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Le coût de la vie étudiante


Politique
Mercredi 21 Aout 2013

L'UNEF Réunion publie son enquête annuelle sur le coût d'une année d'étude dans l'enseignement supérieur. Cette année, le coût de la vie étudiante augmente de 1,6% - soit 1,7 fois l'inflation qui est actuellement estimée à 0,9% par l'INSEE -.


Cette augmentation porte le prix total d'une année d'étude à une somme comprise entre 11 300 à La Réunion contre 15 500 euros en Région Parisienne et 10 500 en Province. Pour la treizième année consécutive, les étudiants vont connaître une dégradation de leur pouvoir d’achat, la catégorie sociale la plus touchée demeure celle des étudiants non boursiers qui restent impuissants devant la flambé des dépenses obligatoires. Seules les dernières mesures appliquées au système d’aide - réforme annoncée par la ministre de l'Enseignement Supérieur le 16 Juillet 2013 - ont permis aux étudiants boursiers de limiter la dégradation de leur pouvoir d’achat.

Mais cette amélioration ne concerne que 21,5% des étudiants sur le plan national et 50% sur le plan local. Dans le département, plus de 50% des étudiants n’ont été concernés par aucune mesure sociale depuis 2001. Pire, les aides d’urgences du CROUS (FNAU), seules aides destinées aux étudiants non boursiers ont subi des coupes budgétaires importantes lors du quinquennat précédent. Notons par ailleurs que le ministère de tutelle du CROUS, celui de l’Enseignement Supérieur, ne fait pas partie des ministères exempts des restrictions budgétaire tels que ceux de l'Education National, de la Justice ou encore de la santé.

La solidarité familiale : un recours de moins en moins possible
Notre système d'enseignement supérieur fait reposer l'essentiel des dépenses d'éducation sur les épaules des familles. Mais avec la crise économique, la baisse des aides fiscales et l'augmentation du coût de la vie, les foyers n'ont plus réellement les moyens d'assurer le financement d'une année d'étude. On peut prendre comme exemple un foyer avec un enfant et dont les deux parents gagnent le salaire médian - 1 675 euros par mois brut -.

Le coût d'une année d'étude représente alors 40% du budget total du foyer. Une somme impossible à réunir. Les étudiants doivent trouver eux même de quoi subvenir à leurs besoins - dans l'île, plus de 15,39% d'entre eux sont salariés pendant l'année - l'enquête de l'UNEF Réunion révèle que 25,92 des étudiants réunionnais renoncent par exemple aux dépenses de santé.

Par ailleurs, cette année, nous avons souhaités demander aux familles présentes à l'occasion des inscriptions universitaire s'il leur était toujours possible de financer la scolarité de leurs enfants. L'étude nous apprends que 78,06 % des familles reconnaissent rencontrer "des difficultés sérieuses dans le financement d'une année universitaire" et 22,83% estiment qu'elles sont dans "l'impossibilité de participer au financement de l'année universitaire".

Les urgences : le logement et l'autonomie
Dans une académie où le CROUS fait état chaque année de 5000 demandes de logements alors qu'il ne dispose que de 1 100 chambres en cité universitaire, la question du logement étudiant est plus que fondamentale. Nous souhaitons rappeler que le rapport parlementaire Anciaux, parut en 2004, fait état de la nécessité pour chaque académie française de disposer d'une capacité de 10% de logement public.

Notre académie ne propose que 5,8% de logement public géré par le CROUS. La réforme des bourses va permettre aux étudiants boursiers de voir leurs conditions de vie s'améliorer. Cependant, cette réforme ne suffira pas à elle seule à répondre à la majorité des difficultés que rencontrent les étudiants.

Le gouvernement doit d'abord cibler le mal à la racine en renforçant son action sur le logement étudiant en agissant sur tous les leviers : L'encadrement des loyers à la relocation pour faire baisser le coût des loyers, la revalorisation des aides au logement dont le montant est le même depuis 1993, l'exonération de la taxe d'habitation qui constitue souvent un 13ème mois de loyer, la mise en place d'un système de cautionnement solidaire universel.

Nous l'avons démontré, les familles peinent de plus en plus à participer au financement d'une scolarité, il faut aujourd'hui cesser de faire porter l'essentiel du coût des études sur les épaules des familles. Pour cela l'UNEF réclame la fin de la hausse annuelle des frais obligatoires (frais d'inscription, ticket restauration) et le gel de ces frais sur toute la durée du quinquennat ainsi que la montée en puissance des aides à l'autonomie pour atteindre 300 000 étudiants concernés contre 7000 aujourd'hui d'ici la fin du quinquennat.

UNEF


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