaire ; quelque 3 500 jeunes sont intégrés dans le plan « Agir pour la jeunesse ». Je citerai deux dispositifs : le Service Militaire Adapté (810 places), l’École de la deuxième chance (500 places).
Les parcours professionnels sécurisés offrent chaque année la possibilité à un millier de jeunes de faible niveau de qualification Niv V de s’inscrire dans un parcours de remise à niveau, de pré-qualification et de qualification vers un titre professionnel(pour une durée d’un an ). C’est une enveloppe très conséquente incluant une rémunération, que nous avons néanmoins tenu à mobiliser (au regard de la situation de ces jeunes).
La Région accompagne fortement l’apprentissage. Plus de 4 600 jeunes sont ainsi accompagnés, soit une progression de 11 % par an (depuis deux ans). Notre objectif étant de doubler l’offre d’apprentissage à La Réunion, nous mettons les moyens financiers correspondants (33 millions d’euros). En 2013, 500 places supplémentaires seront ouvertes.
Concernant l’apprentissage et les place vacantes, en 2013, nous cherchons à ouvrir des places supplémentaires en CFA, mais surtout à optimiser les places aujourd’hui disponibles. Il convient également de faire attention aux schémas concurrentiels. Pour éviter les phénomènes de concurrence, nous nous orientons vers le secteur non-marchand (Bac+2) s’agissant des emplois d’avenir Nous ciblons du niveau V au niveau I concernant l’apprentissage en proposant des parcours sans rupture par filière et proposant une complémentarité des offres des centre de formation par apprentissage sur nos filières prioritaires.
Notre jeunesse est en difficulté et nous avons pourtant des places d’apprentissage inoccupées. Certaines entreprises attendent des jeunes et n’en trouvent pas ! La solution n’est donc pas uniquement de créer l’offre de formation et d’emploi, mais également de susciter la motivation auprès de notre jeunesse.
Concernant les jeunes cadres, en 2013, nous avons lancé une expérimentation auprès d’une centaine de jeunes pour les aider à créer leur entreprise.
Concernant les emplois d’avenir, la région s’est mobilisée pour créer 1 000 contrats d’avenir à destination des publics Bac+2, avec pour 750 d'entre eux une orientation en direction du monde économique. Nous allons accompagner le monde économique à hauteur de 35 % supplémentaires, amenant la prise en charge à hauteur de 70 %, pour accompagner notre jeunesse sur les emplois d’avenir du secteur marchand (en accord avec le monde économique). Pour les autres contrats à destination du secteur non marchand une cible se fera sur les structures associatives proches de l'insertion économique (ex : les offices du tourismes ,..)
Sur les 24 216 places et les dispositifs que La Réunion propose, près de 60 % sont à disposition de notre jeunesse. Mener ces chantiers, comme nous l’avons fait jusqu’à présent, notamment grâce aux fonds sociaux européens (dans le cadre du PO 2007-2013) est pour nous une ambition et la poursuite de nos actions régionales.
Au-delà de la dimension financière, nos préconisations porteront sur quatre éléments fondamentaux :
- favoriser une nécessaire coordination des actions en faveur de la jeunesse,
- développer fortement l’apprentissage,
- appréhender le chômage des jeunes de manière globale à travers les volets financier, territorial (acteurs locaux),
- favoriser la mobilité grâce à une politique de la mobilité de la région Réunion.
Je vous remercie de votre attention.
Question 1- Vous avez parlé de la transversalité et affiché votre souhait de voir les différentes actions coordonnées. J’aimerais vous poser la question suivante : quels sont vos liens avec l’école et l’enseignement supérieur ? À mon avis, la déscolarisation intervient très tôt, peut-être dès l’école primaire. Quel est votre point de vue sur la nécessaire coordination entre l’école, la région et les universités ?
M. Grondin.- Nous avons lancé une expérimentation au sein de l’université (dans le cadre de la sécurisation des parcours). C’est une expérimentation unique sur notre territoire. Nous l’appelons le cycle préparatoire d’insertion d’enseignement supérieur ou « L0 ». L’échec est très important en 1ère année à l’université (50 à 60 %).
