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Les députés votent contre l'inéligibilité à vie des élus condamnés pour corruption


Politique
Vendredi 21 Juin 2013

Le 3 avril dernier, dans une brève allocution télévisée, et en pleine affaire Cahuzac, le président de la République avait promis l'inéligibilité définitive pour les élus condamnés pour fraude fiscale ou corruption. Mercredi, l'Assemblée nationale ne l'a pas suivi. Les députés ont juste porté de 5 à 10 ans l'inéligibilité des politiques reconnus coupables de faits de fraude et/ou de corruption. François Hollande a encore pris une Gauche…


Au bal des hypocrites, à maintes reprises une grande majorité de députés PS a prouvé qu'elle n'était maladroite. C'était déjà le cas sur le cumul des mandats. Tous avaient signé pour démissionner de leur(s) mandat(s) exécutif(s) suite à leur élection à l'Assemblée nationale, seul(e)s quelques-un(e)s (entre autres Monique Orphé et Ericka Bareigts) avaient respecté leur engagement. Quitte à faire passer Martine Aubry alors première secrétaire du PS, pour un responsable politique sans autorité.

Mardi, les députés socialistes ont remis le couvert. Le 3 avril dernier, c'est le président de la République, affaibli par l'affaire Cahuzac, qui pour sauver les apparences, annonce des mesures pour moraliser la vie politique. L'une d'elles était l'inéligibilité à vie pour les élus condamnés pour corruption et/ou fraude fiscale. Le texte a été voté mercredi. Et, les députés ont fait preuve d'une grande lucidité et d'un pragmatisme stupéfiant : ils se sont opposés à l'inéligibilité définitive pour les élus reconnus coupables de faits de fraude et/ou de corruption.

Ainsi donc le ou la politique coupable de fraude et de corruption aura donc droit à une seconde chance après 5 à 10 ans de purgatoire. Quel que soit le volume d'argent soustrait au fisc, quel que soit le montant de l'argent reçu de manière illicite, dans l'exercice de leur(s) fonction(s) élective(s), l'élu pourra toujours recommencer, et cela juste après avoir purger sa peine. Une fois encore, le PS mise sur la rédemption et les valeurs humaines. C'est beau !

Et puis soyons honnête ! Comment un politique peut faire des lois sévères contre ses propres faiblesses humaines. Comment peut-il se mettre un boulet au pied, alors qu'il veut continuer à profiter du confort pécunier et matériel de son mandat. C'est comme si vous demandez à un politique : "Vous préférez moderniser les prisons où les écoles ?" Sa réponse est simple : "Je n'ai aucune chance de retourner à l'école". Sans commentaire.

Jismy Ramoudou


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