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Le sans-plomb à 1,67 €, le gazole à 1,29 € pour 800.000 Réunionnais, et du gazole à moins d'un € pour 25 "rusés"


Édito
Mardi 11 Septembre 2012

Trois ans après les discrets états généraux, un constat s'impose : le gouvernement Sarkozy/Fillon a lamentablement échoué dans la lutte contre la vie chère et les monopoles surtout pétroliers. N'ayons aucune illusion, le gouvernement socialiste ne fera pas mieux sur ce point précis. Paradoxe, Morad Guelalta, Michel Alamèle, Johny Grindu et quelques autres font débarquer ce matin 120.000 litres de gazole qui seront revendus à moins d'un euros le litre, à 25 clients. Les veinards !


Le sans-plomb à 1,67 €, le gazole à 1,29 € pour 800.000 Réunionnais, et du gazole à moins d'un € pour 25 "rusés"
Le communiqué est tombé à 20h19 sur les mails des rédactions. Le sans-plomb passe de 1,61 € à 1,67 € et le gazole, de 1,21 € à 1,29 €. L'automobiliste, véritable pompe à fric pour les pétroliers, va passer à la caisse. Une fois de plus. C'est aujourd'hui une fatalité. Peut-être pas demain. Car, si effectivement ce matin, Morad Guelalta, Johny Grindu, Michel Alamèle et quelques autres réceptionnent au Port, les 120.000 litres de gazole, achetés il y a quelques mois à un fournisseur de Singapour, c'est une première faille dans le monopole pétrolier.

Si la livraison est réalisée ce matin, c'est un événement économique et politique d'envergure. Sur le plan économique, cela montre qu'il existe des circuits de ravitaillement qui permettent des prix de carburant compétitifs. Sur le plan politique, quelques chefs d'entreprises auront réussi là, où toute la classe politique, toutes tendances confondues, ont lamentablement échoué - volontairement ou involontairement - depuis des décennies.

Et paradoxe, la conclusion de la longue bataille menée par ces entrepreneurs, tombe le jour d'un énième et retentissant échec pour l'Etat et des responsables politiques locaux : c'est-à-dire stopper la flambée du prix du carburant à La Réunion. Et c'est aussi une nouvelle preuve du diktat du monopole pétrolier. Ce monopole est-il vraiment fragilisé aujourd'hui ? Sans doute pas. Car, lorsque des entrepreneurs qui veulent importer du carburant à moins d'un euro, sont convoqués dans le bureau d'un représentant de l'Etat pour s'entendre dire : "Est-ce que vous savez où vous mettez les pieds ?" Il est évident que ledit représentant a été chargé de passer un message. Le monopole ne lâchera rien.

Car, si l'on excepte le manque à gagner pour les pétroliers, ce genre d'approvisionnement, si elle devait se généraliser, va créer d'une part, au début, un marché parallèle et d'autre part, conduire les monopoles à mettre une de leurs menaces à exécution : licencier peu à peu les pompistes. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils pourront rendre compétitif leur carburant. Le chantage à l'emploi, c'est l'atout principal des pétroliers sur les politiques. Et admettez que jusqu'à maintenant cela a permis aux monopoles de faire ce qu'ils veulent en matière de prix...




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