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HOMMAGE Á AMBROISE CROIZAT ʽʽPÈREʼʼ DE LA SÉCURITÉ SOCIALE


Citoyen
Dimanche 24 Mai 2015

La vie n’a pas toujours été facile pour cet apprenti ouvrier de 13 ans, Ambroise CROIZAT militant Communiste. Arrêté le 7 octobre 1939 avec d’autres députés communistes, il a été incarcéré à la prison de la santé, fers aux pieds écrit-on. Ainsi, il a traversé quatorze prisons françaises, déporté en Algérie avec les horreurs au bagne Pétainiste, des jugements parait-il truqués, finalement libéré avec un retour France en 1943, nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire d’Alger, puis Ministre sous De Gaulle.


C’est là, au Conseil National de la Résistance, que se nourrissent les rêves d’Ambroise CROIZAT, de son programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État ». De la sorte, Ambroise  CROIZAT avait ébauché déjà les premiers fondements de ce qui vont devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. C’est ainsi que le chantier de notre sécurité sociale s’engage dès  novembre 1945 et elle fête cette année ses 70 ans.

 

Si l’œuvre est immense pour Ambroise CROIZAT, elle est surtout énorme pour nous tous aujourd’hui. Ce Dirigeant Cégétiste et Député Communiste qui a occupé pendant environ vingt huit mois (1945-1947), la fonction de Ministre du travail et de la sécurité sociale. Dont, son nom est lié à ses plus belles conquêtes : organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires, la généralisation des retraites, un système de prestations familiales unique au monde, dit-on encore aujourd’hui, avec les comités d’entreprises,  les classifications des salaires, la reconnaissance des maladies professionnelles, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales …etc. 

 

Bien que, ce cri encore répété ce jour par les syndicats et la population, pour que la Sécurité sociale ne soit pas demain qu’une « coquille vide » livrée au privé, mais demeure ce qu’Ambroise CROIZAT a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet de la souffrance et l’exclusion. 

 

Ainsi, avant de mourir en février 1951, d’une grave maladie à l’âge de 50 ans, dans son dernier discours à l’assemblée, il lança : « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… ». Alors, qu’aujourd’hui on assiste de plus en plus à un désengagement de la sécurité sociale vers les mutuelles, de moins en moins de remboursements mais plus en plus de cotisations ! S’agit-il d’un « détricotage » des conquêtes sociales acquises il y a 70 ans ? 

 

D’ailleurs, je suis très surpris de l’extrême discrétion de nos Hommes Politiques, des Syndicalistes voire des Médias, de la place et l’œuvre d’Ambroise CROIZAT au moment où la sécurité sociale va fêter ses 70 ans d’existence. Aucune plaque commémorative, aucun nom de rue, pas même un bâtiment de la sécurité sociale portant son nom, ni à St-Denis, ni à St-Paul ou à St-Pierre ! 

 

A moins, qu’on cherche à effacer de l’histoire, ce grand bâtisseur de la  sécurité sociale, parce qu’il avait une étiquette «Communiste» et qu’il a été le «Ministre des Travailleurs» ainsi que du syndicat CGT ? Va-t-on pour cet anniversaire combler cette lacune et apporter des éclairages à cette page d’histoire d’Ambroise CROIZAT et de cette œuvre titanesque d’une vie passée au service des autres ?

 

Il va de soi que, ce n’est pas parce qu’il a été Communiste, Cégétiste et de surplus Humaniste qu’on doit gommer cette avancée sociale historique ? Je présume que le PCR et Yvan Hoareau ne me contrediront pas en me disant que 70 ans après, la Sécurité Sociale demeure une idée toujours neuve !


Jean Claude COMORASSAMY



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