Plus de 200 jeunes (une centaine dans le nord, une centaine dans le sud) suivent ce cycle en deux périodes : les six premiers mois sont consacrés à la détermination du projet. Les six mois suivants, soit ils intègrent l’apprentissage ou un cycle universitaire, soit ils repartent dans le monde du travail ou la création d’activité.
Nous collaborons avec les IUT sur l’apprentissage. Nous avons des offres universitaires reconnues par le CFA. L’université de La Réunion a été labellisée Centre de formation et d’apprentissage. Nous avons une offre intéressante en IUT et proposons des formations jusqu’au niveau ingénieur.
Nous travaillons sur la carte des formations professionnelles en partenariat avec les lycées. Je suis très insatisfait de ce travail. Malgré la signature du CPRDF avec le recteur d’académie de La Réunion et le DRAF, nous sommes loin d’être en mesure de travailler aujourd’hui de façon cohérente et en concertation avec les lycées. Depuis un certain nombre d’années, nous réclamons les taux d’insertion après les formations Éducation nationale ; nous ne pouvons pas les obtenir. Cela soulève la question des arbitrages quant à nos orientations professionnelles.
Concernant les écoles primaires et les collègues, l’acte III de la décentralisation ou le partage de compétences amènera-t-il une collaboration avec le Conseil général et les communes. Pour l’instant, chaque structure oeuvre dans son champs et son secteur et sur ces publics de façon très restrictif .
Quelle solution ?
1.Simplifier le mille-feuille administratif
- Chaque collectivité territoriale bénéficie de la clause générale de compétence, qui lui permet d’intervenir dans presque tous les domaines.
- Cette clause provoque donc une multiplication des acteurs des politiques locales, d’où des problèmes d’effets-doublons, de confusion, de déperdition, de considérable surcoût et d'absence de regard démocratique des citoyens sur les actions de chacun. .
engager la réflexion sur le regroupement des acteurs publics concernés dans des agences à thème, dotées d’objectifs précis : l’Agence pour la formation professionnelle et l’apprentissage,
Ces agences pourraient être nationales ou régionales.
Quelle est votre approche partenariale ?
M. Grondin.- Nous avons associé le Conseil économique, social et environnemental (CESER) de La Réunion à l’élaboration de notre contrat de plan régional et (CECE) conseil économique de la culture et de l 'éducation , car nous souhaitions qu’ils participent à cette démarche ; voilà pourquoi nous l’avons validée avec eux . Le CESER et CECE a été associé à l’élaboration des axes, des fiches d’actions etc. Nous avons ainsi tenu compte des spécificités et des attentes locales.
D’une façon générale, nous essayons d’associer le monde économique aux actions que nous mettons en œuvre. Par exemple, nous possédons un comité d’experts sur le tourisme. En tant que président de la commission sectorielle emploi et formation, je tiens à ce que le monde économique soit consulté afin de vérifier que nos choix de formation sont en phase avec la réalité du terrain.
Concernant les projets d’anticipation qui sont les nôtres à la région Réunion, le projet Matignon 2 représente 1,6 milliard de travaux. Les syndicats professionnels sont associés ; nous avons ouvert 600 places de formation professionnelle dans le secteur de l’aménagement BTP, dans le cadre de la route du littoral. Tous les syndicats œuvrant dans le champ de la logistique, de la construction sont associés pour déterminer les formations dont le monde économique a besoin pour mener à bien ces chantiers. Nous sommes descendus chantier par chantier, lot par lot, en collaboration avec Pôle Emploi notamment, afin d’apporter une réponse adaptée en matière d’offre de formation.
Quelles sont vos actions sur l 'illettrismes ?
M. Grondin.- Nous n’avons pas encore les résultats. Depuis un an et demi, nous avons mis en place « des cases à lire » qui est une prise en charge globale de la famille pour lutter contre problématique de l’illettrisme. Ma collègue préfère parler de personnes en situation de difficulté en écriture et en lecture. Pour elle, l’illettrisme est trop marqué.
46"cases à lire" ont été montées et financées par la région, soit deux par commune (La Réunion en compte 24). Les entrées ne sont pas les entrées habituelles : théâtre, danse, slam, etc. L’approche pédagogique n’est pas scolaire.
