"Ces solutions d’urgence ont été possible grâce à la mobilisation des ressources de l’octroi de mer, au principe de création d’une unité de stockage pour profiter des retombées de la concurrence et à la perspective de la baisse des prix des produits de première nécessité.
C’est une avancée significative même si elle est jugée encore insuffisante au regard des réalités sociales, des besoins et des attentes de la population ; ce sont là des prémisses d’un changement de comportement...
Cependant, ces derniers événements doivent nous interpeller sur les problématiques de fond.
Pourquoi les acteurs économiques ont été amenés à faire le choix de la rue ? Pourquoi nos jeunes désoeuvrés ont-ils fait ce choix de dépasser les limites ?
“La perte de repères, la peur, le désarroi amènent toujours à des extrêmes.”
C’est bien la situation sociale des Réunionnais qui a atteint ses seuils critiques ; “à force d’aller à l’eau calebasse y pète”...
Force est de constater que la solidarité nationale, qui est naturelle, ne suffit plus à se prémunir de la misère sociale qui a atteint des proportions sans précédent à la Réunion. Notre île n’a pas connu un développement suffisamment raisonné de son territoire.
Avec la départementalisation, elle a certes su profiter des effets bénéfiques de la croissance de la France, mais notre marché ne s’est développé qu’autour des importations, en grande partie de la métropole. La plus grande partie de notre croissance économique a eu pour origine les transferts publics. Ces derniers ne suffisent plus à réguler et à prévenir la crise, quelle soit sociale ou économique. La vraie misère sociale, celle qui explose aujourd’hui, n’est qu’une conséquence.
Faisons nôtre de ce principe de réalité : Le développement d’un territoire ne peut provenir que d’un processus de diversification des activités économiques et sociales ; le développement doit se faire à partir de la mobilisation des ressources locales. Les transferts publics ne peuvent correspondre qu’à une compensation partielle des retards de développement.
Le système actuel a atteint ses limites, les orientations nationales ne peuvent satisfaire à elles seules les problématiques spécifiques locales. Nous devons trouver tous ensemble les moyens de renforcer notre propre développement. Pour cela je lance un appel aux intelligences individuelles et collectives, que cette intelligence soit mise au service d’un destin : le destin de la Réunion dans la France et dans l’Europe.
Une “Réunion forte” est une Réunion capable de dynamiser son économie et de mobiliser ses propres ressources matérielles, immatérielles et humaines. Il ne s'agit pas de demander l'aumône, mais bien d'adapter les cadres réglementaires et d’encourager les initiatives pour favoriser un véritable développement de notre territoire.
Au delà des mesures d’urgences envisagées ces derniers jours, cette période difficile et douloureuse nous rappelle l’importance d’envisager des mesures spécifiques à notre territoire permettant d’affronter la situation du chômage alarmante, et l’inactivité des jeunes en particuliers.
La nécessité de créer de l’emploi passe nécessairement par la diversification des activités économiques et les propositions telles que la zone franche globale sont à encourager, elle doit rapidement être effective et accompagnée. Elles doivent être complétées par diverses mesures facilitant la prise d’initiatives comme, par exemple, une compensation de la frilosité bancaire par un système de garantie d’emprunt, une plus grande souplesse et un accompagnement dans l’accès à l’exportation permettant l’exploitation de nouvelles niches de produits, etc....
Une “Réunion forte” est une Réunion où chacun se sent digne et trouve sa place dans la société et n’a pas honte de regarder le monde. C’est une erreur de dire que seul l’emploi marchand ne pourra permettre aux plus démunis de retrouver leur dignité humaine. Il serait grand temps de redéfinir la notion de la valeur travail et à nouveau respecter l’individu pour ce qu’il est et ce qu’il fait...
Il est devenu indispensable de conscientiser et d’accompagner les personnes et les familles pour que chacun puisse être en capacité d’assumer pleinement ses responsabilités citoyennes. Cela nécessite un retour urgent aux valeurs fondamentales, celles de la République. Force est de constater que durant ces événements, toutes les valeurs de la République ont été bafouées, et qu’un retour à la morale et aux valeurs s’impose.
