sak ifé nout jordu ék nout demin

​Maloya, de la quarantaine à l’asile.


Citoyen
Jeudi 5 Novembre 2015

Chacun est libre d’interpréter les différents aspects de cette affaire à sa façon, avec ses connaissances, avec sa culture, avec ses valeurs, avec son histoire personnelle.


Il nous paraît cependant utile de bien cadrer ce débat et d’en préciser les enjeux. Nous sommes à la Réunion , pas dans une quelconque région française, et pour beaucoup de Réunionnais le maloya est une affaire personnelle liée indiscutablement à son origine ethnique , même si certains préfèrent l’oublier ou en minorer l’intérêt. Pour ces Réunionnais-là il ne s’agit pas seulement d’une musique , il ne s’agit pas seulement d’un intérêt d’ordre esthétique mais bien d’une culture à part entière avec toute sa symbolique et sa spiritualité.


Pour situer clairement l’objet de notre revendication nous posons la question suivante : est-il concevable d’appeler cette unité de soins « Unité du Saint-Esprit » ou « Unité de l’Aïd » ou encore « Unité Barathanatyam » ?
Personne à la Réunion ne répondrait par l’affirmative.

Alors pourquoi le maloya ?

Si on veut comprendre on ne peut s’empêcher de faire appel , même si cela dérange ou plutôt surtout si cela dérange , à l’histoire douloureuse de cette culture et au contexte qui l’a amenée à la Réunion. Ce contexte, celui de la traite, était marqué, faut-il le rappeler, par le mépris des cultures indigènes et, dans la foulée, la déshumanisation de ceux qui en étaient les détenteurs, ce qui a permis en toute bonne foi de les massacrer ou de les réduire en esclavage selon les nécessités du moment. Ainsi, le rapprochement de cette culture avec la maladie mentale s’inscrit inévitablement dans cette filiation intellectuelle, au pire, du mépris, ou au mieux, de l’indifférence.

Après avoir connu la quarantaine de l’interdiction officielle puis de l’oubli la voilà donc à l’asile pour malades de l’esprit. C’est tout un symbole. En tout cas nous ne sommes pas dans le respect auquel chacun a droit. L’enjeu de notre action c’est donc en partie notre réhumanisation.

Tout simplement.

Tinn Pa Nout Mémwar



      Partager Partager

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 30 Août 2020 - 08:31 Lucie PAULA BAWEDIN