Hier se tenait le colloque de l’illettrisme à La Réunion. Les chiffres sont alarmants et nous n’arrivons pas à juguler le problème. Quelque 100 000 personnes sont en situation de difficulté d’écriture et de lecture et 10.000 personnes en situation d’illettrisme".
-1. Une exigence de globalisation de la formation professionnelle réfléchie et opérationnelle, en constante interaction avec l’emploi et le développement économique :
⁃ l’investissement dans les hommes est une condition de développement économique, car il est pour nous générateur de développement de l’existant, d’innovation technologique et économique.
⁃ Il s’agit de l’axe 1 du contrat de plan du Contrat de Plan Régional De la Formation : « La formation, moteur du développement économique » ;
- 2. une exigence de lisibilité et de cohérence :
Une organisation concertée et coordonnée de la formation et de l’enseignement ;
un réel pilotage pour traiter les inégalités sociales de notre territoire ;
- 3 une exigence de transversalité : l’objectif est de rompre la juxtaposition, les superpositions et la segmentation à travers une approche territoriale et transversale :
- 4 une exigence d’efficacité aussi bien dans l’augmentation du niveau de qualification des Réunionnais que dans l’amélioration du taux d’insertion professionnelle.
Voilà pour ce qui concerne le cadre et la méthode.
Concernant le diagnostic, la Région Réunion a identifié quatre défis majeurs.
1 -Le défi de la jeunesse est notre première préoccupation.
40 % de notre population a moins de 25 ans (31 % dans l’Hexagone). À raison de 1,5 % par an depuis plus de 10 ans, l’accroissement de notre population est soutenu et dynamique ; ce taux est deux fois plus important que dans l’Hexagone. Tous les ans, nous enregistrons 15 000 naissances (l’équivalent de deux communes). Nous affichons des ambitions majeures de développement de notre territoire, ce qui implique des actions fortes en termes de formation, de logement, de transport, etc.
2-Concernant le défi de la qualification : plus de 70 % de notre population a un niveau inférieur au CAP, BEP. Sur les 8 000 jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, 3 500 sont en décrochage scolaire, 2 500 en situation d’illettrisme (repérés dans le cadre de la journée d’appel du RSMA).
3-le défi économique : notre tissu économique est composé de très petites et moyennes entreprises. Plus de 70 % de nos entreprises n’ont aucun salarié, 90 % moins de 5 salariés.
4- le défi de l' emploi : à La Réunion, 56,2 % des jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi. La situation est alarmante. Je viens de Saint-Louis, plus particulièrement du quartier La Palissade, qui a fait malheureusement parler de lui lors des nuits d'émeutes urbaines , lors des derniers mouvement de révolte des jeunes ,car La jeunesse, en mal de travail, commence à se révolter ! Il est donc important pour nous de poursuivre et d’amplifier les actions que nous menons, car un jeune formé à 2 fois de plus de chances de trouver une solution d' insertion que celui ne possédant rien .
Le taux de chômage s’élève à 29 % à La Réunion (11 % en métropole).
Afin de relever ces défis, la région Réunion a fait le choix d’une politique volontariste, structurée et ambitieuse en matière d’insertion et de formation de sa jeunesse. Voici quelques exemples qui caractérisent nos actions.
Tous les ans, les missions locales de La Réunion bénéficient d’un financement du Conseil régional de plus de 2 millions d’euros dans le cadre de l’information, l’orientation, l’accompagnement et le suivi des jeunes (en construisant avec eux des parcours personnalisés vers l’emploi).
La Région Réunion intervient chaque année, en collaboration avec l’État, dans le cadre du décrochage scolaire ; quelque 3 500 jeunes sont intégrés dans le plan « Agir pour la jeunesse ». Je citerai deux dispositifs : le Service Militaire Adapté (810 places), l’École de la deuxième chance (500 places).