Le rôle de l’école est là aussi fondamental et en ce sens une des réformes à venir lui permettra de retrouver sa place dans la cité. Des actions spécifiques en direction des familles doivent être menées sans tomber dans la stigmatisation. La famille, qui doit placer ses enfants au centre de ses préoccupations, doit être elle même au centre des préoccupations de la Nation.
La famille doit être considérée comme le lieu d’apprentissage et de construction de la cohésion sociale. On entend trop souvent condamner la démission des parents, c’est injuste. Les familles aujourd’hui ont besoin d’être accompagnées sur le partage et la transmission des valeurs (pour certaines qui sont à retrouver...).
La famille doit pouvoir jouer son rôle non seulement au niveau matériel, mais aussi dans la vie affective, dans l’épanouissement de l’enfant, dans la transmission des valeurs humaines et de celles du travail en particuliers. C’est le lieu de la transmission du respect des valeurs partagées et de l’ouverture sur le monde.
Enfin, les associations et les acteurs sociaux doivent multiplier de toute urgence les actions de lutte contre la crise des valeurs chez les jeunes, en donnant la priorité à l’éducation, au civisme et à la transmission des valeurs. Pour cela elles doivent s’appuyer sur toutes les disciplines et sur tous les supports qui captent leur intérêt, le sport, la culture, le multimédia, l’internet et les réseaux sociaux, la danse, et les lieux où ils se trouvent : la rue, les cases, les salles de jeux, les bas d’immeubles....
Les métiers et les méthodes d’interventions et d’accompagnement des acteurs sociaux sont à redéfinir ainsi que les dispositifs d’aide aux associations en adaptant les critères d'éligibilité, l’initiative citoyenne doit être encouragée et facilitée. Chacun à sa place et tous ensemble nous devons agir pour préserver ce cadre de liberté, d'égalité et de fraternité afin de choisir et de vivre ensemble notre destin commun. C’est cela aussi l’urgence sociale..".
C’est une avancée significative même si elle est jugée encore insuffisante au regard des réalités sociales, des besoins et des attentes de la population ; ce sont là des prémisses d’un changement de comportement...
Cependant, ces derniers événements doivent nous interpeller sur les problématiques de fond.
Pourquoi les acteurs économiques ont été amenés à faire le choix de la rue ? Pourquoi nos jeunes désoeuvrés ont-ils fait ce choix de dépasser les limites ?
“La perte de repères, la peur, le désarroi amènent toujours à des extrêmes.”
C’est bien la situation sociale des Réunionnais qui a atteint ses seuils critiques ; “à force d’aller à l’eau calebasse y pète”...
Force est de constater que la solidarité nationale, qui est naturelle, ne suffit plus à se prémunir de la misère sociale qui a atteint des proportions sans précédent à la Réunion. Notre île n’a pas connu un développement suffisamment raisonné de son territoire.
Avec la départementalisation, elle a certes su profiter des effets bénéfiques de la croissance de la France, mais notre marché ne s’est développé qu’autour des importations, en grande partie de la métropole. La plus grande partie de notre croissance économique a eu pour origine les transferts publics. Ces derniers ne suffisent plus à réguler et à prévenir la crise, quelle soit sociale ou économique. La vraie misère sociale, celle qui explose aujourd’hui, n’est qu’une conséquence.
Faisons nôtre de ce principe de réalité : Le développement d’un territoire ne peut provenir que d’un processus de diversification des activités économiques et sociales ; le développement doit se faire à partir de la mobilisation des ressources locales. Les transferts publics ne peuvent correspondre qu’à une compensation partielle des retards de développement.
Le système actuel a atteint ses limites, les orientations nationales ne peuvent satisfaire à elles seules les problématiques spécifiques locales. Nous devons trouver tous ensemble les moyens de renforcer notre propre développement. Pour cela je lance un appel aux intelligences individuelles et collectives, que cette intelligence soit mise au service d’un destin : le destin de la Réunion dans la France et dans l’Europe.
