Du décret 2013, il ne reste plus que l’obligation faite aux mairies d’instaurer cinq matinées d’enseignement hebdomadaire conformément aux standards européens. De l’esprit de cette réforme qui affichait comme but premier le raccourcissement de la journée d’école, il ne reste rien. En effet, des raisons d’ordre économique (difficulté de sa mise en œuvre pour l’AMF) et des raisons politiques (la crainte d’une fronde des collectivités locales) ont conduit le nouveau ministre de l’Éducation nationale à proposer des assouplissements pour assurer in fine l’application de la réforme dès la rentrée 2014 dans l’ensemble des établissements publics.
Peu importe le contenu si la forme est respectée.
De nombreuses communes vont profiter de cette opportunité pour modifier leur PEDT initial : regrouper les TAP afin d’obtenir un allègement significatif du coût de cette réforme. À cette fin, les conseils d’école sont réunis pour donner une caution fallacieusement démocratique à l’application de cette réforme ; en effet, si le recteur s’est fendu d’une lettre explicative en direction des enseignants, les parents eux ne bénéficieront pas de ces informations pour effectuer leur choix. Des réunions préparatoires ont parfois été organisées par les mairies, appuyées par les inspecteurs de circonscription. Le personnel communal mis à contribution dans la plupart des écoles (et cela sans augmentation de salaire) n’a pourtant pas été convié à y participer, et de même que son rôle dans les conseils d’école n’est pas à la mesure de la contribution demandée. Ces réunions ont eu pour unique objectif d’obtenir un assentiment total au projet proposé, appuyé par des menaces à peine voilées invoquant le devoir de réserve, auquel les enseignants ne sont pourtant pas soumis.
Autant les mairies sont dans leur droit de faire valoir le coût exorbitant de cette réforme et la difficulté de sa mise en place, autant il appartient aux inspecteurs de défendre strictement l’intérêt des élèves – à défaut de défendre les enseignants — face aux intérêts économiques et particuliers des uns et des autres. Il est très regrettable qu’aucun d’entre eux n’ait ce courage. Il est clair qu’ainsi ils ne font que démontrer davantage leur inefficacité : n’étant pas une véritable passerelle entre les écoles et les mairies, leur rôle s’avère peu productif et leur disparition inéluctable.
SAIPER PAS 974