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Le torchon brûle entre l'Alliance/PCR et Nassimah Dindar


Politique
Jeudi 1 Mars 2012

Le divorce est-il consommé entre la présidente du Conseil général et les élus de Gauche de la majorité arc-en-ciel du Conseil général ? Pour certains d'entre eux, "Nassimah Dindar est déjà retournée dans sa famille politique originelle". Le communiqué de l'Alliance/PCR adressé mardi soir à la presse, est un pas supplémentaire vers une rupture programmée ?


Les coups ne sont plus mouchetés. Le PS et l'Alliance/PCR laissent éclater au grand jour, les tensions qui perdurent entre les deux partis de Gauche, et la présidente du Conseil général. Cette bataille latente et récurrente, a débuté il y a quelques mois. Deux proches de l'Alliance/PCR, au cabinet et à la communication, ont été "mises au placard". Le contrat de l'une d'entre elles n'a pas été renouvelé.

Cet épisode mettait fin à une situation particulière : la vraie place de Pierre Vergès au sein du Conseil général. Le quatrième vice-président avait pourtant précisé dans un article publié sur notre site, le 3 août 2011, Pierre Vergès déclarait : "Je ne suis pas le président bis du Conseil général". La polémique autour de l'éventuelle embauche de Jean-Michel Groven, ex-assistant parlementaire de Jean-Paul Virapoullé battu aux Sénatoriales, a également accentué un malaise. C'était au mois d'octobre 2011.

Le 19 octobre, le Journal de l'île titrait : "Le PCR menace de faire exploser la majorité". Le 20 octobre, sur notre site, Paul Vergès déclarait : "Il n'y aucune raison de modifier la majorité du Conseil général". Quatre jours plus tard, toujours sur Inforéunion.net, le chef historique du PCR précisait : "Nassimah Dindar est descendue de son piédestal, ce n'est plus qu'un chef de parti".

Pour Nassimah Dindar, Paul Vergès est tombé lui, de son piédestal : contreperformance de l'Alliance/PCR, éviction de la présidence du Conseil de surveillance d'Air Austral, contestation interne à l'Alliance/PCR révélée au grand jour (élections municipales partielles de Sainte-Suzanne, Législatives dans la deuxième circonscription…). Peu à peu, la présidente du Département a pris ses distances avec Paul Vergès.

La liquidation de l'Arast souhaitée par Paul Vergès, où Nassimah Dindar a assumé seule l'entière responsabilité et la vindicte populaire, n'est pas non plus étrangère à cette situation conflictuelle. Est-ce à dire que Paul Vergès et l'Alliance/PCR ont sous-estimé la présidente du Conseil général. Sans doute. C'est ce qu'on pourrait croire en lisant le communiqué adressé mardi soir à la presse.

"Malgré l’expression de deux des trois groupes de la majorité lors de la réunion du groupe majoritaire de vendredi dernier, le groupe PCR-Alliance prend acte que la Présidente du Conseil général a fait le choix de maintenir sa position sans tenir compte des propositions et réserves formulées par des composantes de sa majorité sur la question de l’engagement du Conseil Général à financer des mesures qui concernent uniquement le secteur privé, ou régit par l’Etat".

Ainsi, Nassimah Dindar a une nouvelle fois passé outre l'avis de l'Alliance/PCR et du PS. L'Alliance/PCR s'est démarquée un peu plus de la présidente du Conseil général dans le conflit sur la cherté de la vie. "Les fonds publics du Conseil général doivent être préservés pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin et qui font appel de façon croissante aux dispositifs sociaux (aide sociale, habitat, ....) de la collectivité".

S'il est évident que l'union sacrée des Cantonales de mars 2011, a vécu, la question qui se pose : jusqu'à quand tiendra ce mariage forcé ?

Jismy Ramoudou


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