Une “Réunion forte” est une Réunion capable de dynamiser son économie et de mobiliser ses propres ressources matérielles, immatérielles et humaines. Il ne s'agit pas de demander l'aumône, mais bien d'adapter les cadres réglementaires et d’encourager les initiatives pour favoriser un véritable développement de notre territoire.
Au delà des mesures d’urgences envisagées ces derniers jours, cette période difficile et douloureuse nous rappelle l’importance d’envisager des mesures spécifiques à notre territoire permettant d’affronter la situation du chômage alarmante, et l’inactivité des jeunes en particuliers.
La nécessité de créer de l’emploi passe nécessairement par la diversification des activités économiques et les propositions telles que la zone franche globale sont à encourager, elle doit rapidement être effective et accompagnée. Elles doivent être complétées par diverses mesures facilitant la prise d’initiatives comme, par exemple, une compensation de la frilosité bancaire par un système de garantie d’emprunt, une plus grande souplesse et un accompagnement dans l’accès à l’exportation permettant l’exploitation de nouvelles niches de produits, etc....
Une “Réunion forte” est une Réunion où chacun se sent digne et trouve sa place dans la société et n’a pas honte de regarder le monde. C’est une erreur de dire que seul l’emploi marchand ne pourra permettre aux plus démunis de retrouver leur dignité humaine. Il serait grand temps de redéfinir la notion de la valeur travail et à nouveau respecter l’individu pour ce qu’il est et ce qu’il fait...
Il est devenu indispensable de conscientiser et d’accompagner les personnes et les familles pour que chacun puisse être en capacité d’assumer pleinement ses responsabilités citoyennes. Cela nécessite un retour urgent aux valeurs fondamentales, celles de la République. Force est de constater que durant ces événements, toutes les valeurs de la République ont été bafouées, et qu’un retour à la morale et aux valeurs s’impose.
Le rôle de l’école est là aussi fondamental et en ce sens une des réformes à venir lui permettra de retrouver sa place dans la cité. Des actions spécifiques en direction des familles doivent être menées sans tomber dans la stigmatisation. La famille, qui doit placer ses enfants au centre de ses préoccupations, doit être elle même au centre des préoccupations de la Nation.
La famille doit être considérée comme le lieu d’apprentissage et de construction de la cohésion sociale. On entend trop souvent condamner la démission des parents, c’est injuste. Les familles aujourd’hui ont besoin d’être accompagnées sur le partage et la transmission des valeurs (pour certaines qui sont à retrouver...).
La famille doit pouvoir jouer son rôle non seulement au niveau matériel, mais aussi dans la vie affective, dans l’épanouissement de l’enfant, dans la transmission des valeurs humaines et de celles du travail en particuliers. C’est le lieu de la transmission du respect des valeurs partagées et de l’ouverture sur le monde.
Enfin, les associations et les acteurs sociaux doivent multiplier de toute urgence les actions de lutte contre la crise des valeurs chez les jeunes, en donnant la priorité à l’éducation, au civisme et à la transmission des valeurs. Pour cela elles doivent s’appuyer sur toutes les disciplines et sur tous les supports qui captent leur intérêt, le sport, la culture, le multimédia, l’internet et les réseaux sociaux, la danse, et les lieux où ils se trouvent : la rue, les cases, les salles de jeux, les bas d’immeubles....
Les métiers et les méthodes d’interventions et d’accompagnement des acteurs sociaux sont à redéfinir ainsi que les dispositifs d’aide aux associations en adaptant les critères d'éligibilité, l’initiative citoyenne doit être encouragée et facilitée. Chacun à sa place et tous ensemble nous devons agir pour préserver ce cadre de liberté, d'égalité et de fraternité afin de choisir et de vivre ensemble notre destin commun. C’est cela aussi l’urgence sociale..".