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Ce huitième Congrès dira comment le PCR vivra sans et après Paul Vergès


Politique
Vendredi 5 Juillet 2013

C'est désormais acquis. Le PCR survivra après Paul Vergès. C'est même une certitude. "L'affaire Pierre Vergès" l'a confirmé. La relève est prête. Elle n'est pas encore aguerrie. Elle n'aura sans doute jamais la dimension d'un Paul Vergès. Elle a tout de même quelque chose de plus solide. Un socle inébranlable : ses militants. Le parti communiste réunionnais, en un an, s'est construit une âme. Avec discrétion, sobriété et humilité. Tous croient au PCR. Car, tous croient en un avenir pour La Réunion.


Le Congrès de transition. Paul Vergès a laissé à la relève communiste, le temps de définir les contours d'un autre PCR, celui d'avant juin 2012 était meurtri par l'usure du pouvoir de son co-fondateur et des dirigeants d'un PCR canal historique, "un tiers-mondiste et deux tiers mondains". Et des Législatives 2012 qui ont placé le PCR à son plus bas niveau dans les urnes. Il y a ceux qui ont préféré partir ou changer de camp politique. Et, il y a ceux qui ont décidé de reconstruire, ce qui a été le premier parti politique de La Réunion.

Car, le PCR a été pendant longtemps la référence en matière de luttes sociales. Les agriculteurs, les ouvriers agricoles, les travailleurs des usines sucrières, les dockers, les employés communaux…, tous au service d'un seul parti. Et d'un seul homme. Et la plupart du temps en puisant dans leur modeste revenu ou salaire, tous ces militants ont été le terreau dans lequel Paul Vergès a construit sa carrière, son aura et son patrimoine. Ce sont ces soldats qui ont permis l'accession des candidats communistes aux responsabilités.

Et ces milliers de militants, illustres et modestes inconnus qui le sont restés, ont offert un confort matériel et social (revenus politiques substantiels, terrain, villa avec piscine, voitures, voyages, maîtresses…) à beaucoup de responsables communistes, qui à chaque élection, leur promettent d'améliorer le cadre de vie de la population. Certains ont tenu parole, se sont battus et l'ont fait. D'autres, une fois élus, ont eu la même attitude de ceux qu'ils combattaient avant le scrutin.

Cette évolution (humaine) et d'autres éléments comme l'usure du pouvoir, le favoritisme, le clientélisme, la gestion clanique, la "familiocratie", les luttes intestines, les divisions, la prétention, l'arrogance, la condescendance, le mépris… ont creusé un fossé immense entre les instances dirigeantes du PCR et sa base. Ses militants. Sa force de frappe. La sanction a été sévère en 2010. Et la chute brutale. Tous sont tombés de haut. Du haut de leur pyramide.

Mais, rares sont ceux qui ont tenté d'en tirer une leçon. L'obstination à vouloir exister que pour et à travers Paul Vergès, n'a pas faibli pour autant. Que ce soit au PCR ou à l'Alliance. La parole de Paul est évangile. Sa "cour" de plus en plus restreinte y veille. Toujours. Et le 17 juin 2012 a été le 21 décembre 2012 du PCR. Et, le vainqueur du PCR a pour nom Huguette Bello, honnie et bannie pour crime de lèse-majesté. Parce qu'elle a une position différente à celle du parti.

C'était il y a un an. Le PCR a alors créé son Conseil de reconstruction et sa direction collégiale. Si Pierre Vergès a rapidement pris ses distances parce que ses propositions n'ont pas été retenues, Claude Hoarau a volontairement laissé les jeunes et les expérimentés, préparer et dessiner les contours du nouveau PCR. Paul Vergès a eu la bonne idée de ne pas s'emmêler. Ce nouveau cadre de travail a incité le retour d'un nombre de militants.

Beaucoup ont poursuivi le travail parce qu'ils ont pu s'exprimer, dire et faire valoir leurs réflexions et idées. Construire un PCR proche d'eux et de la population. Un PCR qui parle au plus grand nombre et qui les écoute. C'est ce PCR qui sera présenté pendant les trois jours du huitième Congrès. C'est un premier pas - essentiel - sans Paul Vergès…

Jismy Ramoudou


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