"Ces chiffres sont inquiétants puisqu’il est désormais démontré que l’obésité est un facteur de risque de nombreuses pathologies. De fait, c’est à la Réunion que le diabète enregistre le plus fort pourcentage (8,8% de la population). Le taux de personnes touchées est deux fois plus élevé que sur l’ensemble du territoire national. De plus, il augmente bien plus rapidement. Le diabète est devenu une cause importante de mortalité au point qu’on parle même d’une surmortalité régionale.
S’il est vrai que l’obésité, considérée depuis 1997 comme une maladie, et dans laquelle l’OMS voit comme « l’épidémie du siècle », ne répond pas à une cause unique, il est incontestable que l’alimentation y joue un rôle majeur. La politique nutritionnelle, qui vise à la fois les aspects alimentaires et l’activité physique, a d’ailleurs été promue au rang des priorités de santé publique.
C’est dans ce cadre que nous examinons la présente proposition de loi qui se concentre sur la qualité de l’offre alimentaire. Elle vient renforcer les dispositifs mis en œuvre ces dernières années.
Je pense, bien sûr, au Plan national nutrition santé, particulièrement dans sa version 2011-2015 qui prévoit une déclinaison outre-mer ou encore au Plan obésité.
Je pense au projet régional de santé que l’ARS et les professionnels de santé de la Réunion viennent d’adopter avec comme axe prioritaire l’amélioration des habitudes alimentaires.
Je pense aussi aux multiples actions qui existent au plan local. C’est ainsi qu’en plus des parcours santé, la commune de Saint-Paul participe au réseau ville-santé de l’OMS, et organise, à ce titre, sur l’ensemble de son territoire, des opérations d’information et de dépistage de l’obésité, de l’hypertension, du diabète et des maladies cardio-vasculaires.
Je n’oublie pas non plus, même si elles sont rares, les initiatives de certains producteurs de la Réunion qui, depuis près de dix ans, travaillent, à partir de tests de dégustation, à diminuer progressivement la teneur en sucres ajoutés de leurs produits.
Réduire la consommation de sucres dans les Outre-mer, tel est l’objectif principal et très concret de ce texte. Comme le recours à la voie législative a pu encore surprendre, rappelons que les denrées alimentaires commercialisées chez nous ont une teneur en sucre bien plus élevée que celles qui sont distribuées en France continentale, même lorsqu’il s’agit de produits de marque identique. Rappelons aussi que l’appétence pour le sucre, si elle est entretenue, peut vite devenir une addiction. Et soulignons que, contrairement aux évolutions enregistrées au niveau national, la prévalence du surpoids et de l’obésité chez le jeune enfant ne s’est pas stabilisée dans les Outre-mer où l’on n’a pas enregistré non plus une réduction de la consommation de sucre ni de sel. La prise de conscience doit être générale. Une loi peut y aider.
À preuve, la proposition de loi de 2011, alors même qu’elle n’a pas été adoptée (pour les raisons que l’on sait) n’est pas restée sans suite chez certains industriels, notamment ceux qui produisent les produits frais lactés. Des recettes ont été reformulées. Les teneurs en sucres ont été réduites. Et une récente étude indique que l’offre réunionnaise de produits laitiers frais est désormais légèrement plus sucrée qu’en France continentale.
À ce propos, il faut dénoncer, pour y mettre fin, l’incroyable tromperie à laquelle donne lieu la détermination de la date limite de consommation. Pour des produits similaires, et de même marque, fabriqués en même temps, les industriels des produits lactés fixent une date limite de consommation qui comporte un écart d’au moins 20 jours selon que ces produits sont destinés à la consommation hexagonale ou à l’exportation dans les régions d’Outre-mer. Au même instant, et contre toute logique, le même produit peut donc être considéré, selon l’endroit où il va être consommé, comme périmé ou comme propre à la consommation.
On l’a compris, ce texte vient renforcer la prévention contre l’obésité et ses conséquences pathologiques. C’est donc tout naturellement qu’il tend à favoriser, en la rendant obligatoire, la prise en compte des produits agricoles locaux dans la restauration collective. Pour la Réunion, la marge est importante puisque seulement 8% des 90 000 tonnes de fruits et légumes produits chaque année dans l’île sont consommés dans les écoles et les hôpitaux.
Cette volonté préventive explique aussi la nécessité d’associer les industries agro-alimentaires locales au mouvement général qui vise à la réduction de la teneur en sucres ajoutés. Pour être efficaces, les préconisations doivent être assorties de concertation et les efforts consentis doivent être encouragés, surtout lorsqu’il s’agit de petites structures.
