Pour acheter une maison il faut être résident…
"L’adoption par l’Assemblée de Corse, vendredi 25 avril, d’un “statut de résident permanent” qui limite les ventes immobilières aux seules personnes vivant sur l’île depuis cinq ans, a été accueillie avec une satisfaction particulière à Cuttoli-Cortichiatto, village de quelque 2 000 habitants situé à 15 km à l'est d'Ajaccio. Dès février, son conseil municipal avait adopté la même mesure, poursuivant les mêmes objectifs que ceux défendus par Paul Giacobbi, président (PRG) du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Corse : lutter contre la spéculation immobilière et permettre aux jeunes Corses d’accéder à la propriété. Peu après son adoption, la décision du conseil municipal de Cuttoli a été invalidée par le préfet de Corse du Sud, mais le vote de l’Assemblée de Corse, par 29 voix pour sur 51, avec la totalité de celles des quinze élus nationalistes de l'île, redonne espoir à ce petit village.
“Un terrain à construire à Cuttoli revient au minimum à 200 000 euros, C’est trop cher pour nos jeunes qui cherchent à s’installer”, déplore le maire Jean Biancucci, un nationaliste modéré. Pour son village situé à 20 minutes en voiture d’Ajaccio et de son dynamisme économique, l'édile veut éviter le sort des hameaux isolés alentour qui voient leur population vieillir d’année en année. Aussi, lorsque Cuttoli a pris, l’an passé, la décision de construire des lotissements subventionnés par la commune, “il fallait faire en sorte que ces investissements profitent à nos jeunes ”, indique le maire Biancucci, artisan-coutelier de profession.
De fait, plusieurs jeunes du village ont été obligés de chercher domicile ailleurs. C’est le cas de Marine Colonna, 28 ans. Interne en médecine à l’hôpital d’Ajaccio, elle a dû quitter Cuttoli pour s’installer dans un hameau voisin. “Le prix de l’immobilier y était vraiment trop élevé”, soupire la jeune femme. Malgré un avenir professionnel tout tracé, il lui a été impossible d’obtenir un prêt auprès des banques pour acquérir un terrain ou une maison à Cuttoli. Comme beaucoup de jeunes Corses, elle vit chez un proche. “La mesure du maire m’a réjouie et donné l’espoir de bénéficier peut-être de ce lotissement”, dit la jeune femme.
Jeunes et vieux du village ont applaudi la décision du conseil municipal, dont le maire a été réélu dès le premier tour, fin mars. Jean Biancucci dit avoir été obligé de freiner ses administrés: “J’ai placé la barre à cinq années de résidence dans l’île mais d’autres réclamaient de la fixer à dix ou même vingt années”, dit-il."
Lire l'article de Rémi Hattinguais (Monde Académie) ici
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