"Les emplois d’avenir sont le premier rendez-vous du gouvernement avec la jeunesse. Que cette rencontre se fasse précisément avec ceux-là mêmes des jeunes qui sont confrontés aux plus rudes obstacles pour accéder à un emploi et à une qualification professionnelle est d’une grande signification.
Il s’agit pour nous du premier coup d’archet de la politique qui sera conduite, durant ce quinquennat, pour lutter contre le chômage des jeunes. Les emplois d’avenir sont, en ce sens, le signe du changement que nous attendions en matière d’emploi.
Ce rendez-vous est très attendu puisque la jeunesse était au cœur des préoccupations du candidat François Hollande et qu’elle se trouve désormais au centre des priorités du président de la République.
La crise, et ses conséquences désastreuses sur l’emploi, donnent au texte que nous examinons une importance et une urgence exceptionnelles. Dans les territoires qui subissent des situations de chômage dramatiques, la jeunesse attend avec anxiété les solutions qui lui ouvriront enfin la voie de l’insertion et de la qualification professionnelles.
Ainsi des jeunes actifs des départements d’Outre-mer qui connaissent des taux de chômage sans équivalents dans l’Union européenne, y compris en Grèce. Dans nos territoires, 60% des jeunes actifs de 16 à 25 ans sont sans travail. Près de trois fois plus que la moyenne nationale. Sans une action assez forte pour endiguer et inverser cette tendance, le chômage deviendra rapidement la norme, et l’emploi l’exception.
À la Réunion, dans certaines rues ou, pour reprendre le vocabulaire de l’INSEE, dans certains îlots d’habitations, le taux de chômage peut même atteindre près de 80%. Ce ne sont plus les jeunes chômeurs que l’on y remarque, ce sont ceux qui ont trouvé du travail, ceux qui ont gagné à la loterie du travail. Quand l'avenir d’une jeunesse se joue entre désespoir et révolte, c’est la société tout entière qui est menacée dans sa cohésion.
Dans notre île, les diplômés sont de moins en moins épargnés. Il faut attendre près de 14 mois avant de trouver un emploi. Il n’est donc pas rare qu’un jeune d’à peine 20 ans soit déjà un chômeur de longue durée. Le risque est encore plus grand s’il est sorti du système scolaire sans diplôme : ceux qui sont dans ce cas sont, chez nous, deux fois plus nombreux que la moyenne nationale.
Affronter cette catastrophe, ce n’est même plus seulement une urgence. C’est une nécessité absolue, une exigence absolue. Je salue, à cet égard, la proposition de la Commission des affaires sociales qui a inscrit les départements et collectivités d’Outre-mer parmi les territoires où ce nouveau dispositif s’appliquera de manière prioritaire. De même avons-nous bien noté que la prise en charge de l’État pourrait aller jusqu’à 80% de la rémunération pour les jeunes bénéficiaires d’Outre-mer.
Permettez-moi toutefois une remarque quant aux chiffres retenus, notamment par l’étude d’impact jointe au projet de loi. Il est, à chaque fois, fait mention des 470 000 jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation. Ce chiffre ne prend en compte que la situation de la France hexagonale, il ne comptabilise pas les jeunes chômeurs des Outre-mer.
Quand il s’agit d’une réalité aussi massive, d’un fait d’une telle importance, cette marginalisation est regrettable ; sans doute est-elle également dommageable pour l’analyse. Précisons donc que, pour la Réunion, le nombre de jeunes de moins de 25 ans non qualifiés et sans emploi, donc directement concernés par ces nouveaux contrats, s’élève à 19 341.
Ces jeunes veulent travailler. Si nous nous référons à l’accueil réservé à tous les dispositifs précédents, nous pouvons prédire que les postulants aux emplois d’avenir seront nombreux.
Comme son nom l’indique, l’emploi d’avenir n’est pas une fin en soi. C’est une étape. C’est pourquoi le volet de la formation est capital. Le précédent des emplois-jeunes le montre clairement. Il en est de même si l’on se réfère au taux d’insertion professionnelle très élevé (de l’ordre de 75%) des volontaires du Service militaire adapté, le doyen des dispositifs d’insertion qui, depuis un demi-siècle, propose une formation professionnelle aux jeunes ultramarins de moins de 25 ans non diplômés.
C’est pourquoi nous plaidons pour que chaque futur bénéficiaire d’un emploi d’avenir puisse recevoir, durant les trois années, une formation soutenue et adaptée. C’est la garantie la plus sûre de voir ces nouveaux emplois remplir leur objectif ; ainsi ne rejoindront-ils pas la cohorte des dispositifs sans lendemain, toujours porteurs de désillusions.
La déclinaison des emplois d’avenir dans l’Éducation nationale, au profit des étudiants boursiers, est une mesure novatrice qui vise, à la fois, à diversifier l’origine sociale du corps enseignant, et à enrayer la désaffection à l’égard des concours de recrutement, notamment dans certaines disciplines. Il serait intéressant, d’ici l’adoption de ce texte, de connaître les académies rendues prioritaires par le croisement de ces critères.