Les parcours professionnels sécurisés offrent chaque année la possibilité à un millier de jeunes de faible niveau de qualification Niv V de s’inscrire dans un parcours de remise à niveau, de pré-qualification et de qualification vers un titre professionnel(pour une durée d’un an ). C’est une enveloppe très conséquente incluant une rémunération, que nous avons néanmoins tenu à mobiliser (au regard de la situation de ces jeunes).
La Région accompagne fortement l’apprentissage. Plus de 4 600 jeunes sont ainsi accompagnés, soit une progression de 11 % par an (depuis deux ans). Notre objectif étant de doubler l’offre d’apprentissage à La Réunion, nous mettons les moyens financiers correspondants (33 millions d’euros). En 2013, 500 places supplémentaires seront ouvertes.
Concernant l’apprentissage et les place vacantes, en 2013, nous cherchons à ouvrir des places supplémentaires en CFA, mais surtout à optimiser les places aujourd’hui disponibles. Il convient également de faire attention aux schémas concurrentiels. Pour éviter les phénomènes de concurrence, nous nous orientons vers le secteur non-marchand (Bac+2) s’agissant des emplois d’avenir Nous ciblons du niveau V au niveau I concernant l’apprentissage en proposant des parcours sans rupture par filière et proposant une complémentarité des offres des centre de formation par apprentissage sur nos filières prioritaires.
Notre jeunesse est en difficulté et nous avons pourtant des places d’apprentissage inoccupées. Certaines entreprises attendent des jeunes et n’en trouvent pas ! La solution n’est donc pas uniquement de créer l’offre de formation et d’emploi, mais également de susciter la motivation auprès de notre jeunesse.
Concernant les jeunes cadres, en 2013, nous avons lancé une expérimentation auprès d’une centaine de jeunes pour les aider à créer leur entreprise.
Concernant les emplois d’avenir, la région s’est mobilisée pour créer 1 000 contrats d’avenir à destination des publics Bac+2, avec pour 750 d'entre eux une orientation en direction du monde économique. Nous allons accompagner le monde économique à hauteur de 35 % supplémentaires, amenant la prise en charge à hauteur de 70 %, pour accompagner notre jeunesse sur les emplois d’avenir du secteur marchand (en accord avec le monde économique). Pour les autres contrats à destination du secteur non marchand une cible se fera sur les structures associatives proches de l'insertion économique (ex : les offices du tourismes ,..)
Sur les 24 216 places et les dispositifs que La Réunion propose, près de 60 % sont à disposition de notre jeunesse. Mener ces chantiers, comme nous l’avons fait jusqu’à présent, notamment grâce aux fonds sociaux européens (dans le cadre du PO 2007-2013) est pour nous une ambition et la poursuite de nos actions régionales.
Au-delà de la dimension financière, nos préconisations porteront sur quatre éléments fondamentaux :
- favoriser une nécessaire coordination des actions en faveur de la jeunesse,
- développer fortement l’apprentissage,
- appréhender le chômage des jeunes de manière globale à travers les volets financier, territorial (acteurs locaux),
- favoriser la mobilité grâce à une politique de la mobilité de la région Réunion.
Je vous remercie de votre attention.
Question 1- Vous avez parlé de la transversalité et affiché votre souhait de voir les différentes actions coordonnées. J’aimerais vous poser la question suivante : quels sont vos liens avec l’école et l’enseignement supérieur ? À mon avis, la déscolarisation intervient très tôt, peut-être dès l’école primaire. Quel est votre point de vue sur la nécessaire coordination entre l’école, la région et les universités ?
M. Grondin.- Nous avons lancé une expérimentation au sein de l’université (dans le cadre de la sécurisation des parcours). C’est une expérimentation unique sur notre territoire. Nous l’appelons le cycle préparatoire d’insertion d’enseignement supérieur ou « L0 ». L’échec est très important en 1ère année à l’université (50 à 60 %).
Plus de 200 jeunes (une centaine dans le nord, une centaine dans le sud) suivent ce cycle en deux périodes : les six premiers mois sont consacrés à la détermination du projet. Les six mois suivants, soit ils intègrent l’apprentissage ou un cycle universitaire, soit ils repartent dans le monde du travail ou la création d’activité.
