sak ifé nout jordu ék nout demin

Contrats aidés aux élections : le chantre de la servitude


Édito
Mercredi 6 Avril 2011

N'allez plus demander un "p'tit contrat à m'sieur le maire. La dit a moin que la pu de contrat". Tous les contrats aidés ont été distribués lors des récentes cantonales. A qui la faute à ceux qui en ont besoin ou celle de la plupart des mairies qui ont réservé tout leur volume de contrats pour les élections cantonales : clientélisme, achat de voix et de conscience. Les chaînes de la servitude…


Contrats aidés aux élections : le chantre de la servitude
Pleure ô mon pays bien aimé. L'esclavage a survécu à ses chaînes. Et à ses victimes. certaines victimes sont devenues bourreaux. Des commandeurs "avek chabouk" et contrats aidés mais précaires. Et il y a les victimes devenues les nègres de la vie.

"… Le mot nègre
tout plein de brigands qui rôdent
de mères qui crient
d'enfants qui pleurent…"


Aimé Césaire écrit encore : "… le mot nègre
comme le dernier rire vêlé de l'innocence
entre les crocs du tigre
et comme le soleil est un claquement de balles
et comme le mot nuit comme un taffetas qu'on déchire…"


Ces nègres-là - arc-en-ciel - s'enchaînent un peu plus à chaque élection. Sous les coups de la vie, contre leur bulletin de vote ou leur procuration, ils cèdent à chaque fois un peu de leur dignité. Juste pour un contrat de trois ou six mois. Leur chantre de la servitude. C'est mieux que le chantre de l'incertitude. Ou de la solitude.

La certitude. Tous les contrats ont servis à enchaîner les nègres aux urnes. Et élire les défenseurs de la liberté, de l'égalité. En toute illégalité. Et immoralité. L'esclavage n'est-il pas un crime contre l'humanité. Si c'est vrai, il n'y aura jamais assez de prison à La Réunion pour enfermer tous les criminels. Ces bourreaux. Ces commandeurs "avek chabouk" et contrats aidés mais précaires. Ces faiseurs de nègres.

"… Le mot nègre
dru
savez-vous
du tonnerre d'un été
que s'arrogent
les libertés incrédules"
.

Source : Cadastre, livre écrit par Aimé Césaire. Première publication en 1961.

Jismy Ramoudou



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Les commentaires

1.Posté par Eric Beeharry le 07/04/2011 10:05
Quand les élections sont autant faussées par ce clientélisme des contrats aidés, comment peut-on encore parler de démocratie ? Sans parler des fraudes massives et des pratiques douteuses pour entraver les candidatures.

Dans ces conditions, comment une alternative politique novatrice, peut-elle émerger à la Réunion ?

A-t-on le temps de patienter que les générations se renouvellent pour enfin avoir des dirigeants plus honnêtes et donc plus favorables au décollage économique de l'île ? Vu l'urgence sociale, permettez-moi d'en douter.

Alors que reste-t-il à faire ? Faut-il passer par une autre voie que les urnes ? Faut-il imiter les peuples en révolution ? Il est des situations intenables qui ne vous laissent hélas pas le choix.

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