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Politique
Vendredi 16 Novembre 2012

L'agro-écologie est encore largement méconnue, alors qu’elle recèle un très grand potentiel de développement de la production et qu’elle permet de lutter efficacement contre les effets du changement climatique. C’est ce qui est ressorti de la conférence-débat organisée le 15 novembre 2012 à Maurice par la Commission de l’océan Indien, à travers son projet IRACC, sur le thème de "l'agroécologie, une réponse aux effets du changement climatique".


Cette conférence était organisée en partenariat avec le Programme de micro-financement du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) du PNUD et la Fondation Ressources et Nature (FORENA) à Maurice, en présence d’une quarantaine de participants, représentants du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, du ministère de l’Environnement et du Développement durable, des associations d’agriculteurs, du secteur privé, des ONG et du monde de la recherche.

Le changement climatique est une réalité à Maurice. Ces 30 dernières années, le pays a connu une augmentation de 0,74% de la température moyenne et une baisse de 8 % des précipitations. Les producteurs s’inquiètent du manque d'eau, du dérèglement des saisons, de l’élévation de la température, de la multiplication des insectes ravageurs et de l’apparition de maladies qui affectent les cultures.

Face à cette réalité, l’agro-écologie permet, grâce à différentes pratiques (stockage naturel de l’eau, association et rotation des cultures, utilisation de fumier biologique, association culture-bétail…) de mieux maîtriser l’érosion des sols et d’économiser l’eau. Les cultures deviennent plus résistantes aux conditions difficiles (sécheresse, sols appauvris, ravageurs), mais surtout leurs rendements s’améliorent.

Les chiffres sont là, très parlants, comme l’a rappelé le Secrétaire général de la COI, Jean Claude de l’Estrac. Selon l’étude pilotée par l'Université d'Essex (Royaume-Uni) sur les pratiques agro-écologiques, analysant 286 projets dans 57 pays en développement (sur une surface totale de 37 millions d'hectares), les projets agro-écologiques ont augmenté en moyenne les rendements de 80%, ''avec une augmentation moyenne de 116% pour tous les projets africains". Et selon le rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, les récents projets d’agro-écologie développés dans une vingtaine de pays d'Afrique ont permis ''un doublement des rendements des cultures sur une  période de 3 à 10 ans''.

Ces chiffres très concluants méritent donc d’être davantage communiqués. Il a été beaucoup question d’information et de communication, pour faire connaître les compétences dans le domaine de l’agro-écologie, créer des passerelles entre les chercheurs et les producteurs, entre les pôles de compétences et les producteurs.

"Il faut non seulement savoir, savoir faire, mais aussi faire savoir", a conclu M. de l’Estrac.

COI


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