Nous collaborons avec les IUT sur l’apprentissage. Nous avons des offres universitaires reconnues par le CFA. L’université de La Réunion a été labellisée Centre de formation et d’apprentissage. Nous avons une offre intéressante en IUT et proposons des formations jusqu’au niveau ingénieur.
Nous travaillons sur la carte des formations professionnelles en partenariat avec les lycées. Je suis très insatisfait de ce travail. Malgré la signature du CPRDF avec le recteur d’académie de La Réunion et le DRAF, nous sommes loin d’être en mesure de travailler aujourd’hui de façon cohérente et en concertation avec les lycées. Depuis un certain nombre d’années, nous réclamons les taux d’insertion après les formations Éducation nationale ; nous ne pouvons pas les obtenir. Cela soulève la question des arbitrages quant à nos orientations professionnelles.
Concernant les écoles primaires et les collègues, l’acte III de la décentralisation ou le partage de compétences amènera-t-il une collaboration avec le Conseil général et les communes. Pour l’instant, chaque structure oeuvre dans son champs et son secteur et sur ces publics de façon très restrictif .
Quelle solution ?
1.Simplifier le mille-feuille administratif
- Chaque collectivité territoriale bénéficie de la clause générale de compétence, qui lui permet d’intervenir dans presque tous les domaines.
- Cette clause provoque donc une multiplication des acteurs des politiques locales, d’où des problèmes d’effets-doublons, de confusion, de déperdition, de considérable surcoût et d'absence de regard démocratique des citoyens sur les actions de chacun. .
engager la réflexion sur le regroupement des acteurs publics concernés dans des agences à thème, dotées d’objectifs précis : l’Agence pour la formation professionnelle et l’apprentissage,
Ces agences pourraient être nationales ou régionales.
Quelle est votre approche partenariale ?
M. Grondin.- Nous avons associé le Conseil économique, social et environnemental (CESER) de La Réunion à l’élaboration de notre contrat de plan régional et (CECE) conseil économique de la culture et de l 'éducation , car nous souhaitions qu’ils participent à cette démarche ; voilà pourquoi nous l’avons validée avec eux . Le CESER et CECE a été associé à l’élaboration des axes, des fiches d’actions etc. Nous avons ainsi tenu compte des spécificités et des attentes locales.
D’une façon générale, nous essayons d’associer le monde économique aux actions que nous mettons en œuvre. Par exemple, nous possédons un comité d’experts sur le tourisme. En tant que président de la commission sectorielle emploi et formation, je tiens à ce que le monde économique soit consulté afin de vérifier que nos choix de formation sont en phase avec la réalité du terrain.
Concernant les projets d’anticipation qui sont les nôtres à la région Réunion, le projet Matignon 2 représente 1,6 milliard de travaux. Les syndicats professionnels sont associés ; nous avons ouvert 600 places de formation professionnelle dans le secteur de l’aménagement BTP, dans le cadre de la route du littoral. Tous les syndicats œuvrant dans le champ de la logistique, de la construction sont associés pour déterminer les formations dont le monde économique a besoin pour mener à bien ces chantiers. Nous sommes descendus chantier par chantier, lot par lot, en collaboration avec Pôle Emploi notamment, afin d’apporter une réponse adaptée en matière d’offre de formation.
Quelles sont vos actions sur l 'illettrismes ?
M. Grondin.- Nous n’avons pas encore les résultats. Depuis un an et demi, nous avons mis en place « des cases à lire » qui est une prise en charge globale de la famille pour lutter contre problématique de l’illettrisme. Ma collègue préfère parler de personnes en situation de difficulté en écriture et en lecture. Pour elle, l’illettrisme est trop marqué.
46"cases à lire" ont été montées et financées par la région, soit deux par commune (La Réunion en compte 24). Les entrées ne sont pas les entrées habituelles : théâtre, danse, slam, etc. L’approche pédagogique n’est pas scolaire.
Hier se tenait le colloque de l’illettrisme à La Réunion. Les chiffres sont alarmants et nous n’arrivons pas à juguler le problème. Quelque 100 000 personnes sont en situation de difficulté d’écriture et de lecture et 10.000 personnes en situation d’illettrisme".