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​L’adaptation comme socle de développement Propositions et initiatives de Demain La Réunion


Politique
Vendredi 28 Novembre 2014

La Réunion se trouve confrontée à une crise majeure sur le plan social, économique et structurel et peut-être environnemental. Si les risques environnementaux sont à considérer, il ne faut pas minimiser les risques sociaux.


Nous proposons donc d’anticiper ces risques sur deux plans :
- en termes d’aménagement du territoire
- au niveau législatif et constitutionnel
• La Réunion Face aux dangers de l’élévation du niveau de la mer !
Dans 15 ans la population réunionnaise aura dépassé le million d’habitants ; le nombre de ménages réunionnais dépassera 400 000. Mais le territoire insulaire réunionnais, inextensible devra accueillir encore plus de population. Ce qui nous amène à dire que les facteurs environnementaux feront encore plus du facteur démographique un enjeu déterminant.
Or :
Notre insularité nous rend vulnérable. L’élévation de température au niveau planétaire et ses conséquences (augmentation des fréquences des cyclones ou phénomènes plus violents et extrêmes en précipitation ou sécheresse) nous exposent. Comment protéger les générations futures et préserver tout notre territoire, notre biodiversité face à la crise environnementale qui s’annonce ?
De toute évidence se pose la question de l’aménagement du littoral réunionnais. Quid de l’existence des ports ? Quid des plages réunionnaises ? (Saint-Gilles, Saint-Leu, Saint-Pierre, Etang-Salé,...). Quid des futures infrastructures routières ? (NRL) ou celles déjà existantes (le littoral de Champ-Borne). Quid du lagon, du récif corallien ? (l’acidification des eaux par augmentation de quantité de CO2 absorbé et donc de présence d’H+ aura une action de désagrégation sur le calcaire donc sur les coraux, les crustacés,...). Quid donc de la faune et flore marine ? Or sans récif, pas de plage, pas de tourisme et c’est l’activité économique de l’île qui prend un coup. Les sècheresses prolongées de ces derniers temps doivent aussi nous interpeller. Peuvent se succéder des inondations massives... Nous voulons donc encore parler des rives des dizaines de rivières concernées par des crues, qui entrecoupent nos communes.
Nous devons regarder la réalité en face et nos actions doivent être à la hauteur des enjeux. Changer les comportements de manière rapide. Lors de notre dernière conférence nous faisions des propositions au sujet de la transition énergétique. D’autres mesures pourraient être prises.
- Généraliser les PCET à tous les niveaux de gouvernance et de décision ;
Demain La Réunion – CdP du 26112014 Page 1
- Mettre en œuvre un plan d’investissement d’ampleur dans les énergies renouvelables, de mise aux normes des équipements publics exposés ;
- s’interroger sur les infrastructures et les projets d’aménagement, sur le modèle agricole, anticiper les migrations internes de population et de l’activité économique du littoral vers l’intérieur de l’île ;
- mesurer l’impact sur les îles voisines (et anticiper les immigrations liées) et engager une réflexion commune dans l’Océan Indien ;
- poser la question de la solidarité nationale et européenne,...
Aussi, un bilan chiffré devrait être réalisé sur la situation de La Réunion. Notre île doit pouvoir capter des moyens « BONUS » en termes de compensation... Autant d’hypothèses et de propositions qui me semblent importantes.
La culture de l’adaptation doit se substituer à celle du « je m’en foutisme » et La Réunion pourrait servir d’exemple. Que notre île devienne le laboratoire dans notre environnement ! Ces orientations pourraient servir de base à une contribution des acteurs locaux dans l’objectif du sommet de la terre l’année prochaine à Paris.
En s’appuyant sur ses outremers (et notamment sur ses régions insulaires) la France (dans son rapport) pourra ainsi conforter son positionnement mondial et conforter sa vision et sa volonté à défendre son point de vue globalement quant à un accord ambitieux de réduction des gaz à effet de serre.
Nous estimons qu’il y a urgence. La Réunion ne peut pas rester en dehors de ces discussions fondamentales pour l’avenir en termes de développement durable.
Nous devons questionner notre modèle économique sans tabou ni préjugés, tourner le dos à aux vieux réflexes conservateurs, passéistes et peu innovants, et engager les investissements qui financeront les solutions d’avenir et la prospérité de demain pour La Réunion.
Nous invitons donc les présidents des deux grandes collectivités locales ainsi que l’association des Maires, à se saisir de cette question, à se réunir pour faire des propositions à l’Etat dans ce cadre.
Les décideurs réunionnais, les forces vives sont tous concernés. Le sujet est essentiel. Il faut faire cause commune face à ce défi environnemental et de civilisation.
Si nous ne faisons pas des propositions nous risquons de subir des décisions qui ne seront pas en notre faveur (ou pas suffisamment) de la part des pouvoirs parisiens, comme cela a été le cas avec la suppression des aides pour le photovoltaïque.
C’est pour cela que nous interpellons les deux présidents des collectivités d’une part et d’autre part directement Mme Ségolène Royale.
2015 sera une année décisive. La plus grande question morale de notre époque sera abordée par les Nations dans notre pays. Comme dans beaucoup de régions du monde, il y a une menace sur les plus pauvres (les plus vulnérables) et sur les générations futures. Il nous faut donc dénoncer les lobbyings des géants industriels et des pétroliers contre l’adaptation aux Energies renouvelables.

• La Réunion a besoin d’un modèle adapté
Nous revenons sur la situation socio-économique de l’île. Celle-ci est gr ave. Le récent rapport sur la pauvreté montre qu’il y a de plus en plus de pauvres et que les inégalités se creusent. La situation économique ne permet pas de répondre sur le plan de l’emploi et les collectivités exsangues sont en perte d’autonomie (à l’image du Conseil Général ou des Mairies). Face à ce constat il est nécessaire de revoir le modèle économique. Nous avons déjà proposé une piste à ce sujet : il faut permettre à notre île d’adapter localement les lois et règlementations. Il faut supprimer l’amendement archaïque Virapoullé qui est plus que bloquant. Nous rappelons à ce titre le courrier (en juillet dernier) que nous avons fait au Président de la République. Par voie de presse nous renouvelons notre demande et incitons fortement les parlementaires locaux à s’engager à défendre cette option vitale pour La Réunion. Nous sommes dans notre rôle en tant que mouvement politique et ils doivent assumer le leur en tant que parlementaires ! La passivité de certains interpelle !
Les présidents des chambres consulaires doivent aussi se sentir concernés. Il faudrait aussi demander aux industriels locaux (ADIR) aux syndicats (Agricoles, du bâtiment, des fonctions publiques,...) de s’emparer du sujet.
Nous rappelons quand même que la suppression de cet amendement permettrait de coller les politiques publiques à une réalité réunionnaise en matière de création d’emplois, mais aussi pour la commande publique, pour la construction de logements (avec des matériaux produits localement),.. Cela nous permettrait encore plus d’innover et d’user du droit à l’expérimentation. Face à la crise, l’adaptation locale des lois est une solution.
Conclusion : La Réunion doit répondre aux défis à venir. Donner aux réunionnais la possibilité, dans le cadre de la République française, anticiper les risques climatiques et sociaux en adaptant localement les politiques est devenu plus que vital.
Demain La Réunion Saint-André, le 26 novembre 2014

INFO REUNION



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