La signification symbolique de l’examen de ce projet de loi en ouverture de la session parlementaire a été soulignée, avec raison, à maintes reprises. À nous de réussir ce rendez-vous avec la jeunesse".
Il s’agit pour nous du premier coup d’archet de la politique qui sera conduite, durant ce quinquennat, pour lutter contre le chômage des jeunes. Les emplois d’avenir sont, en ce sens, le signe du changement que nous attendions en matière d’emploi.
Ce rendez-vous est très attendu puisque la jeunesse était au cœur des préoccupations du candidat François Hollande et qu’elle se trouve désormais au centre des priorités du président de la République.
La crise, et ses conséquences désastreuses sur l’emploi, donnent au texte que nous examinons une importance et une urgence exceptionnelles. Dans les territoires qui subissent des situations de chômage dramatiques, la jeunesse attend avec anxiété les solutions qui lui ouvriront enfin la voie de l’insertion et de la qualification professionnelles.
Ainsi des jeunes actifs des départements d’Outre-mer qui connaissent des taux de chômage sans équivalents dans l’Union européenne, y compris en Grèce. Dans nos territoires, 60% des jeunes actifs de 16 à 25 ans sont sans travail. Près de trois fois plus que la moyenne nationale. Sans une action assez forte pour endiguer et inverser cette tendance, le chômage deviendra rapidement la norme, et l’emploi l’exception.
À la Réunion, dans certaines rues ou, pour reprendre le vocabulaire de l’INSEE, dans certains îlots d’habitations, le taux de chômage peut même atteindre près de 80%. Ce ne sont plus les jeunes chômeurs que l’on y remarque, ce sont ceux qui ont trouvé du travail, ceux qui ont gagné à la loterie du travail. Quand l'avenir d’une jeunesse se joue entre désespoir et révolte, c’est la société tout entière qui est menacée dans sa cohésion.
Dans notre île, les diplômés sont de moins en moins épargnés. Il faut attendre près de 14 mois avant de trouver un emploi. Il n’est donc pas rare qu’un jeune d’à peine 20 ans soit déjà un chômeur de longue durée. Le risque est encore plus grand s’il est sorti du système scolaire sans diplôme : ceux qui sont dans ce cas sont, chez nous, deux fois plus nombreux que la moyenne nationale.
Affronter cette catastrophe, ce n’est même plus seulement une urgence. C’est une nécessité absolue, une exigence absolue. Je salue, à cet égard, la proposition de la Commission des affaires sociales qui a inscrit les départements et collectivités d’Outre-mer parmi les territoires où ce nouveau dispositif s’appliquera de manière prioritaire. De même avons-nous bien noté que la prise en charge de l’État pourrait aller jusqu’à 80% de la rémunération pour les jeunes bénéficiaires d’Outre-mer.
Permettez-moi toutefois une remarque quant aux chiffres retenus, notamment par l’étude d’impact jointe au projet de loi. Il est, à chaque fois, fait mention des 470 000 jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation. Ce chiffre ne prend en compte que la situation de la France hexagonale, il ne comptabilise pas les jeunes chômeurs des Outre-mer.
Quand il s’agit d’une réalité aussi massive, d’un fait d’une telle importance, cette marginalisation est regrettable ; sans doute est-elle également dommageable pour l’analyse. Précisons donc que, pour la Réunion, le nombre de jeunes de moins de 25 ans non qualifiés et sans emploi, donc directement concernés par ces nouveaux contrats, s’élève à 19 341.
Ces jeunes veulent travailler. Si nous nous référons à l’accueil réservé à tous les dispositifs précédents, nous pouvons prédire que les postulants aux emplois d’avenir seront nombreux.
Comme son nom l’indique, l’emploi d’avenir n’est pas une fin en soi. C’est une étape. C’est pourquoi le volet de la formation est capital. Le précédent des emplois-jeunes le montre clairement. Il en est de même si l’on se réfère au taux d’insertion professionnelle très élevé (de l’ordre de 75%) des volontaires du Service militaire adapté, le doyen des dispositifs d’insertion qui, depuis un demi-siècle, propose une formation professionnelle aux jeunes ultramarins de moins de 25 ans non diplômés.
C’est pourquoi nous plaidons pour que chaque futur bénéficiaire d’un emploi d’avenir puisse recevoir, durant les trois années, une formation soutenue et adaptée. C’est la garantie la plus sûre de voir ces nouveaux emplois remplir leur objectif ; ainsi ne rejoindront-ils pas la cohorte des dispositifs sans lendemain, toujours porteurs de désillusions.
La déclinaison des emplois d’avenir dans l’Éducation nationale, au profit des étudiants boursiers, est une mesure novatrice qui vise, à la fois, à diversifier l’origine sociale du corps enseignant, et à enrayer la désaffection à l’égard des concours de recrutement, notamment dans certaines disciplines. Il serait intéressant, d’ici l’adoption de ce texte, de connaître les académies rendues prioritaires par le croisement de ces critères.
La signification symbolique de l’examen de ce projet de loi en ouverture de la session parlementaire a été soulignée, avec raison, à maintes reprises. À nous de réussir ce rendez-vous avec la jeunesse".