L’affaire se termine bien pour Marie (prénom d’emprunt). Cette fois-ci. Sans électricité, suite à une coupure pour un impayé d’environ 200 euros, elle a reçu, au bout de 17 jours, d’une aide de la part du CCAS. Nous souhaitons qu’à l’avenir, Marie bénéficie, du fruit de son travail, les revenus nécessaires à sa vie familiale et à l’éducation de ses enfants. Dans son histoire, Marie avait de quoi compléter l’aide du CCAS pour régulariser sa situation auprès d’EDF, ce qui a permis le rétablissement de son électricité.
Que se serait-il passé s’il lui manquait encore 50 euros pour combler sa dette ? EDF, une fois l’électricité coupé, exige le paiement intégral de la dette avant le rétablissement de l’électricité.
Cela aurait fait 17 jours que Marie vivait sans électricité, en appartement, avec son mari et ses 3 enfants.
Cela aurait fait 17 jours qu’elle s’est déshumanisée, gommant tout son amour propre, pour s’humilier à demander de l’aide au CCAS. C’est comme cela qu’elle l’a vécu. Elle qui, jusqu’à maintenant, avait réussi à s’en sortir par elle-même. Cela aurait fait 17 jours qu’elle aurait été trimbalée de service en service, d’élu en élu, d’agent administratif en assistante sociale.
Imagine-t-on le mépris et la violence du traitement que subissent les pauvres qui demandent une aide institutionnelle d’urgence ? Peut-on imaginer la violence que cela serait si après le parcours qu’elle a vécu, elle n’obtenait pas le rétablissement de son électricité, faute de 50 euros ?
Durant ces 17 jours, Marie aura “compris comment certains passent à la violence”, dit-elle timidement.
Je dirai davantage : si l’issue n’avait pas été si favorable, il n’aurait pas fallu s’étonner que d’autres, en pareil cas, se soient “débrouillés pour trouver les 50 euros manquant” :
Subtiliser seulement un ordinateur, un smartphone ou quelques bijoux dans une villa qui semble héberger des gens qui ont les moyens de s’en racheter, ce n’est pas ça qui va bouleverser le monde ; ils pourraient être généreux, eux.
Extorquer le fond de caisse d’un commerçant pas protégé ne va pas le ruiner, après tout je lui en donne quasiment tous les jours, de l’argent à ce commerçant ; ce serait justice.
Un mauvais moment tarifé passé avec un inconnu, finalement, ne serait pas si cher payé pour retrouver un minimum de confort social. Ce serait qu’une fois. Personne ne saura.
L’anxiété de l’endettement associée au désespoir de ne voir aucune perspective positive ouvrent la porte à des pensées permissives. Les plus fragiles passeront à l’acte. Les autres somatiseront, ils développeront les maladies du stress.
Et les élus continueront de “traiter des dossiers” au lieu d’œuvrer à abolir l’extrême pauvreté.
Pourtant c’est possible. Y compris avant 2015.
Que se serait-il passé s’il lui manquait encore 50 euros pour combler sa dette ? EDF, une fois l’électricité coupé, exige le paiement intégral de la dette avant le rétablissement de l’électricité.
Cela aurait fait 17 jours que Marie vivait sans électricité, en appartement, avec son mari et ses 3 enfants.
Cela aurait fait 17 jours qu’elle s’est déshumanisée, gommant tout son amour propre, pour s’humilier à demander de l’aide au CCAS. C’est comme cela qu’elle l’a vécu. Elle qui, jusqu’à maintenant, avait réussi à s’en sortir par elle-même. Cela aurait fait 17 jours qu’elle aurait été trimbalée de service en service, d’élu en élu, d’agent administratif en assistante sociale.
Imagine-t-on le mépris et la violence du traitement que subissent les pauvres qui demandent une aide institutionnelle d’urgence ? Peut-on imaginer la violence que cela serait si après le parcours qu’elle a vécu, elle n’obtenait pas le rétablissement de son électricité, faute de 50 euros ?
Durant ces 17 jours, Marie aura “compris comment certains passent à la violence”, dit-elle timidement.
Je dirai davantage : si l’issue n’avait pas été si favorable, il n’aurait pas fallu s’étonner que d’autres, en pareil cas, se soient “débrouillés pour trouver les 50 euros manquant” :
Subtiliser seulement un ordinateur, un smartphone ou quelques bijoux dans une villa qui semble héberger des gens qui ont les moyens de s’en racheter, ce n’est pas ça qui va bouleverser le monde ; ils pourraient être généreux, eux.
Extorquer le fond de caisse d’un commerçant pas protégé ne va pas le ruiner, après tout je lui en donne quasiment tous les jours, de l’argent à ce commerçant ; ce serait justice.
Un mauvais moment tarifé passé avec un inconnu, finalement, ne serait pas si cher payé pour retrouver un minimum de confort social. Ce serait qu’une fois. Personne ne saura.
L’anxiété de l’endettement associée au désespoir de ne voir aucune perspective positive ouvrent la porte à des pensées permissives. Les plus fragiles passeront à l’acte. Les autres somatiseront, ils développeront les maladies du stress.
Et les élus continueront de “traiter des dossiers” au lieu d’œuvrer à abolir l’extrême pauvreté.
Pourtant c’est possible. Y compris avant 2015.