Dans la même logique, il est vivement souhaitable que l’alimentation infantile fasse l’objet d’une attention particulière, puisque les trois premières années de la vie, on le sait bien, sont cruciales dans la formation du goût".
S’il est vrai que l’obésité, considérée depuis 1997 comme une maladie, et dans laquelle l’OMS voit comme « l’épidémie du siècle », ne répond pas à une cause unique, il est incontestable que l’alimentation y joue un rôle majeur. La politique nutritionnelle, qui vise à la fois les aspects alimentaires et l’activité physique, a d’ailleurs été promue au rang des priorités de santé publique.
C’est dans ce cadre que nous examinons la présente proposition de loi qui se concentre sur la qualité de l’offre alimentaire. Elle vient renforcer les dispositifs mis en œuvre ces dernières années.
Je pense, bien sûr, au Plan national nutrition santé, particulièrement dans sa version 2011-2015 qui prévoit une déclinaison outre-mer ou encore au Plan obésité.
Je pense au projet régional de santé que l’ARS et les professionnels de santé de la Réunion viennent d’adopter avec comme axe prioritaire l’amélioration des habitudes alimentaires.
Je pense aussi aux multiples actions qui existent au plan local. C’est ainsi qu’en plus des parcours santé, la commune de Saint-Paul participe au réseau ville-santé de l’OMS, et organise, à ce titre, sur l’ensemble de son territoire, des opérations d’information et de dépistage de l’obésité, de l’hypertension, du diabète et des maladies cardio-vasculaires.
Je n’oublie pas non plus, même si elles sont rares, les initiatives de certains producteurs de la Réunion qui, depuis près de dix ans, travaillent, à partir de tests de dégustation, à diminuer progressivement la teneur en sucres ajoutés de leurs produits.
Réduire la consommation de sucres dans les Outre-mer, tel est l’objectif principal et très concret de ce texte. Comme le recours à la voie législative a pu encore surprendre, rappelons que les denrées alimentaires commercialisées chez nous ont une teneur en sucre bien plus élevée que celles qui sont distribuées en France continentale, même lorsqu’il s’agit de produits de marque identique. Rappelons aussi que l’appétence pour le sucre, si elle est entretenue, peut vite devenir une addiction. Et soulignons que, contrairement aux évolutions enregistrées au niveau national, la prévalence du surpoids et de l’obésité chez le jeune enfant ne s’est pas stabilisée dans les Outre-mer où l’on n’a pas enregistré non plus une réduction de la consommation de sucre ni de sel. La prise de conscience doit être générale. Une loi peut y aider.
À preuve, la proposition de loi de 2011, alors même qu’elle n’a pas été adoptée (pour les raisons que l’on sait) n’est pas restée sans suite chez certains industriels, notamment ceux qui produisent les produits frais lactés. Des recettes ont été reformulées. Les teneurs en sucres ont été réduites. Et une récente étude indique que l’offre réunionnaise de produits laitiers frais est désormais légèrement plus sucrée qu’en France continentale.
À ce propos, il faut dénoncer, pour y mettre fin, l’incroyable tromperie à laquelle donne lieu la détermination de la date limite de consommation. Pour des produits similaires, et de même marque, fabriqués en même temps, les industriels des produits lactés fixent une date limite de consommation qui comporte un écart d’au moins 20 jours selon que ces produits sont destinés à la consommation hexagonale ou à l’exportation dans les régions d’Outre-mer. Au même instant, et contre toute logique, le même produit peut donc être considéré, selon l’endroit où il va être consommé, comme périmé ou comme propre à la consommation.
On l’a compris, ce texte vient renforcer la prévention contre l’obésité et ses conséquences pathologiques. C’est donc tout naturellement qu’il tend à favoriser, en la rendant obligatoire, la prise en compte des produits agricoles locaux dans la restauration collective. Pour la Réunion, la marge est importante puisque seulement 8% des 90 000 tonnes de fruits et légumes produits chaque année dans l’île sont consommés dans les écoles et les hôpitaux.
Cette volonté préventive explique aussi la nécessité d’associer les industries agro-alimentaires locales au mouvement général qui vise à la réduction de la teneur en sucres ajoutés. Pour être efficaces, les préconisations doivent être assorties de concertation et les efforts consentis doivent être encouragés, surtout lorsqu’il s’agit de petites structures.
Dans la même logique, il est vivement souhaitable que l’alimentation infantile fasse l’objet d’une attention particulière, puisque les trois premières années de la vie, on le sait bien, sont cruciales dans la formation du goût".