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C'est (enfin !) le début de la refondation de la Droite, d'abord l'UDI puis l'UMP


Politique
Mercredi 29 Mai 2013

La Droite pourra d'ici la fin de l'année, s'appuyer sur au moins deux voire trois formations politiques : l'UDI, l'UMP et peut-être Objectif Réunion. Cette perspective va modifier les rapports de force à Droite. S'il est évident que l'UDI et l'UMP, émanation de parti national, composent l'axe central d'une possible union de la Droite, Objectif Réunion, mouvement local, pèsera dans le débat sur la régionalisation aujourd'hui voulue par la plupart des politiques. Force de frappe.


C'est désormais la fin d'Objectif Réunion, tel qu'il a été créé en 2008. Regroupés tous les élus de Droite déçus de l'UMP et des partis du Centre droit. C'était à l'issue des Cantonales et des Municipales 2008. Cette année-là, la Droite (Nouveau centre et Ojectif Réunion) a perdu entre autres les communes de Saint-André, Saint-Benoît, Saint-Denis et Saint-Paul. Et également la patronne du Conseil général (où le parti est toujours majoritaire) au profit de… Nassimah Dindar et d'une majorité hétéroclite. C'était il y a cinq ans.

La réunion mensuelle de la Droite lundi soir à Saint-Pierre, a confirmé la nécessité d'un autre fonctionnement, également motivé par la difficulté de définir l'union dans l'état actuel de ce camp politique : deux coquilles vides (Objectif Réunion et La Réunion en confiance) portées par Didier Robert, multiplication de mouvements "opportuniste" souvent minuscules (ou dit cabine téléphonique), et deux sections locales de parti national (UDI et UMP). Si jusqu'en 2012 toutes ces représentations (à l'exception de l'UDI) ont accepté de donner une légitimité à Objectif Réunion puis à La Réunion en confiance. Ce n'est plus le cas depuis quelques mois.

Le cuisant échec de la Droite réunionnaise à la Présidentielle et aux Législatives, a conduit certains ténors, à prendre leur distance avec Didier Robert. L'absence de tout projet de refondation de la Droite annoncée par le président de La Réunion en confiance, mais jamais entamée, a convaincu les politiques à créer un autre espace d'expression, d'action et d'existence, et cela pour s'émanciper de La Réunion en confiance et de Didier Robert, sans pour autant mettre en danger la possibilité d'obtenir des subsides de la Région (plan de relance des communes : 300 millions d'euros sur trois ans).

Désormais l'UDI (parti national de Jean-Louis Borloo) a une section à La Réunion. Sa convention aura lieu le 9 juin. C'est une sorte de Réunion en confiance, où chaque politique représentant un "courant" (Centre droit, Objectif Réunion, Emergence Réunion, la Gauche moderne, la Droite sociale, le parti radical…) aura un siège au bureau. La première présidente sera Nassimah Dindar. La patronne du Conseil général a le soutien affirmé du président national, Jean-Louis Borloo. L'UDI (un millier d'adhérents) se donne les moyens de faire sa place sur l'échiquier local.

Sa tâche ne sera pas simple face à une UMP qui est prépondérante. René-Paul Victoria, battu en 2008 aux Municipales puis en 2012 aux Législatives, a fait prévaloir la légitimité de l'UMP à Saint-Denis. Et a sorti de manière explicite, la section dionysienne de La Réunion en confiance. Michel Fontaine, président de l'UMP locale, a consolidé cette démarche. "L'UMP est un parti national. C'est le premier parti d'opposition au gouvernement socialiste".

En marquant ses différences et ses divergences avec Didier Robert (contesté par de nombreux militants UMP), le patron de l'UMP Réunion accentue les contours, la présence et la force du Mouvement populaire au sein de la Droite locale, et pose aussi le cadre des futures discussions pour la construction de l'union pour les scrutins à venir. La nomination officielle de la future secrétaire départementale et le Congrès de l'UMP local au mois d'août ou en septembre, devront renforcer le premier parti de Droite réunionnaise qui comptabilise à ce jour plus de 4.000 adhérents…

Jismy Ramoudou


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